La fleur : métaphore de la passion dans « Henri d’Ofterdingen » de Novalis et « l’Arrière-saison » d’Adalbert Stifter

par Anne Lambrecht
Docteur en Etudes Germaniques
CEREL (Centre d’Etudes et de Recherche en Littérature)
Université de Lille

La fleur, symbole de l’amour qu’il soit rêvé, vécu ou sublimé a toujours traversé les siècles. Elle apparaît comme un élément évocateur du désir d’aimer ou d’être aimé. Les romantiques allemands l’ont souvent associée à une passion non avouée et pourtant si présente chez celui qui désire ardemment conquérir le cœur d’une bien-aimée. La forme poétique du monde que projettent les romantiques allemands dans leurs poèmes, leurs contes ou leurs romans transparaît dans la description de la fleur, et notamment dans la description de la fleur bleue. On constate toutefois que le fleur n’est pas seulement le thème privilégié des romantiques allemands, d''autres écrivains ont fait perdurer cette image de la passion par le biais d''une autre fleur, la rose, afin de mettre au jour une passion à la fois brûlante et discrète.

La métaphore de la fleur sera étudiée dans deux romans : « Henri d’Ofterdingen » de Novalis, écrivain allemand du 18ème siècle et « L’Arrière-saison » de l’écrivain autrichien Adalbert Stifter du 19ème siècle, afin de mettre au jour une écriture de la passion à la fois discrète et manifeste. A la lecture de ces deux romans, on remarque une filiation très étroite du phénomène de la fleur en tant que métaphore de la passion. Tous deux mettent en scène un jeune protagoniste prénommé Henri, issu de bonne famille, qui, un jour, décide de quitter ses parents et de se forger sa propre identité au cours d’un voyage formateur. Ces deux jeunes gens sont confrontés à de nombreuses étapes initiatiques au fil desquelles ils rencontrent un homme plus âgé jouant le rôle du formateur. Ils découvrent aussi leur penchant pour l’amour d’une femme, une passion qui se manifeste dans l’évocation d’une fleur. On peut dès lors s’interroger sur le rôle que revêt la fleur pour décrire la passion amoureuse. Chez Novalis, l’image de la fleur bleue invite à la recherche de la passion, tandis que chez Adalbert Stifter, la rose devient à la fois métaphore du souvenir de la femme aimée et conquête d’un nouvel amour.

1 - La fleur bleue de Novalis

Dès le premier chapitre, Novalis évoque l’attention curieuse que porte Henri sur les fleurs :

« Je n’ai jamais rien éprouvé de pareil : c’est comme si j’avais vécu en songe jusqu’à présent, ou encore comme si j’étais passé en dormant dans un autre monde ; car dans celui où je vivais d’ordinaire, qui donc aurait prêté attention aux fleurs ? Quant à une passion aussi insolite pour une fleur particulière, je n’en avais jamais entendu parler auparavant.- D’où provenait bien venir cet étranger ? » [1]

On constate que la fleur est un étranger, un terme qui apparaît dans des moments différents du roman et revêt pourtant toujours la même idée à savoir celle d’un médiateur entre le monde de la vie ordinaire et le monde supérieur.[2] En effet, la fleur bleue apparaît dès la page suivante quand Henri est plongé dans un sommeil profond. Le voici cheminant dans un monde inconnu, il traverse une forêt puis entre dans une grotte attiré par une vive clarté qui le mène vers une fleur :
« Ce qui l’attira d’un charme irrésistible, c’était, au bord même de la source, une Fleur svelte, d’un bleu éthéré, qui le frôlait de ses larges pétales éclatants. Tout autour d’elle, d’innombrables fleurs de toutes nuances, emplissaient l’air de leurs senteurs les plus suaves. Lui, cependant, ne voyait que la Fleur bleue, et il la contempla longuement avec une indicible tendresse. Il allait enfin s’en approcher quand elle se mit soudain à tressaillir et à changer d’aspect ; les feuilles devinrent plus brillantes et se serrèrent contre la tige qui s’allongeait ; la fleur s’inclina vers lui et les pétales formèrent en s’écartant une collerette bleue où flottait un visage délicat. »[3]

