Appel à contribution: Les littératures et cultures africaines et le défi de la globalisation




Date limite : 15 novembre 2005

COLLOQUE INTERNATIONAL
Université d'Ottawa
5 et 6 mai 2006

L'on s'accorde à dire avec Jacques Derrida que la possibilité de la littérature en tant qu'invention moderne « va de pair -politiquement- avec le droit illimité de poser toutes les questions, de suspecter tous les dogmatismes, d'analyser toutes les présuppositions, fussent-elles celles de l'éthique ou de la politique de responsabilité ». Autrement dit, la littérature est bien, ou, peut-être mieux, devrait bien être cet espace de liberté inconditionnelle, de retrait et de dis-sensus, par rapport à la doxa, l'État, la Nation, l'empire, le consensus et les lieux communs. C'est en tant qu'elle est intrinsèquement espace de liberté et de retrait qu'elle est aussi lieu d'ouverture à l'altérité, au différend comme au différé, à ce qui ne se laisse pas enclore par le consensus, aussi solide et global soit-il. Bref, lieu-de-tous-les-possibles, la littérature est la scène où peut se montrer, s'exposer, avec un détachement amusé et sérieux tout à la fois, les problèmes philosophiques, politiques, idéologiques, économiques, existentiels, culturels et littéraires du globe tel qu'il se maintient aujourd'hui.

Or une des matrices fondamentales des lieux communs, de la doxa et même des discours sur la littérature et les cultures est aujourd'hui le processus qu'on appelle globalisation/mondialisation qui, en un sens courant tend à désigner la standardisation de la production et de la consommation, ou l'universalisation des modèles. D'où cette question fondamentale : Qu'est-ce que les littératures et les cultures africaines modernes en tant que lieu de liberté, de retrait comme positionnement critique par rapport au monde, et d'utopie (imagination d'un autre monde possible) disent-elles de la globalisation? Que savent-elles de la globalisation? Comment l'accueillent-elles et se laissent-elles marquées par elle? Voilà la première formulation des questions auxquelles écrivains/artistes, critiques littéraires et praticiens des sciences humaines et sociales sont invités de répondre.

Il s'agira donc de nous demander comment concilier aujourd'hui d'une part la littérature en tant qu'espace de liberté, d'ouverture à ce qu'il y a d'autre, au différend et au différé toujours prêt à surgir pour déjouer l'ordre de l'établi, du déjà-connu, d'autre part la globalisation qui n'existe qu'à vouloir réduire l'autre à du même, au risque de mettre en péril la diversité des idiomes qui sont la richesse de la littérature. C'est une façon de poser à nouveaux frais, dans la situation actuelle de l'Afrique et du monde, de l'Afrique dans le monde, la fameuse question : Que peut la littérature (et l'art en général) aujourd'hui, surtout lorsque cette littérature est dite africaine, francophone et postcoloniale? Comment s'effectue en elle, selon son procès spécifique, la mise en scène critique de la globalisation? Autrement dit, quelle réponse littéraire (poétique, esthétique, politique) et artistique les écrivains et artistes africains donnent-ils à la globalisation comme question incontournable adressée à notre imagination « en tant que fonction mythopoétique » et « siège d'un travail en profondeur qui commande les changements décisifs de nos visions du monde » (Ricoeur)? Quelle nouvelle idée de l'Afrique émerge des oeuvres littéraires africaines contemporaines? Enfin comment se donne à penser la responsabilité de l'écrivain/artiste, intellectuel africain, qu'il soit en Afrique ou en exil/diaspora?

En somme, il s'agira de voir comment les productions littéraires, cinématographiques, etc. se constituent lieu d'accueil de la globalisation pour en faire une analytique touchant toutes ses dimensions. Toutes les perspectives sont les bienvenues.

Axes de réflexions possibles:

1 Globalisation, poétique et esthétique
2. Rapport entre le global (savoirs, valeurs) et le local dans le roman et le cinéma africains
3. Globalisation, francophonie et géopolitique de la connaissance
4. Rapport entre littérature/culture, lieu de production/réception et pouvoir
5. Créativité, territorialité et frontière
6. Écriture, nomadisme, transnationalisme et cosmopolitisme
7. Langues, cultures et globalisation
8. L'archéologie de la globalisation en Afrique

Les propositions de communications (titre, résumé du projet de 150 à 200 mots environ et notice biobibliographique) doivent parvenir avant le 15 novembre 2005 par courriel à

Kasereka Kavwahirehi
e-mail: kkavwahi@uottawa.ca

ou Vincent Simédoh
e-mail : 3kvs1@qlink.queensu.ca

L'information sur les propositions sélectionnées sera disponible le 15 décembre 2005.

Responsable : Kasereka Kavwahirehi

Url de référence : http://www.lettres.uottawa.ca
Adresse :
Université d'Ottawa 60, rue Université Ottawa, Ontario K1N 6N5, Canada .

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