Pierre DesRuisseaux

 DesRuisseaux

 J'écris comme on

entend

Volume
06   Issue04

              

       

      IKIRU WA SHINURU

      (La
      vie, c’est la mort)

       

      Le monde a abandonné

      suit la trace d’une trace

      aucune destination aucune naissance

      le roc à peine effleure le silence

      comme la nuit fragrante

      les arbres racontent sous nos yeux

      l’histoire de la lumière

      qui s’évapore dans l’espace

      je me mets à parler des possibles, de l’allume-cigares

      des papillons de nuit

      le chant d’autres lieux est venu

      piller la nuit qui a pris corps.

       

         

       

      SHINURU WA IKIRU

      (La mort, c’est la vie)

       

      Nous ne choisissons pas la question

      les choses passent, en silence

      repensent un champ, une clairière

      les choses racontent le vécu

              un peu, chaque jour

      on ne les entend pas, surtout ne pas les entendre

      le silence par le bruit

      creuse un trou de nouveau

      le même paysage mène ailleurs

      j’écris comme on entend

      comme on se met à parler

              au silence.

       

       

       

      Nous choisissons le monde

              l’histoire, les mots

      toutes choses passent, reconduisent

      chaque nuit au petit matin

      je me réveille sans cesse

              repense l’univers, les
      arbres

              qui ont vécu

      parfois j’écris à notre temps

      formule une seule question

      histoire de se perdre

              pour simplement savoir

              ce qui restera en mémoire

              d’un ici aimé.

       

       

       

      L’art jamais rencontré

      est l’étape informe

              vers la fin

      l’autre l’énigme du vivant

      très tôt situe devant l’infini problème

      de soi de l’autre       la démence qui est

      un rêve en images

      partout on tourne autour matière temporelle

      irrésolution de la présence soif peut-être

      toile d’araignée extensible

              pour appeler l’amour.

       

       

      Tout corps questionne

      frappe pour reprendre sa liberté

      fut-elle ressentie       si durement

      arrachée néanmoins

      pour enfoncer la limite

      pour se battre

      morcellement du corps

              se désintégrant dans le
      langage

      au-delà de la limite parmi

      les niaiseries les oiseaux en cage

      les soleils de glace

      tout corps s’ouvre sur l’extérieur

              et lui survivra.

         

 


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