Matin de Femme
Odeur de rouille
Cerne obstiné à ses mains
Appuyées au balcon
Crépis gris rose du mur
Qui s’effrite à ses pieds
Et la rue
Pareille, indifférente
Là-bas, un peu plus bas
Sous les draps
Plainte levée vers le ciel
Vaste comme le chagrin
Dont elle refait son lit
Calme, si calme
De ses mains
Fines tourterelles oubliées
***
Sépia
Orbe d’or pâle
La lampe à la fenêtre d’orage
Close sur des parfums
De fruits et de foin
Minces épaules penchées
Vers une table de bois sombre
Et ces doigts pour épeler
Le braille perdu de vies
Englouties par les ronces
Discrets les arbres fragiles
Dans leur lointaine cour de ferme
Scène muette de chants poignants
Comme le désespoir d’un enfant
***
Chemin Circadien
I
Le jour frémit, en sa première clarté. Fluide, il se disperse au multiple des oiseaux. Rejoint la profusion des taillis. Souffle oublié des nuits, il s'ouvre, étole des feuillages à leur éveil. Jusqu'à étreindre cette brèche, où nous faisons défaut.
II
L'églantier
Penché vers midi
A l'infini
Réfléchit le vol de l'oiseau
Et ces sentiers
Que nous ne connaîtrons pas
III
Sur un versant de combe
Comme flammes haut levées
Pour un drame tu
Les chênes
Et ce terme de l'essor
Rendu à une saveur de cendre
Quand éblouis d'incandescence
Nous nous effaçons
Dans le deuil de l'ombre
IV
Poussières d'âmes
Au vent rendues
Ultime espoir d'espace
En la demeure
Quels témoins
A leurs lueurs défuntes ?
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