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“7ème Festival culturel européen à Alger
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La photographie est un art
relativement jeune qui dévoile la réalité des choses mais aussi leur face
cachée
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L'exposition est organisée dans le cadre de la 7ème édition
du Festival culturel européen Dans le cadre du 7ème Festival culturel européen,
l'ambassade d'Espagne présente à l'Institut Cervantès une exposition de
photographies de Fernando Herràez intitulée Mediterràneo.
L'ambassadeur d'Espagne en Algérie, Juan Lena, dira lors du
vernissage de l'exposition dimanche dernier que «la culture contribue à
construire des passerelles et à tisser des liens». «La photographie est un art
relativement jeune qui dévoile la réalité des choses mais aussi leur face
cachée. Je regrette toutefois qu'il n'y ait pas de traces de Cherchell, de
Djamila et d'autres magnifiques lieux de la côte algérienne», ajoutera le
diplomate.
Quant au directeur de l'Institut espagnol Eduardo Calvo, il
estimera qu'«une exposition comme Mediterranèo, exige la réflexion sur un temps
et un lieu perdus et aussi sur nos origines et sur des racines permanentes.
Avant de vous laisser seul avec l'oeuvre de Fernando Herràez, je vous demanderai
juste de ne pas observer cette Méditerranée comme un paradis perdu. Dans tous
les cas, prenez en compte que les paradis se perdent peut-être pour concevoir la
joie et l'espérance de les récupérer un jour».
Concernant l'art de la photographie, il dira que «la
différence entre l'image photographique et l'image cinématographique consiste
dans le fait que la première produit un désenchaînement d'autres images à
l'intérieur de la personne qui la contemple et tout dépend aussi bien du
mouvement que de la capacité de l'élaboration de chacun. Ainsi, la relation avec
la photographie est plus intime et ouverte que la relation avec le cinéma».
Après ces deux introductions, les visiteurs ont pu
contempler les nombreuses photographies en noir et blanc, dont le fil d'Ariane
est l'usure du temps sur les êtres, les objets et la nature. Un crépuscule de la
création qui paradoxalement prend une aura d'éternité dès qu'il est figé sur le
cliché.
L'une des oeuvres maîtresses de cette exposition, qui
demeure d'une cruelle réalité, est Galosa Ionica photographié à Calabria. Sous
la valse de l'écume des vagues, avec un ciel parsemé de nuages sombres, un
bateau est échoué sur le flanc, tel un animal blessé, rongé par la rouille et
les vicissitudes du temps. Dans l'oeuvre Ruina de Nemea prise à Peloponesa, au premier
plan, telle une fresque de Goya, le regard est captivé par un squelette humain
étalé sur la roche, et à l'arrière plan, tels des gardiens de temple éternel,
des arbres sans feuilles se hissent dans l'horizon infini. L'enlacement des
ruines d'édifices et des statues avec des oliviers millénaires et des herbes
folles se succède dans des inspirations captivées sur les côtes siciliennes,
grecques et espagnoles.
Fernando Herràez est né en 1948 à San Fernando (Cadiz).
Après des études en pharmacie à l'université de Grenade, il poursuit en 1974 des
études de photographie à l'Ecole technique de Madrid. En 1979, il est membre
fondateur de l'agence de presse Cover. Professeur de UPA Alcobendas, il crée et
dirige depuis 2003 la Photescuel (école de photos) dans la même ville. En tant
qu'artiste, il s'est consacré pendant près de vingt ans (1971-1990), à
photographier la péninsule Ibérique.
Il en résulta cinq oeuvres : Ritos Ibericos I et II, Linea
de Plava, Sangra de toro et Terra ingnita. De 1990 à 1998, il a réalisé sa série
interprétative Escencias et Prescencias, qui marque par son esthétique une
véritable rupture avec ses oeuvres antérieures. Après avoir commencé en 2000 à
prendre en photo des paysages en format moyen, il se plonge dans l'exploration
des paysages de la Méditerranée dont les plus belles inspirations sont
présentées au public algérien. Une partie de son oeuvre est publiée dans six
livres et trente catalogues. Jusqu'à la fin du mois, les amateurs de cet art
pourront découvrir à l'Institut Cervantès les oeuvres de l'artiste qui «comme un
nouvel Ulysse désespéré d'arriver à Itaca, la pupille de Fernado Herraéz a
accroché un paysage éternel, les cieux orageux, le brouillard entouré entre les
ruines, l'eau, la terre, le naturel et l'artificiel, la légère trace de la
présence humaine, tous ces éléments construisent Mediterranéo, ce voyage
intermin able, cet espace sans frontières». La
Tribune (Alger)
16 Mai 2006 Publié sur
le web le 16 Mai 2006
Par Sihem Bounabi
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