Il y a 500 ans mourait Christophe Colomb






L'Espagne a célébré dans la discrétion l'anniversaire de
la mort du navigateur (vraisemblablement d'origine italienne)

 

 








Lequel navigateur, en mission pour la
couronne d'Espagne, avait atteint en 1492 un continent alors inconnu en Europe:
un "nouveau monde" qui allait faire la fortune de ladite couronne.

Pour
autant, aucun acte officiel ou gouvernemental n'a marquĂ© au niveau national un
Ă©vĂ©nement passĂ© sous silence samedi par les grands quotidiens espagnols.






En Italie, la discrĂ©tion Ă©tait Ă©galement de mise, de mĂȘme qu'en
AmĂ©rique latine, oĂč le nom de Colomb est souvent associĂ© Ă  la destruction par
les conquistadors espagnols des peuples amĂ©ridiens et de leurs civilisations.
Rappelons que Colomb n'a donné son nom qu'à un seul pays la Colombie, alors que
l'Amérique porte celui d'Amerigo Vespucci, le successeur de Colomb au poste de
vice-roi et gouverneur des Indes. C'est un cosmographe allemand qui nomma le
"nouveau monde" d'aprĂšs le prĂ©nom de Vespucci: il attribua par erreur Ă  ce
dernier le mĂ©rite de la "dĂ©couverte" du continent amĂ©ricain (auquel
parvinrent vraisemblablement des navigateurs scandinaves plusieurs siĂšcles avant
1492).

Colomb avait dĂ©barquĂ© sur une Ăźle des Bahamas le 12 octobre 1492. Son retour 
triomphal en Espagne fut suivi de trois autres voyages mouvementés. Il devint
par la suite vice-roi des "nouveaux" territoires. Mais des erreurs commises dans
ses fonctions d'administrateur, la violence avec laquelle il réprima les
révoltes des Amérindiens, la traite des esclaves qu'il aurait favorisée le
firent destituer de ses fonctions. Une chose est sĂ»re: il s'Ă©tait fait de
nombreux adversaires lors de ses séjours Outre-Atlantique.

Tombé en
disgrĂące, affaibli par une polyarthrite aiguĂ«, "l'amiral de la mer OcĂ©ane"
termina ses jours riche mais amer à Valladolid, résidence favorite des rois de
Castille. Il Ă©tait venu en vain y rĂ©clamer Ă  la Cour royale le rĂ©tablissement de
ses titres amĂ©ricains.    

De nombreux mystĂšres continuent Ă  entourer sa
vie. Lors d'un séminaire réunissant une centaine de spécialistes de
Colomb cette semaine Ă  Valladolid, un historien a affirmĂ© que l'homme
Ă©tait d'origine catalane. D'autres lui attribuent un origine galicienne,
vĂ©nitienne, voire corse ou portugaise.
   
Une enquĂȘte ADN, en cours,
devrait permettre de lever certains mystĂšres. Elle aurait dĂ©jĂ  permis
de dĂ©terminer que les restes du navigateur reposent effectivement dans la
cathĂ©drale de SĂ©ville et non en RĂ©publique Dominicaine, comme l'affirme ce
pays.

La personnalitĂ© complexe fait Ă©galement dĂ©bat. Selon ses
biographes, il fut un grand navigateur mais aussi un commerçant avide de gloire
et de richesses qui n'hésita pas à vendre les habitants des Caraïbes en
esclavage. L'un de ses lointains descendants, Cristobal Colon de Carvajal, a
demandĂ© qu'on cesse de "dĂ©nigrer" son ancĂȘtre.

 

Une
EnquĂȘte ADN

Les rĂ©sultats de l'enquĂȘte ADN sur Christophe Colomb devraient ĂȘtre connus
samedi 20 mai, le jour anniversaire du 500e anniversaire de sa mort. Mais un
"léger retard" devrait repousser de deux à trois mois l'annonce des
résultats.

L'enquĂȘte a donc dĂ©jĂ  permis de savoir que le navigateur Ă©tait
bien enterré à Séville et non à Saint-Domingue. Comme on le sait, il est mort à
Valladolid oĂč il fut d'abord enterrĂ©. Sa dĂ©pouille fut ensuite transportĂ©e Ă 
Séville puis, effectivement à Saint-Domingue (en 1544), selon ses voeux. Elle
fut ensuite amenée à Cuba, puis rapatriée à Séville en 1898aprÚs que les
Espagnols eurent quitté l'ïle caraïbe.

Le travail sur l'ADN pourrait
permettre de trancher définitivement la question de l'origine du navigateur. La
plupart des spĂ©cialistes estiment que Colomb Ă©tait le fils d'un tisserand 
gĂȘnois, mais d'autres lui attribuent des origines catalane, galicienne
ou corse, voire 
portugaise. Des prélÚvements d'ADN ont été effectués
sur plusieurs dizaines d'habitants des rĂ©gions de Barcelone, de Valence, des
Iles BalĂ©ares ou de Perpignan portant les patronymes "Colon", "Colom", "Colomb"
ou "Coulom". Ceux-effectuĂ©s sur des "Colombo" de GĂȘnes n'ont pas Ă©tĂ© livrĂ©s Ă 
temps. L'ensemble de ces prĂ©lĂšvements devraient ĂȘtre comparĂ© avec l'ADN, bien
conservé, d'un fils de Colomb, Hernando, enterré lui aussi à Séville.

 

France
2, le 20/05/2006

 

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