Appel à contributions Revue Paari, vol. 5, 2005 Les dislocations africaines dans une mondialisation sélective




Problématique : À chaque période historique, l'Afrique et les peuples africains sont pris dans un cercle vicieux de problématiques exogènes dont ils ne maîtrisent ni les tenants ni les aboutissants. Ainsi que constatons-nous ? Sous le nouveau vocable de mondialisation, pendant que l'Europe - par exemple -, est en train de consolider ses assises continentales, l'Afrique, quant à elle, s'enfonce dans une phase de dislocations à tous les niveaux, dont il convient ici de retenir deux grands traits.
- En premier lieu, le continent et les peuples africains sont aux prises avec de nouveaux phéno-mènes complexes ; en effet, ceux-ci découlant des enjeux liés à l'utilisation de nouvelles technologies de l'information, de la communication et aux débouchés d'une gigantesque industrie de l'armement de plus en plus sophistiquée, impose un redéploiement à l'échelle internationale.
Cette réalité vient se greffer à celles de la spoliation des matières premières, de la violation répétée des droits humains et de l'exode forcé des cerveaux.
- En second lieu, la situation des populations africaines demeure celle d' une permanente question existentielle, de survie. Même si aujourd'hui elle se pose avec plus d' acuité, du fait des guerres endé-miques, les questions de transformation économique, sociale et culturelle avaient déjà été ruinées par le commerce triangulaire déstructurant et par l'instauration d'une phase nouvelle au cours de laquelle les peuples africains ont payé un lourd tribut, sans pouvoir jouir en conséquence des retombées écono-miques.
Plus près de nous, le continent africain a été pris dans l'étau de la guerre froide imposée par les luttes hégémoniques mondiales entre les deux blocs. Le conflit Est/Ouest s' est avéré fortement destruc-teur pour le continent et les peuples africains qui n'eurent pas la maîtrise de leur destin propre. Peut-on affirmer que ce choix binaire, qu'il ait été pile ou face, n'aura été qu'un véritable leurre ? Au regard de toutes ces considérations, comment caractériser et cerner les contours liés à cette dichotomie, d'une part, entre la situation planétaire qu'on ne peut ignorer, et qui propose des conduites globales intéressantes certes, et d'autre part, la situation propre au continent africain qui, malgré les ten-tatives faites pour se conformer aux conditionnalités des institutions financières internationales, conti-nue sa marche vers une régression organisée, entretenue ? Existerait-il dans ce vaste champ de coopération avec le reste du monde, un ensemble de para-mètres cachés, hors de portée de l'Africain ? Existerait-il enfin un déterminisme congénital au sein du modèle de développement capitaliste qui aurait pour corollaire le maintien de l'Afrique dans une situation de paupérisation continue ? Cette recherche de ce qui est caché, de ce qui n'est pas donné, de ce qui ne se dit pas, nous conduit à questionner le lien entre la mondialisation Sélective et les dislocations africaines.
Et c'est en tenant compte de ces brèves considérations historiques que des pistes non exhaus-tives sont ici proposées à la réflexion.
Sur un plan strictement macroscopique, les dislocations africaines s' observent au niveau : - Des guerres endémiques.
- De la quasi-absence politique des États africains qui sont remplacés par des groupes d'intérêts économiques.
- Du démembrement des États à l'intérieur même des frontières issues de la Conférence de Berlin de 1885. Mais dans le même temps, des tentatives de restructuration interne tendant à la reconstitution même partielle des nations pré-coloniales sont sanctionnées par les institutions internationales sous le leitmotiv d'une formule aussi vieille que le monde : Diviser pour mieux régner.
La mondialisation est sélective dans la mesure où elle contribue à un redéploiement du capitalisme avec des règles qui vont à l'encontre du développement de l'Afrique. L'un des phénomènes-clés de la mondialisation de l'économie est la délocalisation des savoirs et des savoir-faire du monde occidental vers l'Asie d'une part, et les anciens pays du bloc communiste d'autre part.
Dans cette délocalisation qui donne une signature nouvelle du capitalisme, les besoins en matières premières deviennent pressants.
L'Afrique continue, comme par le passé, à jouer le rôle de pourvoyeur de matières premières sans qu'on pense à délocaliser sur ce continent des entreprises stratégiques, de transformation de la matière, qui pourraient constituer un levier du développement.
Sur le plan socio-économique, la déstructuration des sociétés africaines, leur régression dans un monde où le progrès de la science et de la technique donnent lieu à des conquêtes spatiales vers d'aut-res galaxies, pose un problème éthique incommensurable par rapport à la généralisation de la pauvreté urbaine et rurale. Dans ces conditions, comment et avec quels arguments éthiques, une fraction de l'hu-manité se donnerait-elle le monopôle d'une recherche d'autres formes de vies ailleurs, alors que sur la même planète, l'Africain n'a pas encore acquis le plein droit de jouir de son humaine condition, et de tout ce qui en découle ? Sur le plan politique, existe t-il des nouvelles figures politiques en Afrique susceptibles de faire béné-ficier les peuples africains des bienfaits de la mondialisation ? Au cas où celles-ci existeraient, leur laisse-rait- on le temps matériel pour conduire les temps nouveaux en Afrique ? Cette thématique est ouverte. Chaque auteur en fonction de sa discipline va établir les corrélations qui existent entre la situation actuelle des sociétés africaines et le concept de mondialisation sélective.

Les articles sont à envoyer au siège des éditions, soit par disquette, soit par fichier attaché [fichier de traitement de textes] à l'adresse paari2@wanadoo.fr. Le foliotage ne doit pas excéder 15 voire 20 pages au format A4 (Taille 12).
deadline : 01/12/2005

La direction des éditions Paari 16 rue Castagnary 75015 Paris.
Tél/fax 0148282765 paari2@wanadoo.fr.
paari2@wanadoo.fr
http://www.paari-editions.com

Le blogue de Arabesques | print article

 
 
   www.arabesques-editions.com Web enhanced by Google