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Matin
de New-York
dimanche
avant
la messe
café
branché
clients
austères
beauté
négligée et lente
sourires
flétris
la
voix de Leonard Cohen
se
mêle à l’espresso
waiting
for
a miracle to come
quelle
espérance
attise
la mémoire usée
d’une
épopée
dénuée
de prières?
la
flamme des héros
vacille
la
post-modernité
fatiguée
éteint,
un à un
ses
phares
fragiles
là-bas
sous
les cendres
s’agitent
les
cœurs tendres
et
les voix
troublantes
d’émotion
de
nos enfants
sacrifiés
à
l’autel
de
la désillusion
Sanctuaire
Plus
Majid avançait dans le temple obscur, plus son esprit s’apaisait.
Les remous faisaient place à un calme serein. Le
souvenir de son père – décédé l’année précédente – se mêlait
désormais paisiblement au rythme de son souffle, comme un ruisseau
déversant interminablement ses eaux dans un lac après la pluie.
Dehors,
quelques fleurs sauvages perçaient le tapis d’herbes folles.
Sous
un soleil radieux, les merles chantaient.
Lorsqu’il
pénétra dans l’alcôve du prieuré, il y trouva une seule bougie
qui tentait timidement d’éclairer les grands murs de pierre
grise. Le jeune homme s’assit sur un banc de chêne et
ferma les yeux. Il demeura ainsi recueilli pendant plusieurs
jours, blotti contre son Seigneur.
Ces
longues heures de quiétude et d’intériorité le transformaient
au plus intime de son être. Son âme devenait tendre comme
de la cire. Il entendait désormais respirer les pierres,
et captait clairement les cris – pourtant lointains – des enfants
du village.
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