Deux films marocains en compétition au Caire




Le plus vieux Festival du film au Moyen-Orient a démarré en apothéose. Paillettes, stars et thèmes forts étaient au rendez-vous.

La 30ème édition du Festival international du film du Caire s'est ouvert le 28 novembre dernier. La manifestation qui se poursuit jusqu'au 8 décembre prochain, connaît d'importantes modifications : le logo du Festival a été changé des "Pyramides" pour "La Clé de Vie des Pharaons", et les prix ont également été changés en "Clé de Vie d'Or", "Clé de Vie d'Argent" et "Clé de Vie de Bronze". Et au lieu et place d'un pays, c'est tout un continent qui sera honoré, en l'occurrence l'Amérique latine, invitée d'honneur. Le Festival présente une vingtaine de films de ce pays. Et c'est un réalisateur issu de ce vaste continent, l'Argentin Luis Penzo qui a été élu président du jury.

Le Festival devrait également rendre un hommage au lauréat égyptien du prix Nobel de littérature, Naguib Mahfouz, décédé en août dernier à l'âge de 94 ans. Des films adaptés de ses romans seront projetés à cette occasion. Par ailleurs, le Festival propose un panorama des derniers films libanais et une pléiade de films égyptiens comportant essentiellement les meilleurs films récents.

Le cinéma marocain sera en lice pour la compétition du film arabe. Il s'agit notamment du film «Les arêtes du coeur» (Tizaoul) réalisé par Hicham Ayouch dans le cadre du projet industry et «La vague blanche» de Ali Mejboud.

La carrière internationale du film «Les arêtes du coeur» a commencé cet été au Festival des films du monde, organisé à Montréal du 24 août au 4 septembre. Le film y a reçu un accueil enthousiaste du public lors de sa projection dans la section «Regards sur les cinémas du monde». Après avoir été projeté en sélection officielle du Festival du film méditerranéen de Montpellier, cet opus a participé à la 40ème édition des Journées cinématographiques de Carthage, à la 55ème édition du Festival international du film de Mannheim Heidelberg et au Festival international du film de Bruxelles en Section cinémas du monde.

De formation journalistique, Hicham Ayouch a multiplié les réalisations audiovisuelles de tout genre (capsules publicitaires - courts métrages - Sujet magazine) avant de se lancer dans la préparation de son premier long métrage «Les arêtes du coeur» dans le cadre du projet de la Film Industry.

L'autre film en lice dans cette compétition est "La vague blanche" réalisé par Ali Mejboud. Ce drame social a été tourné en mai dernier à Agadir en langue darija.

Ce film raconte le parcours de Mustapha Adib, trente ans, qui sort de prison après avoir purgé une peine de cinq ans pour trafic de stupéfiants. Cette histoire est inspirée d'un fait divers survenudurant l'été 1996 à Casablanca.

Ali Mejboud a à son actif 5 courts métrages qu'il a réalisés dont Dollard Around (Montreal), Psycho (Paris) ou Escapade (Marrakech), films qui ont révélé son potentiel artistique et son aptitude à s'adapter à un projet comme la Film Industry. Dans ce cadre, il a réalisé «La vague blanche», son premier long métrage dont il est scénariste.

A noter qu'une conférence sur la lutte contre le piratage aura lieu en marge du Festival du film de cette année, portant sur les pratiques actuelles du piratage de films, les moyens de réduire son impact négatif sur les investisseurs, les consommateurs, et le processus de croissance économique.

Cette nouvelle édition du Festival international du film du Caire est particulière : elle fête les 30 ans d'un Festival, aujourd'hui prestigieux et qui a su révéler autant de chefs-d'oeuvre et de réalisateurs à présent reconnus.

par K. A.
Source: Libération, Maroc

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