Mohamed EL-OUAHED

Nouba du Hoggar

Paysages sublimes, couleurs de l’ocre qui exsude.
Vide absolu ou s’égrène le bruit du silence.
Murmures des friselis du sable en mouvance
Chaudes caresses du simoun, mer de solitude.

Lumière écarlate ou l’ombre fuit ses habitudes
Ciel et glèbe flamboient sur les sentes de l’errance
Et le reg soupir son mirage de nuances
Faste du Hoggar ! romance du tindi en prélude

Tassili seigneur des hommes bleus du désert
Farouches guerriers, poètes au langage disert

Les yeux sont en extase devant tant de splendeur
Tandis que le cœur languide s’enivre de l’oubli
Le temps se meut, s’effrite, le soir pose sa candeur
La nuit annonce la fête de l’Ahaggar en folie.

***

Déjà Vingt Ans

Déjà vingt ans, âge de ma servitude.
J’ai aliéné ma vie à une femme
Qui ne m’aime pas.

Déjà vingt ans, âge de mes souffrances
Pour avoir choisi la violence d’une braise
Qui me consume doucement.

Déjà vingt ans, âge de ma pénitence
Ou tant de fois j’ai pleuré
Sur l’épaule de la solitude.

Déjà vingt ans , âge de ma lassitude
De croire qu’un jour tout peu changer
Elle, moi, et, nos habitudes.

Déjà vingt ans, âge de mon silence
Prenant mon mal en patience
Pour un meilleur lendemain.

Déjà vingt ans, âge de mon indifférence
A toutes ces algarades, imbues de rancune
A le vouloir sans raison.

Déjà vingt ans, âge de ma faiblesse
Je n’ai pas su faire de différence
Entre la haine et la passion.

Déjà vingt ans, âge de mes espérances
De partir loin, sans laisser d’adresse
Et revivre seul, ce qui me reste de temps.

Déjà vingt ans , âge de mes plus beaux printemps
Qui se sont écroulés à jamais
Pour ne plus revenir, cependant

Déjà vingt ans, âge de ma sénescence
Qui n’en fini pas de déclamer
Le droit d’être aimer, pour autant


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