22es Francophonies en Limousin !




Si les 22es Francophonies étaient un nom, ce pourrait être aussi celui de Carmen, la Carmen de Mérimée, transposée par la chorégraphe Irène Tassembedo dans un spectacle mêlant théâtre, musique, chant et danse ou encore celui d’Electra, adaptation des tragédies de Sophocle et Euripide par le metteur en scène roumain Mihaï Maniutiu et qui sera le spectacle en langue invitée du festival 2005.

Si ces 22es Francophonies étaient un mot ce pourrait être «pensée», ou plutôt l’amour pour la pensée des philosophes Martin Heidegger et Hannah Arendt dont la vie et l’œuvre seront évoqués dans Qu'est ce que penser ? de la compagnie belge De Onderneming. Ce serait également le mot «guerre», la guerre et ses enfants soldats racontés dans Sozaboy, adaptation du roman éponyme de l’auteur nigérian Ken Saro Wiwa par Stéphanie Loïk ; la guerre, ses victimes et ses bourreaux dans Sokott du belge Eric Durnez. Ce serait le mot «immigration» et, derrière ce mot, toute la souffrance qui pousse des adolescents à risquer leur vie, comme ceux que décrits Kangni Alem dans Atterrissage mis en scène par Denis Mpunga (Belgique). Ce serait enfin «racisme» dans Nous étions assis sur le Rivage du monde... de José Pliya, mis en scène par Denis Marleau.

Si les 22es Francophonies étaient un peu d’or, ce serait celui répandu par le suisse italien Daniele Finzi Pasca avec Icaro et le message d’espoir qu’il délivre. L’or également des textes de S. Corinna Bille dont Anne-Marie Delbart et Claude Thébert ont tiré Le violon de Verre (Suisse).

Si les 22es Francophonies étaient un regard, ce serait celui de Fred Pellerin sur St-Elie de Caxton, son village québécois. Présent l’an dernier avec Comme une Odeur de muscles, il revient en 2005 avec ses trois spectacles rassemblés sous le titre Un village dans la bouche. Autre regard, celui du chorégraphe kenyan Opiyo Okach dans sa nouvelle création de composition instantanée Shift … centre, ou celui de Guy Régis Junior et des haïtiens de Nous Théâtre qui évoquent toute la détresse de leur pays dans Service Violence Série. Ce serait encore le regard de Alioune Ifra Ndiaye et Jean-Louis Sagot Duvauroux sur Bamako et le monde d’aujourd’hui dans Bougouniéré invite à dîner et celui de Wajdi Mouawad sur la fermeture de l’usine Philips d’Aubusson dans Silence d’usine : paroles d’ouvriers.

Bref, une programmation riche et variée pour le dernier festival de Patrick Le Mauff. Après six années passées aux Francophonies en Limousin, celui-ci quittera ses fonctions de directeur en début d’année 2006. Une programmation qui fait la part belle à l’Europe avec trois spectacles belges, deux suisses et un roumain. L’Afrique est elle aussi présente avec quatre spectacles. Le Québec sera également présent au travers de grandes signatures : Wajdi Mouawad, Denis Marleau et Fred Pellerin.

Evénement enfin, avec le retour des Rencontres de la Villette Hors les Murs qui feront escale aux Francophonies les 7, 8 et 9 octobre et proposeront en collaboration avec les 22es Francophonies trois grandes soirées hip hop, trois pièces de théâtre (Service Violence Série, Bougouniéré invite à dîner et Atterrissage), une soirée slam intitulée Bouchazoreill’slam, un débat Représenter l’exil : rendre visible l’invisible et de la musique avec les haïtiens de Nous Théâtre et le groupe de rap Sofaa.

La programmation musicale consacre le mélange des genres et des origines avec des artistes suisses (Stimmhorn), roumains (Banatica), Ivoiriens (Baba Touré & Attoungblan), français (Norig), franco-béninois (Julien Jacob), malgache (Erick Manana), sénégalo-suisse (Buru), burkinabé (Sofaa) et haïtiens (Nous).

Le blogue de Arabesques | print article

 
 
   www.arabesques-editions.com Web enhanced by Google