Les ouvrages de la bibliothèque de l'Université de Californie vont être numérisés puis mis en ligne
Google, premier moteur de recherche internet, scannera "plusieurs millions" de livres parmi les 34 millions que possède l'Université de Californie.
L'Université de la côte ouest, possedant la plus grande base de recherche universitaire au monde, a ainsi officialisé mardi 8 août son soutien à une initiative contestée au titre des droits d'auteurs.
Le projet Google Livres, lancé il y a environ un an et demi, a déjà rallié le soutien de la New York Public Library et des universités d'Harvard, Oxford, Stanford et Michigan qui ont autorisé la numérisation des ouvrages de leurs bibliothèques.
Ce nouveau chantier est pourtant contesté parmi les éditeurs et ayants droit qui y voient une atteinte au droit d'auteur.
La Martinière, maison d'édition française, passe d'ailleurs à l'offensive judiciaire contre Google.
Pour la première fois, un éditeur français attaque en justice le géant américain, et sa filiale Google France, sur leur projet de bibliothèque numérique.
Le groupe a déposé une plainte devant le tribunal de grande instance de Paris pour "contrefaçon, non-respect de l'intégrité des œuvres et atteinte à la liberté d'entreprendre".
Google s'est en effet permis de numériser et diffuser, sans son accord, des extraits de livres de ses maisons d'édition : le Seuil, Delachaux et Niestlé et Abrams.
« Google a mis les éditeurs devant le fait accompli, en les informant a posteriori par courrier qu'il avait numérisé leurs œuvres ou des extraits sans aucune autorisation. Face à la brutalité de ces agissements, il nous paraissait normal d'attaquer sur le terrain judiciaire » explique Emmanuel Schalit, directeur général adjoint de La Martinière.
Cette action en justice est une première en France. Jusqu'ici, le syndicat national des éditeurs, qui regroupe 400 éditeurs, n'en est resté qu'au stade de la menace.
Aux Etats-Unis et en Allemagne, plusieurs procès sont en cours contre le géant américain pour infraction à la loi sur le copyright. Car le fond du problème est bien d'ordre économique : en privant aujourd'hui auteurs et éditeurs de leurs droits, la politique de Google, si elle s'impose, les empêchera aussi demain de profiter du potentiel de la diffusion sur internet et autres supports mobiles.
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