Signature d’une convention pour la restauration de la basilique Notre-dame d’Afrique

Une convention pour la réhabilitation de la basilique Notre-Dame d’Afrique a été signée, lundi à Alger, entre la wilaya d’Alger et la Commission européenne en Algérie.

D’un montant d’un million d’euros, cet accord a été signé, du côté algérien, par le secrétaire général de la wilaya d’Alger, M. Mahmoud Djemaâ, et du directeur général Europe au ministère des Affaires étrangères, M. Mouloud Hamaï, et du côté européen, par l'ambassadeur délégué de l’Union européenne en Algérie, M.Lucio Guerrato.

Cet accord est le premier du genre pour la réhabilitation de la basilique Notre-Dame d’Afrique dont les opérations de restauration nécessitent plus de 4 millions d’euros.

Ces opérations de réhabilitation seront financées par la wilaya d’Alger, la Commission européenne, la ville de Marseille, le conseil général des Bouches du Rhône, la région PACA (Province-Alpes-Côte d'Azur) et l’Etat français.

Le secrétaire général de la wilaya d’Alger a indiqué à l’APS que "cet accord permettra de restaurer l’église qui constitue un monument spirituel pour les chrétiens algériens, mais encore un patrimoine historique et architectural dont la wilaya d’Alger accorde une grande importance".

"L’étude technique étant finalisée depuis plus d’une année, l’ouvrage a besoin de travaux de consolidation et, à cet effet, la wilaya d’Alger lui a consacré une enveloppe de 56 millions de DA pour le confortement urgent de l’édifice qui contribuera à une intensification de l’amitié et la coopération entre les deux rives de la Méditerranée", a-t-il déclaré.

De son côté, le représentant du ministère des Affaires étrangères a souligné que cette église, étant un patrimoine national, sa rénovation, sa restauration et sa sauvegarde deviennent "un but très important, pour les autorités algériennes, à atteindre".

"Cette enveloppe, aussi symbolique quelle soit, est extrêmement importante pour la réhabilitation de cette édifice historique et spirituel", a-t-il ajouté.

"Cette opération est également un message politique, envoyé par l’Algérie en direction de la communauté internationale au moment où certains brandissent la théorie du choc de civilisations, pour montrer, que dans un pays musulman, les autres religions sont respectées au même titre que l’islam ", a-t-il encore indiqué.

pour sa part, M. Lucio Guerrato a indiqué à l’APS que cette opération "constitue un réel partenariat entre l’Etat algérien, représenté par la wilaya d’Alger, et l’Union européenne pour la restauration d’un édifice historique et religieux nécessitant de grands travaux en raison des affaissements et du tremblement de terre de mai 2003 qui a provoqué les plus grands dommages dans ce monument".

"On a été sollicité par l’archevêque d'Alger Mgr Henri Teissier pour une grande mobilisation des ressources financières en vue de la restauration de l’oeuvre architecturale qu’est Notre-Dame d’Afrique", a-t-il souligné.

Pour Mgr Henri Teissier, "cet édifice est témoin de l’harmonie existante entre musulmans et chrétiens en Algérie dans un contexte mondial plutôt défavorable à une telle relation".

"Cette église a été laissée à l’abandon, malgré son inestimable valeur, et est presque désertée par les pèlerins, spécialement après les dégâts infligés par le séisme du 21 mai 2003. On s’est trouvé dans l’obligation d’agir vite avec les autorités algériennes qui n’ont ménagé aucun effort pour sa restauration".

Les tourelles ou le campanile du petit dôme et les 110 m3 de pierres à sculpter sont, entre autres, les parties nécessitant la restauration.

Oeuvre magistrale de Mgr Pavy, évêque d’Alger, la basilique Notre-Dame d’Afrique a été construite en 14 ans, du 2 février 1858 à 1872.

Les plans et le style byzantin ont été élaborés par l’architecte Fromageau, nommé en 1859, par le ministère français des Colonies, architecte en chef des édifices diocésains d’Algérie.

Notre-Dame d’Afrique, ou "Madame l’Afrique", comme la désignent les Algérois, est construite sur les hauteurs d’Alger, le plateau de Bouzaréah dominant la baie d’Alger, du haut de ses 120 m d’altitude et de ses 142 années d’existence.