Nouveau mécanisme d’octroi des visas pour les pays du Maghreb




L’Union européenne planche actuellement sur un nouveau mécanisme d’octroi des visas qui consiste en la mise en place d’un centre commun pour le traitement des demandes émanant de pays « pilotes ».

« C’est actuellement à l’état de projet et son initiation s’inscrit dans le cadre de la mise en oeuvre de la politique européenne de voisinage PEV », nous explique une source communautaire à Bruxelles. Des membres de la commission européenne (CE) ont parlé, lors de la tenue d’un séminaire sur la PEV, organisé la semaine dernière à l’attention des journalistes en provenance de pays « partenaires » de la rive sud de la Méditerranée et de l’Europe de l’Est. « Il s’agit pour l’UE, selon ses promoteurs de choisir des pays pilotes pour lesquels le centre traitera les demandes de visas émanant de leurs ressortissants ».

C’est, nous dit-on, « une étape intermédiaire entre les demandeurs et l’ambassade du pays européen à laquelle est adressée la demande ». Ceci étant, « rien ne remplacera l’ambassade parce que c’est à elle que reviendra le dernier mot c’est-à-dire, donner ou pas le visa à celui qui le lui demande », est-il précisé.

Et dans ce cas « au lieu d’avoir 25 offices consulaires qui examineront les demandes, il n’y aura que ce centre commun (une sorte de guichet unique) qui centralisera les demandes envoyées ».

25 est le chiffre reflétant le nombre de consulats au Maroc puisque ce pays est directement concerné par ce nouveau mécanisme. Il est l’un des pays « pilotes » que l’UE a ciblés « parce qu’il a déjà signé un plan d’action voisinage ». Et comme il est lancé à Bruxelles « signer un plan, c’est mieux pour bénéficier des services du centre dont la date de mise en place n’a pas encore été fixée. Les Etats membres de l’UE estiment ainsi être plus performants et plus efficaces en matière d’octroi de visas aux ressortissants des pays considérés comme étant « pourvoyeurs » de migrants clandestins. « Nous nous sommes rendus compte qu’il y a des demandes, les mêmes, qui sont envoyées à plusieurs ambassades en même temps, leurs expéditeurs espérant ainsi avoir au moins une réponse positive d’une de ces ambassades », disent nos sources communautaires. Le centre sera installé donc pour filtrer minutieusement toutes les demandes et permettra aux ambassades, comme le précise, Bruxelles, « d’être moins encombrées et l’on évitera ainsi le tourisme des visas ». Il est ainsi visé par ce mécanisme « l’introduction de plus de cohérence de notre politique d’octroi des visas ». C’est aux yeux des Etats membres « une technique qui simplifiera et allégera les procédures actuellement en vigueur ».

En fait, c’est une autre restriction qui ne dit pas son nom puisque les demandes seront centralisées pour être mieux contrôlées. Il est clair que ceux des demandeurs qui espèrent avoir « au moins une réponse positive pour avoir envoyé plusieurs demandes à plusieurs ambassades « verront » leurs espoirs s’évanouir, puisque leur dossier sera mis entre les mains d’un seul et unique fonctionnaires européen.

La réponse pourrait dans ce cas varier selon les humeurs ou les conditions de travail. Ce qui confirme d’avantage les restrictions en matière de visa et n’emballera pas, par conséquent, pour la signature d’un plan d’action voisinage. A Bruxelles, on n’aime pas trop s’étaler sur le sujet pour l’instant « parce que c’est encore à l’état de projet ». En plus, « il n’est pas question de parler de restriction », mais de mesure assurant un bon voisinage ».

par G.O.
Source: Le Quotidien d’Oran

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