Bouteflika reçoit le prix «Louise Michel» 2005




La Tribune (Alger)
29 Septembre 2005

Amar Rafa

La présidente du CEPSP l'a qualifié d'homme de la paix, de la concorde et de la réconciliation
Lors d'une cérémonie organisée hier en présence des hautes autorités militaires et civiles du pays et des ambassadeurs et corps diplomatiques accrédités à Alger, le président Abdelaziz Bouteflika a reçu hier le prix «Louise Michel» 2005 décerné par le Centre d'études politiques et de sociétés de Paris (CEPSP). Le prix qui est attribué chaque année à une personnalité de haut rang pour «les vertus de dialogue, de démocratie, de développement et de paix», a été remis au chef de l'Etat par la présidente du centre Mme Jeannette Burtelle-Duba.
Pour le président Bouteflika, ce prix est «un précieux témoignage» qui l'encourage à «aller de l'avant dans une voie qui n'est certainement pas celle de la facilité». Lors d'un discours prononcé à cette occasion, il a affirmé en outre que cette distinction est hautement symbolique parce qu'elle intervient à la veille d'un référendum sur la charte pour la réconciliation nationale et la paix, avant de rappeler que Louise Michel, «cette figure de proue de la Commune de Paris, n'est pas étrangère aux Algériens», en soulignant que «le hasard lui fit croiser, sur les sentiers de l'île de Nouvelle-Calédonie, des centaines d'Algériens condamnés à l'exil après le retentissant procès de Constantine de 1872 où comparurent Boumezrag, Mokrani et cheikh El Haddad, pour avoir conçu et organisé la vigoureuse résistance populaire de 1871, venue après Sedan en 1870».

«Poétesse rebelle, Louise Michel ne manqua pas, après sa libération, de venir visiter l'Algérie en 1904 comme pour rendre hommage à ses compagnons algériens de déportation. C'était là, sans doute, un signe fort de solidarité silencieuse et profonde avec les combattants de la liberté de mon pays», a ajouté M. Bouteflika.
En rappelant l'action de l'Algérie pour le redressement à travers le NEPAD qui vise le développement et la modernisation du continent africain, le Président a mis l'accent sur son rôle de premier plan pour la mise en oeuvre de ce programme, qui «répond à la position traditionnelle en faveur de la paix dans le monde et de la compréhension entre les peuples». Et d'affirmer également que le dialogue des cultures et des civilisations a été «un axe constant» de la diplomatie algérienne. Abordant le volet de la lutte antiterroriste, qui mobilise maintenant l'ensemble de la communauté internationale, le président de la République indiquera que cette lutte «ne peut réellement porter ses fruits que si, parallèlement à la guerre contre la violence, elle s'appuie sur une solidarité véritable entre les peuples, seule en mesure de triompher de la pauvreté, de la misère et de l'injustice».

Mme Burtelle-Duba, de son côté, a rappelé l'historique du Centre des études politiques et de sociétés qui a été créé en 1963 à une époque de la vie politique dominée par le sectarisme. Elle a rappelé également que le prix «Louise Michel» a été institué en 1982. Elle rappellera ensuite le parcours du président Bouteflika, avant de souligner qu'il est le président d'une Algérie «libre et fraternelle, réunie autour de ses valeurs ancestrales d'ouverture et de tolérance» et que, pour l'Histoire, il restera «l'homme de la paix, de la concorde et de la réconciliation nationale». Les précédents récipiendaires ont été, entre autres, les présidents Jacques Chirac et Hosni Moubarak, l'ancien Premier ministre espagnol M. Felipe Gonzales, l'ancienne présidente du Parlement européen Mme Simone Veil et l'océanographe, le commandant Cousteau.

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