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La France doit présenter ses "excuses officielles" aux
Algériens, avant d'espérer un traité d'amitié, a déclaré le président Abdelaziz
Bouteflika.
Abdelaziz Bouteflika a de nouveau demandé, jeudi 18 mai, des "excuses
officielles" à la France, en préalable à toutes "autres relations d'amitié"
entre les deux pays. "Il est aujourd'hui de notre devoir envers le peuple
algérien et les chouhada (martyrs), de réclamer des excuses officielles de la
part d'une nation dont la devise révolutionnaire a de tout temps été liberté,
égalité, fraternité", a affirmé Abdelaziz Bouteflika. Il s'agissait d'un message
écrit, que le ministre des moudjahidine (anciens combattants) Mohamed Cherif
Abbas a lu au nom du président à Mostaganem (355 km à l'ouest d'Alger). 
Le président algérien appelait l'Etat français à "assumer pleinement ses
responsabilités historiques, s'il était véritablement mu par une sincère volonté
d'ouvrir une nouvelle page et de jeter les bases d'une amitié authentique
bannissant toute forme de rancoeur et de ressentiment". Il faisait référence au
traité d'amitié franco-algérien, dans l'impasse depuis la polémique française
sur le "rôle positif de la colonisation", en février.
"Faciliter le
travail des historiens"
Mardi, la France avait estimé que le rôle des deux
Etats, sur la question de la colonisation de l'Algérie (1830-1962), devait se
limiter à "faciliter" le travail des historiens. "Laissons aux historiens le
soin d'écrire l'Histoire et laissons au temps celui d'apaiser les douleurs",
avait déclaré, à l'Assemblée nationale, la ministre française déléguée aux
Affaires européennes, Catherine Colonna. Elle réagissait à la dernière demande
d'excuses officielles d'Abdellaziz Bouteflika, le 8 mai, date anniversaire des
massacres commis par l'armée française dans l'est algérien, en 1945. Il "eut
sans doute mieux valu", avait-il affirmé, que la France "présente ses excuses"
pour son "oppression colonialiste", qualifiant ces excuses de "droit élémentaire
de l'Etat-Nation algérien".
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