Arts visuels - 5ème Biennale internationale du design de Saint-Étienne : fertiliser le terreau de création chez les designers

Le rendez-vous du donner et du recevoir. C'est désormais une tradition. Saint-Étienne accueille depuis quelques années, tous les deux ans, une biennale internationale du design.
L'événement sera du 22 novembre au 3 décembre prochain à sa cinquième édition. Et, ce millésime 2006 de cette manifestation stéphanoise enregistre une innovation de taille: Elle sera orchestrée par l'équipe de la Cité du Design, dirigée par Elsa Francès. Pourquoi? «Parce que, répond Michel Thiollière, président de la Cité du design et par ailleurs Maire de Saint-Étienne, dans un contexte d'économie mondialisée,nous avons l'obligation d'innover en permanence pour rester compétitifs, nous devons miser sur la recherche,apporter de la valeur ajoutée».

C'est là, selon lui, tout l'enjeu du design et du pari qu'a fait Saint-Étiennede se construire «un avenir prometteur en s'appuyant sur son riche passé de ville de création industrielle». La Cité du Design se veut un lieu de pointe qui développe une vision la rge de la profession. Celle, d'après sa directrice Elsa Francès, d'un design qui invente et concrétise de nouveaux «systèmesde vie» à travers les objets, les images ou les services.«La Cité propose, appuie-t-elle, une démarche de recherche, inscrite dans l'actualité et tournée vers l'avenir. Elle travaille sur des sujets pointus, identifie des manques, tente d'y répondre.

Elle construit une approche concrète et sensible de la prospective et de l'innovation et affirme le Design comme outil d'anticipation». La Cité du Design, pense-t-elle également, est un stimulateur pédagogique culturel, technique et scientifique au service de tous les publics( professionnels, artistes, designers ), fédère les professionnels du design, favorise la création au plus haut niveau, instaure une démarche qui favorise la création en s'appuyant sur l'Ecole des Beaux-Arts de Saint-Étienne, les réseaux d'écoles d'art Pour elle, la Biennale 2006 illustrera quelques uns des axes forts de la Cité du Desi gn en matière de création, recherche et prospective.«Elle mettra en avant l'équilibre nécessaire entre culture et économie et donnera la parole à tous ceux qui sont déjà les partenaires de la Cité au niveau régional, national et international.» assure Elsa Francès.

Les enjeux de cette 5ème biennale

L'événement nourrit cette année plusieurs défis. Etre un haut lieu de créativité,incarné principalement par l'Ecole des Beaux-Arts et les designers des différents territoires, un outil de dynamisme économique, un lieu de pointe dédié à la prospective, à l'innovation, associant économie et culture, qui considère le design comme un outil d'anticipation. Toutefois, la Biennale 2006 se singularise, par sa volonté de dédier des moments privilégiés à chacun de ses visiteurs.

Ainsi, les trois premiers jours de cette manifestation seront consacrés aux professionnels, aux journalistes, aux étudiants et acteurs économiques. Le grand public pourra, lui, dès le 25 novembre découvrir les créateurs venus du monde entier et rassemblés pour l'occasion à Saint-Etienne. Quand les groupes scolaires et enseignants seront accueillis durant cinq jours consécutifs, du 27 novembre au 1er décembre 2006. Autre nouveauté: la Biennale sera organisée au coeur de la Cité du Design, sur l'ancien site Giat.

Les friches de la Fabrique 5000 et de la Cité Berthiez. La ville de Saint-Etienne et son agglomération envisagent même de créer une dynamique sur ce site à la veille de l'ouverture de la Cité, en invitant les visiteurs et les habitants du quartier à visiter des bâtiments fermés jusqu'ici au public. Côté «expos», la Cité du Design a choisi, c'est une première, de faire appel à plusieurs commissaires, histoire d'offrir des points de vue différents sur les modes de vie de la société contemporaine à travers le design. L'exposition principale, «Cohabitations, vivre ensemble» est un véritable parti pris de Matali Crasset, visible à travers sa sélection et sa mise en scène des oeuvres provenant du monde entier. Elle sera installée au sein même de la future Cité, dans un site marquant de l'architecture industrielle de la région, repensé par les architectes Finn Geipel et Giulia Andi.

Seconde exposition importante, «Demain, c'est aujourd'hui» est l'oeuvre de Claire Fayolle. Elle s'i ntéresse au design prospectif développé par les entreprises. Commissaire général de la Biennale 2004, Céline Savoye pilotera, elle, l'exposition «Défilés de mode», qui se veut une représentation du monde de la mode avec la présence d'une dizaine de stylistes internationaux. Une kyrielle de commissaires et d'institutions mettra par ailleurs en place des processus d'innovation illustrant la relation « création entreprise » et le rôle stratégique du design notamment dans le développement des nouvelles technologies. Des séminaires, des formations et des ateliers seront organisés, transformant la Biennale en un moment de réflexion et de travail pour les designers, les industriels, les écoles, les enseignants.

A cela s'ajouteront des expositions dans les commerces, labellisées «Design & Shops» dont l'objectif est de provoquer des rencontres insolites entre designers et commerçants du centre ville, des animations plus festives, des défilés de mode, des événements «Off». Ce sera l'o ccasion, selon les responsables de la Biennale, pour tous les publics et les exposants de célébrer ensemble la Cité du Design, un an avant son inauguration officielle.

par Y. Sangaré
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