Invitée à la rencontre «Parole aux artistes» à Tizi Ouzou, Hadjira Oubachir parle de la poésie et du combat de la femme

Pour son énième rencontre, lundi dernier, à l'émission «Paroles aux artistes», l'animateur Slimane Belharet a choisi de marquer la date du 8 mars, Journée internationale de la femme, en invitant la poétesse, actrice et animatrice radio, Hadjira Oubachir, pour une discussion à bâtons rompus dans la petite salle de théâtre de la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou.

La poétesse était en retard, et pendant ce temps l'animateur a présenté une jeune dame, membre du club des poètes, en lisant l'un de ses poèmes. Hadjira Oubachir, animatrice à la Chaîne II de la radio nationale de l'émission «Voix de femmes», insistera pour entamer la rencontre par la récitation d'un de ses poèmes sur Mouloud Mammeri dont le dix-huitième anniversaire de sa disparition a été célébrée récemment à Tizi Ouzou et dans sa région natale d'Aït Yanni.

«C'est un poème que j'ai écrit quelque jours seulement après la mort de Mouloud Mammeri. C'était une période où je n'arrivais pas à croire réellement qu'il était mort», dira avec émotion l'invitée de la rencontre, qui ne manquera pas de faire savoir qu'elle a rédigé son premier poème à l'âge de douze ans. Si elle aime la poésie et adore écrire des poèmes, Hadjira Oubachir n'a pas manqué de faire un passage dans le cinéma, en jouant un rôle important dans Machahu, ce long métrage d'expression amazighe réalisé par Belkacem Hadjadj.

Une expérience venue enrichir son parcours, appelé à l'être davantage, à en croire l'idée du prochain montage de sa comédie musicale.

C'est ce qu'elle a dit lors de la rencontre «Paroles aux artistes» de Slimane Belharet. Une comédie musicale qui devait être montée à l'occasion de l'Année de l'Algérie en France mais qui n'a, malheureusement, pas connu d'aboutissement pour des raisons que Hadjira Oubachir préfère taire pour, vraisemblablement, éviter d'alimenter une polémique.

par Malik Boumati
Copyright © 2007 La Tribune.

En réponse à une question de l'animateur, la poétesse évoquera son absence de la radio durant plus d'une dizaine d'années, pour relativiser et rappeler qu'un artiste arrête et reprend, en disant : «Il peut toujours dire qu'il arrête, mais viendra le jour où il reprendra ses activités.» Elle ne manquera pas de dire sa préférence pour son travail dans la radio, comparativement à la télévision, afin de rester loin des feux de la rampe. Entre-temps, elle s'adonne toujours à sa poésie, et il s'est même trouvé des chanteurs qui ont interprété ses textes, comme le rappellera l'animateur et le confirmera l'invitée, en citant, entre autres, Jura du groupe Djurdjura et l'artiste Menad, ayant opté pour ses textes. L'animateur ne manquera pas également de relever que les jeunes artistes d'aujourd'hui préfèrent interpréter leurs propres textes, malgré leur légèreté époustouflante, considérant visiblement comme tabou le fait de demander à des paroliers ou des poètes de leur écrire des textes, dignes d'être appréciés avec de belles mélodies.

La poétesse acquiescera, non sans le regretter, que cela existait avant, estimant que «le travail est meilleur quand il est fait à plusieurs», entre compositeurs, paroliers et interprètes. Après un acwiq à vous donner la chair de poule, présenté par Nna Saadia, une sexagénaire membre du club des poètes, le débat a été ouvert, et c'est sans surprise que la discussion a viré au combat de la femme. «Les amendements faits au code de la famille sont bons mais il faut dire que c'est l'aboutissement du combat mené par les femmes», dira Hadjira Oubachir, sans omettre de rappeler que «la lutte reste inachevée et il reste encore des droits à arracher.» La célébration de la Journée internationale de la femme a, par ailleurs, été évoquée lors de ce débat suite à l'intervention d'une dame de l'assistance qui dit refuser de célébrer cette Journée, pour ne pas limiter les droits de la femme à cette journée du 8 mars.

L'invitée de la rencontre ne partagera pas son avis, précisant que le 8 mars est une occasion d'organiser des rencontres autour du thème relatif au combat de la femme pour ses droits, et pour une campagne de sensibilisation notamment en direction des hommes. Elle précisera, cependant, que la lutte doit rester quotidienne et non limitée à cette journée seulement.