Mustapha Kharmoudi, La Colonisation Occidentale du Monde

La guerre actuelle que se livrent l'Occident et certaines mouvances islamistes ne serait qu'un leurre si ce n'étaient les victimes civiles par dizaines de milliers du côté arabo-musulman et par milliers du côté occidental. Car malgré la violence aveugle du terrorisme islamiste et malgré l'implacable dureté de l'agression occidentale, et contrairement à ce que certains esprits bien pensants ont voulu nous faire croire, l'enjeu n'est pas un conflit de civilisation : aucun des deux belligérants n'est porteur d'un quelconque projet de libération de cette humanité si mal en point.

Il ne s'agit, en fait, que d'un bras de fer entre forces objectivement alliées pour un rééquilibrage régional. Car en échange de loyaux services à l'Occident dans sa lutte contre l'ex-Union Soviétique, les islamistes escomptaient logiquement prendre le pouvoir dans les pays arabes et musulmans en lieu et place des dirigeants anciens alliés des soviétiques. Et ce sont les tergiversations occidentales perçues comme des trahisons qui sont à l'origine de la surenchère de violence de part et d'autre.

Les populations arabo-musulmanes n'ont rien à attendre de l'issue de ce conflit. Car si les islamistes l'emportent, ils bâillonneront leurs peuples sans remettre en cause le système économique qui cause les injustices le mécontentement et la révolte. Si l'Occident gagne ce bras de fer, il ne manquera pas de renforcer sa colonisation brutale du monde.

Dans l'état actuel du rapport de force, et contrairement à ce que le grand déploiement technique et technologique peut laisser
croire, l'Occident est bien à proprement parler le maillon faible.
L'Occident est largement rejeté par les populations arabes et
musulmanes à cause de la situation de colonisation dans laquelle
il les maintient par le truchement de petits rois émirs et présidents à sa solde. Ce rejet est légitime parce que l'Occident n'est plus que ce monstre économique et militaire qui broie sans scrupule les personnes et les peuples.

Il faut bien se rendre à cette évidence : c'est bien le Président Bush qui symbolise le vrai visage de l'Occident réel et actuel.
Seul un parti pris colonialiste pourrait encore défendre le
modèle occidental de colonisation du monde. Tous les occidentaux
savent - sans le moindre doute - que leur niveau de vie ne pourrait en aucun cas être généralisé à l'échelle de la planète. Pour deux raisons principales : la première est que le modèle a pour fonction première d'enrichir l'Occident aux dépens du reste de l'humanité.

La seconde raison est simplement d'ordre écologique : quand bien
même serait-il possible d''atteindre un tel niveau de gaspillage
que la terre n'y survivrait pas. Ce serait la ruine totale et
peut-être la fin de toute humanité.

Ce n'est pas une vision extrémiste que de rappeler que l'Occident ne peut plus être l'avenir de l'humanité, ni même un des avenirs possibles. Bien sûr, l'Occident, tout au moins à l'intérieur des murs de la citadelle, c'est aussi une immense richesse humaine et culturelle, des sociétés vivant dans un état de droit, la démocratie, une inestimable liberté de penser...Il faut être idéologiquement fanatisé pour ne pas souhaiter à tous les humains de pouvoir un jour bénéficier des immenses bienfaits de ces acquis. Mais la situation de colonisation du monde par l'Occident implique que la limite de la sphère d'application de ces droits ne doit guère dépasser les murs de la citadelle, à quelques exceptions près. Car nul ne pourrait concevoir - ne serait-ce qu'en théorie - que le modèle survivrait si tous les individus et tous les Etats pouvaient peser d''un même poids pour décider de la marche des affaires du monde : fixation du prix des matières premières, résolution des conflits, égale liberté de circulation des hommes et des biens...

Il suffit d'observer comment les multinationales occidentales gèrent le bien de l'humanité ; il suffit de voir comment les dirigeants occidentaux s'accommodent des relations inégalitaires entre les Etats, comment ils s'accommodent des dictatures et des tyrannies quand ils ne les encouragent pas à persévérer dans leur tyrannie et leur despotisme, hier au nom de la lutte contre le communisme, aujourd'hui et demain pour des raisons tout aussi peu crédibles.



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