L’Algérie croit au dialogue des civilisations, à l’image de son Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, qui a compris le sens de l’histoire en s’imprégnant des convictions de son peuple épris de paix, de fraternité et de justice…
Encore une fois, il est question de dialogue des civilisations. Un dialogue entre, principalement deux mondes liés par les interférences de l’histoire, la culture et la géostratégie.
Jamais l’importance vitale de ce dialogue ne s’est faite ressentir comme aujourd’hui, et notamment pour ce monde musulman si fabuleux qu’il est exposé à toutes formes de préjugés sans pour autant pouvoir répliquer par des stratégies médiatiques aux fins de situer, au moins les actes de violence, partout dans le monde, dans leur vrai contexte. Que dire donc de ce nécessaire dialogue, quand le monde entier, à travers les superbes moyens de communication et grâce au recours à la haute intelligentsia, n’a droit qu’à une seule version des évènements et des faits. C’est dire l’énormité du déficit que le monde musulman accuse en matière de communication. Et quelle communication.
Unis dans la conviction et dans les préceptes de la morale universelle, les musulmans de toute la planète se remémorent l’éternel verset coranique que lisait souvent Mohamed (QSSSL) à ses compagnons : «Ne débattez avec les gens du Livre qu’avec la plus extrême courtoisie. Dites : nous croyons à ce qui nous a été révélé et à ce qui vous a été révélé. Notre Dieu est votre Dieu. Il est unique» (Coran).
Combien parmi les non musulmans, connaissent-ils ce verset du sublime Coran ? Le khalifa Abou Bekr Essedik recommandait aux combattants lors des conquêtes : «Ne tuez pas les enfants, les femmes, les vieillards, ne détruisez jamais les plantes et les arbres...». Combien sont ceux qui connaissent cela parmi les Occidentaux ?
Salaheddine El Ayoubi, recommandait un traitement des prisonniers meilleur qu’à celui de ses propres soldats. Qu’ont-ils fait ces musulmans pour enseigner les autres sur ces valeurs humaines des musulmans ? Qu’ont-ils fait pour faire savoir aux chrétiens de la planète que l’Emir Abdelkader, a sauvé la vie à des centaines de chrétiens à Damas à la fin du XIXe siècle. Et dans l’actualité contemporaine, un certain nombre de journaux a révélé il y a deux années, qu’un jeune palestinien s’est donné la mort sur une plage à Tel-Aviv pour ...sauver un jeune Israélien. Qu’a fait la presse arabe pour relayer cette information révélatrice à plus d’un titre.
Le non-aboutissement du dialogue des civilisations n’est pas seulement le fait du monde musulman. Il est aussi le fait d’un Occident qui a souvent agi sous le mobile de la réappropriation des grands repères de l’histoire de la civilisation. Il est vrai que les musulmans doivent beaucoup aux orientalistes, qui ont eu le mérite de mettre en valeur les magnifiques richesses du patrimoine musulman culturel et scientifique. Les grandes traductions orientalistes ont permis, non seulement à l’Occident de découvrir ces merveilles, mais aussi aux musulmans eux-mêmes une autre lecture de leurs contenus. Pour cela, les cas de Taha Hussein, d’Avicenne, d’Averroès, d’Ibn Khaldoun sont les plus éloquents. Il est regrettable qu’aujourd’hui l’on enregistre de moins en moins de grandes figures universelles de cette fabuleuse école européenne, laissant ainsi un vide exploitable par les tenants du choc des civilisations.
L’Algérie croit au dialogue des civilisations, à l’image de son Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, qui a compris le sens de l’histoire en s’imprégnant des convictions de son peuple épris de paix, de fraternité et de justice, de valeurs ancrées dans ses traditions depuis les temps les plus reculés, grâce notamment, aux formes de brassage culturel et ethnique et grâce à son intégration dans la profonde unité du monde méditerranéen, qui a enfanté nos civilisations respectives et qui a vu naître les trois religions monothéistes.
Ayant connu les affres du colonialisme et du danger extrémiste, l’on sait, dans ce pays que si fracture culturelle il y a avec l’Occident, avec tout ce qu’elle peut engendrer en nourrissant méfiance, hostilité, crises et angoisses, que l’effort des réformes devrait être également porté qualitativement vers la libération du champ des libertés, la revalorisation saine, juste et positive des programmes scientifiques, culturels, éducatifs et universitaires. Une mise à niveau de nos capacités à tirer les meilleures dividendes dans le dialogue avec l’autre. Il n’est pas étonnant aujourd’hui que les meilleures actions de partenariat économique sont souvent celles que favorisent l’échange culturel et le développement du discours cohérent, producteur de confiance, d’intérêts et de progrès.
Il n’ y a pas de lois, disent les Japonais, il y a des relations. Le dernier sommet arabe d’Alger a démontré, si besoin est, que le plus difficile pour le monde arabe, assimilé pour certains au monde musulman, était de s’inventer de nouveaux moyens pour négocier et communiquer. Tout un programme. Cela renvoie aux efforts nationaux de développement de la communication.
S’agissant de communication, moyen privilégié de dialogue, c’est connu, les enjeux sont déplacés pour se fixer sur ce que nous appelons communément les technologies de l’information et de la communication. Histoire de société de l’information pour laquelle l’Algérie s’investit d’ores et déjà en engageant un programme TIC. La capitale tunisienne abritera le sommet du SMSI le mois de novembre 2005 et l’on parlera de dialogue de civilisations.
D'aprés : Zoheir Meziane ( El Moudjahid ) 24/07/2005