L'Algérie et l'Italie s'engagent à la concrétisation du traité d'amitié signé en janvier 2003 entre les deux pays, en donnant une plus importante impulsion à leur coopération en identifiant toutes les possibilités et opportunités susceptibles d'être concrétisées.
Après le président du Conseil italien, Romano Prodi, le président de la Chambre des députés, Fausto Bertinotti, hier, c'était au tour du chef de la diplomatie, Massimo D'Alema, d'affirmer clairement, à l'issue de sa rencontre avec M. Mohammed Bedjaoui, ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères, les intentions de l'Italie à l'égard de l'Algérie, «pays, a-t-il souligné, avec lequel nous avons toujours entretenu une étroite collaboration tant au plan politique et institutionnel qu'au plan économique». Une collaboration et une coopération, a précisé M. D'Alema, appelées à s'affirmer de manière substantielle, conformément au traité d'amitié, de coopération et de bon voisinage, conclu entre les deux pays et dont les nouveaux axes seront déterminés à l'occasion de la visite à Alger du chef du gouvernement, Romano Prodi, les 14 et 15 novembre prochain. Après avoir exprimé leur satisfaction sur l'excellence des relations politiques rendues possible par à un dialogue politique constant, les deux ministres ont mis l'accent sur la vitalité que connaissent les relations économiques bilatérales
Ils ont, à cet égard, relevé la forte volonté des opérateurs économiques italiens à renforcer leur présence en Algérie qui, aujourd'hui, participent déjà à la réalisation d'un certain nombre de projets de grande envergure, particulièrement dans les travaux publics, les ressources en eau et les transports. A cet égard, M. Bedjaoui a souhaité voir les entreprises italiennes participer de manière efficiente au développement économique de l'Algérie, à travers le colossal et ambitieux programme de développement tracé par le gouvernement à l'horizon 2009.
«L'Algérie, a souligné le ministre, serait désireuse qu'une partie des investissements revienne à l'Italie. L'encadrement politique et juridique (traité d'amitié et protocole) existe, il faut passer maintenant à une étape plus concrète», a affirmé le chef de la diplomatie algérienne. Sur le chapitre énergétique qui revêt un caractère stratégique et qui constitue le véritable pilier de la coopération entre les deux pays, MM. Bedjaoui et D'Alema ont indiqué qu'il devrait être renforcé avec la réalisation de deux projets importants.
Au plan régional et international, les deux ministres, qui se sont félicités de la convergence de vues sur plusieurs questions, ont relevé la nécessité d'oeuvrer afin de faire de la Méditerranée un espace de rapprochement et de solidarité et un facteur d'interaction et de coopération entre les Etats et les peuples de la région. Ils ont estimé dans ce cadre que la réalisation du processus de Barcelone a été fortement entravée par les difficultés liées à la situation au Proche-Orient. Les deux ministres ont plaidé pour la relance du processus de paix aussi bien que pour la revitalisation du processus de Barcelone.
Concernant le Sahara occidental, M. Bedjaoui a exprimé toute son appréciation pour la position de l'Italie, renouvelée lors du récent vote au niveau de la quatrième commission de décolonisation des Nations unies.
Pour rappel, le président du Conseil italien, M. Romano Prodi a déclaré, lors de son entrevue avec le chef de la diplomatie algérienne, sa disponibilité à étudier toutes les possibilités pour impulser des rapports plus fructueux avec l'Algérie. M. Bedjaoui profitera de cette occasion pour mettre à profit cette intervention concernant ce secteur afin de rassurer son interlocuteur en dissipant tous les malentendus rapportés par la presse italienne au sujet de l'accord signé le 3 août dernier entre Sonatrach et les deux compagnies russes Gazprom et Loukoil. «Il s'agit seulement d'accords entre les compagnies de deux pays producteurs. Il ne s'agit nullement de créer un cartel, comme cela a été supposé», a rassuré le ministre.
Ghada Hamrouche
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