Après Washington et Paris, Londres change son ambassadeur à Alger

La nomination de M. Andrew Henderson, qui a reçu hier son agrément, semble s’inscrire dans le sillage de la politique d’ouverture entamée par le gouvernement Blair, notamment dans le domaine économique, en ouvrant les portes du Commonwealth aux autres pays non anglophones.

Amateur de golf et des arts, M. Andrew Henderson est aussi un diplomate connaisseur du monde arabe, des pays du Sud de manière générale. Il a reçu, hier, l’agrément de sa nomination en qualité d’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Royaume-Uni, de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord en Algérie.
Son approche s’appuie sur le changement, changement de vision, changement de politique britannique avec un accent pour son domaine de prédilection, le commerce extérieur et l’investissement. “Changer dans notre approche dans notre travail”, avait-il écrit lorsqu’il était encore à la tête de la Direction du commerce et de l’investissement à l’ambassade du royaume au Brésil. Son souci alors était d’améliorer l’image de Londres, mais surtout d’améliorer le niveau global du commerce, jusque-là intimement lié et tournant dans la sphère Commonwealth.
Sa longue carrière qu’il a commencée au Foreign Office en 1971 le conduira dans des bureaux à l’étranger, en Norvège, aux États-Unis, en Angola, en Égypte et en Arabie Saoudite. Aujourd’hui, il est nommé à Alger en qualité d’ambassadeur dans un contexte politique international très tendu.
À tel point où des diplomates britanniques en poste, dans une lettre adressée à leur gouvernement, réclamaient un changement dans sa politique étrangère pour améliorer l’image du pays qui s’est considérablement détériorée depuis la campagne contre l’Afghanistan et l’invasion de l’Irak.
La nomination de M. Henderson semble s’inscrire dans le sillage de la politique d’ouverture entamée par le gouvernement Blair, notamment dans le domaine économique en ouvrant les portes du Commonwealth aux autres pays non anglophones. L’Algérie a été invitée, par le Chef du gouvernement britannique,
M. Tony Blair, à y adhérer. Aussi tentera-t-il, à travers des initiatives ciblées, d’intégrer les pays du Sud, émergents ou en voie, dans une stratégie de développement impliquant l’aide des pays développés.
Par ailleurs, la désignation de M. Andrew Henderson semble également suivre une logique commune aux grandes puissances partenaires de l’Algérie, à l’image des États-Unis et de la France, qui ont désigné des ambassadeurs avec des “feuilles de route” et des missions prioritaires. Cela sans oublier que ces puissances sont en course pour arracher ou placer des investissements en Algérie dans tous les domaines. C’est du moins ce que suggère le profil de M. Henderson qui a déjà réussi sa mission au Brésil où les investissements britanniques et les échanges commerciaux ont connu un saut qualitatif.
Sur le plan politique, le retour de l’Algérie sur la scène internationale est salué par les grandes capitales qui souhaitent et sollicitent Alger pour un rôle plus actif, notamment dans les différentes crises du Proche-Orient, la crise du nucléaire iranien, le Liban ou la lutte contre le terrorisme international. Il faut remarquer également que ces trois pays ont ces dernières années, au-delà du virage amorcé dans leur vision, entrepris des actions pour donner un contenu plus effectif à leurs relations avec l’Algérie.

par Djilali B.
Liberté-Algérie


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