Nicolas Sarkozy a conclu une visite de deux jours en Algérie par une rencontre avec Abdelaziz Bouteflika qualifiée d'amicale par le président algérien.
"J'ai reçu Nicolas Sarkozy en tant qu'ami, et en tant que ministre d'Etat ministre de l'Intérieur", a déclaré Abbdelaziz Bouteflika qui, à cette occasion, a cherché à rassurer sur son état de santé.
"C'est vrai que j'étais très malade, mais aujourd'hui je vais beaucoup mieux", a-t-il dit à l'issue de l'entretien, tout en laissant transparaître son agacement face aux rumeurs circulant sur sa condition.
"Arrêtez de poser des questions sur ma santé", s'est ensuite exclamé le président algérien, dont la question de l'état de santé est rarement évoquée en public par les responsables algériens.
L'entretien de Nicolas Sarkozy avec Abdelaziz Bouteflika constituait le point d'orgue de la visite du président de l'UMP, qui a cherché à pacifier le climat entre Paris et Alger tout en peaufinant sa stature d'homme d'Etat dans l'optique de l'élection présidentielle française, pour laquelle sa candidature est plus que probable.
Lundi, Nicolas Sarkozy a annoncé avoir obtenu de l'Union européenne la suppression de la consultation européenne préalable à la délivrance d'un visa de séjour pour les Algériens désireux de venir en France.
Cette décision permettra de raccourcir de 15 jours les délais d'obtention du visa, qui peuvent atteindre actuellement des semaines, voire des mois et suscitent une forte irritation côté algérien.
Une telle mesure devrait également être bien accueillie par le million de Français d'origine algérienne qui seront appelés aux urnes au printemps prochain.
VISITE A TIBHÉRINE
Au cours de sa visite, le numéro deux du gouvernement français a alterné les gestes en direction des Algériens, en déposant une gerbe au monument des Martyrs de la guerre d'indépendance, et en direction des anciens de l'Algérie coloniale, en se recueillant au cimetière chrétien de Saint-Eugène.
Il a aussi recherché le consensus en se rendant au monastère de Tibhérine, à 70 km au sud d'Alger, pour rendre hommage aux sept trappistes français enlevés puis égorgés par des activistes islamistes en 1996, au plus fort de la guerre civile.
"Les sept moines trappistes n'étaient que des hommes de paix qui ne demandaient que de respecter leurs frères, musulmans, et vivre en paix", a-t-il déclaré sur place.
Les autorités algériennes n'ont toutefois pas obtenu du ministre de l'Intérieur une condamnation de la colonisation, que les responsables à Alger exigent avec insistance de Paris avant toute signature d'un traité d'amitié entre les deux pays.
Le ministre algérien de l'Intérieur, Noureddine Yazid Zerhouni, a jugé à cet égard qu'un tel traité, maintes fois annoncé et maintes fois repoussé, n'était pas encore d'actualité.
"Je crois, et c'est mon avis personnel, que compte tenu des contingences actuelles, le moment n'est pas favorable pour signer le traité", a dit le ministre, qui s'est entretenu lundi avec son homologue français.
"Il y a encore des efforts à faire pour créer un consensus le plus large possible", a-t-il estimé, ajoutant qu'il partage l'avis de Nicolas Sarkozy "lorsqu'il dit qu'il vaut mieux encore construire, parce que l'amitié ne se décrète pas".
Le projet de traité d'amitié entre la France et l'Algérie, devait intervenir à l'origine à la fin 2005, mais il a été plusieurs fois reporté en raison des points de friction subsistant entre les deux pays.
Alger avait à l'époque vivement réagi à l'adoption par les députés français, en février 2005, d'une proposition de loi relative à l'indemnisation des rapatriés, dont l'article IV reconnaissait le "rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord".
La mention a été abrogée par décret en février dernier mais, ce week-end, Alger a une nouvelle fois conditionné l'amélioration des relations à la reconnaissance par Paris des crimes commis pendant les 130 années de colonisation.
Reuters









