Tunisie s’apprête, avec d’autres pays arabes et non arabes, à commémorer, en
cette année 2006, la disparition survenue au Caire il y a de cela six siècles,
de l’un de ses fils le plus prodigieux de tous. Il s’agit de Abdel Rahman Ibn
Khaldoun.

Origines arabe et andalouse Ce personnage hors pair, considéré comme l’un
des plus grands historiens de tous les temps et surtout comme étant le
précurseur de la sociologie moderne, est né à Tunis (rue Tourbet El Bey) d’une
famille venue d’Andalousie avec, semble-t-il, la première vague d’émigration du
début du XIIIe siècle. Mais ses véritables et lointaines origines sont arabes et
de Hadhramaout précisément. C’est lui qui nous le dit dans son autobiographie.
Ce que, sans raison valable, conteste Taha Husseïn dans la thèse qu’il a
soutenue à la Sorbonne aux premières années du siècle dernier sur la philosophie
sociale d’Ibn Khaldoun. En fait, rien ne permet de douter de son ascendance
arabe, ascendance dont il était d’ailleurs fier comme il était fier du passé
andalou de sa famille. Mais cela ne l’empêcha point de se considérer comme
tunisien d’Ifriqiya issu d’une noble famille et élevé dans un milieu de grande
culture. Son arrière-grand-père était ministre des Finances sous les Hafsides,
et son père, lui-même un fin lettré, le guida dans ses études, nous le disait-il
dans son autobiographie où il nous cita également ses grands maîtres de la
Zitouna, desquels il a appris les sciences religieuses et rationnelles surtout
Abû Abdallah Muhammad Al ‘Abuli versé dans les sciences rationnelles dont il fut
l’un des plus brillants élèves.
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