Malek Haddad, itinéraire d'un écrivain ignoré

"Malek Haddad ne mérite pas le procès de sorcellerie qu'on lui a intenté, c'est un homme de culture." Tels sont les propos tenus hier, par M. Abdelmadjid Merdaci, professeur à l'université Mentouri de Constantine, lors de la deuxième rencontre littéraire des talents, organisée au théâtre régional de Constantine (TRC), à l'occasion de la commémoration de l'anniversaire de la mort du grand poète et écrivain algérien d'expression française, Malek Haddad.

     Cette rencontre s'inscrit également dans le cadre de la consolidation de la mémoire spatio-temporelle de l'écriture, ainsi que de la revalorisation du rôle des nouveaux talents sur la scène littéraire. Le conférencier a fait référence au choix de la langue française comme expression littéraire, qui a valu à Malek Haddad les opprobres de ses détracteurs, tout en évoquant, dans ce contexte, son "cri de cœur" lors du colloque international consacré aux écrivains algériens en 1965 et qui s'est transformé, selon l'orateur, en procès politique, où Malek Haddad a ouvertement manifesté son indignation en disant : "Nous ne sommes pas des assassins."
     Le poète Med Abdelkader El-Akhder Es-Saïhia, quant à lui, a rendu un hommage au parcours littéraire et politique de l'écrivain, retraçant quelques souvenirs et anecdotes qui rassemblent l'itinéraire de l'écrivain : "Malek Haddad, né le 5 juillet 1927 à Constantine, fut le premier secrétaire général de l'Union des écrivains algériens, toutes langues confondues, et avait l'honorable perspective de "fonder un lien étroit" entre non seulement les écrivains, mais aussi ceux qui "rêvent de le devenir." 

     Ce poète a témoigné de l'amour inconditionnel que l'écrivain vouait à sa ville natale, relatant au passage la venue du poète syrien, Souleiman El-Issa, à Constantine, dont l'aspiration était de visiter cette ville tant encensée par l'auteur.
     Aussi, interrogé par un écrivain espagnol qui lui avait demandé s'il se considérait comme étant écrivain ou poète, Malek Haddad avait répondu, tout simplement, qu'il avait trouvé dans le récit "un moyen de faire ressentir les blessures du peuple algérien" et de s'exprimer sur ses relations avec son pays. 

     "Malek Haddad était un homme d'une extrême sensibilité, gentil, fidèle, humain par ses positions et de surcroît modeste", témoigne le poète Es-Saïhi. Le professeur Merdaci a, pour sa part, estimé que Malek Haddad faisait partie de cette génération exceptionnelle d'hommes qui ont marqué la scène littéraire par leur talent incontournable ainsi que par leurs apports à l'histoire et à la culture, à l'instar de Kateb Yacine, de Mohamed Belebdjaoui, de Mohamed Issyakhem, pour ne citer que ceux-là.

     Le professeur a tenu à mettre l'accent sur "la place exceptionnelle" que les Algériens devraient accorder à ce "grand écrivain", en attestant que son militantisme au sein du Parti communiste algérien était, pour lui, l'une des premières formes d'expression, car "très tôt, il s'ouvrit aux problèmes de sa société et ses engagements politiques étaient profond".
     Quant au directeur de la culture, M. Mohamed Zetili, il a, lors de son intervention, souligné que cette rencontre se veut être un message "aux jeunes écrivains, à la nouvelle génération".

par Nesrine B.
Le Jeune Indépendant

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