Cette fleur se distingue des autres par sa couleur, le bleu, certes il existe de nombreuses fleurs bleues, le myosotis, l’iris, la pivoine, cependant celle-ci ne ressemble à aucune autre et devient la fleur bleue avec un F majuscule. Elle réapparaît lorsqu’en Henri quitte sa patrie[4], la Thuringe, pour découvrir, dit-il la science de l’histoire humaine. Vaste programme s’il en est. Deux chemins s’offrent à lui pour y parvenir : l’expérience et la contemplation intérieure, c’est vers cette dernière que se tournera Henri afin de se découvrir lui-même.[5] La fleur bleue se manifeste une dernière fois au chapitre IV après les récits des chevaliers au crépuscule comme une fulguration lointaine.[6] La fleur transparaît donc dans un jeu de l’imagination, un état de semi conscience qu’est le rêve, Henri se détache de la réalité du monde extérieur et s’isole dans un monde merveilleux dont le rêve lui ouvre la porte. Apparemment sans lien logique, la fleur bleue devient pour le jeune Henri une quête poétique.

Quelle symbolique revêt cette couleur ? Le bleu est une couleur très présente dans la nature. Le bleu du ciel et le bleu de l’eau sont deux symboles récurrents de la mythologie égyptienne. Le bleu des profondeurs de l’eau représente la femme et le bleu du ciel incarne l’infini, le monde des dieux[7]. Dans la religion chrétienne, Marie porte souvent un manteau bleu, symbole qui réunit à la fois le ciel et la terre, l’ici-bas et l’au-delà. Le bleu indique également la fidélité, si on en croit le langage des fleurs, le myosotis et la pivoine symbolisent ce sentiment. Le bleu incarne aussi, selon les thérapeutes, l’inconscient, la profondeur de l’âme, la douceur et le calme.[8] Dans les contes de Grimm, le bleu apparaît sous la forme d’une lumière amicale, une lumière qui apporte joie et espérance. Traditionnellement le bleu est la couleur des bons esprits et des forces protectrices. Dans sa théorie des couleurs, Goethe dépeint la fascination que provoque le bleu.[9] Toutefois selon Goethe, si elle est décrite comme un voile noir, cette couleur peut également évoquer quelque chose de sombre, d’oppressant et peut-être même de dangereux. Kandinsky pour sa part décrit toute l’intensité des dégradés de bleu, inspirant calme et sérénité dans ses tons les plus pâles mais aussi gravité et tristesse dans ses tons les plus foncés.[10]

Ecrire la passion par le biais d’une fleur bleue, c’est ainsi que Novalis nous dévoile l’amour naissant du jeune Henri pour la jeune Mathilde. Le doux visage qu’il avait vu transparaître dans ses rêves au cœur de la fleur bleue, s’éveille à lui dans le chapitre VI du roman :
« L’éternelle jeunesse parlait dans ses grands yeux tranquilles. Sur leur fond d’azur clair, telles deux étoiles, les prunelles brunes brillaient d’un doux éclat. A l’entour s’inclinaient les courbes gracieuses du front et du nez. Son visage était un lys penché vers l’aurore, et de son cou svelte et pur partaient des veines bleues dont les sinuosités charmantes venaient contourner ses joues délicates. Sa voix était comme un écho lointain, et la petite tête aux boucles brunes semblaient flotter, légère, au-dessus de cette silhouette aérienne»[11].

Henri découvre dès lors la signification de la fleur bleue, il comprend qu’elle était l’élément évocateur de l’amour. A travers elle, il atteint quelque chose d’irrationnel, la passion, un sentiment qu’il avait déjà ressenti à la fin du premier chapitre : « Je m’éveillais un instant après et je me sentis ému d’une violente passion. »[12] . Arrivé à la fin de son voyage et après avoir rencontré par hasard une jeune fille prénommée Mathilde au cours d’une fête, Henri comprend alors le symbole qu''incarne la fleur bleue:
« Mon état d''âme n’est-il pas le même que dans ce rêve étrange, quand la fleur bleue m’est apparue ? … Quelle singulière correspondance y a-t-il entre Mathilde et cette fleur ? …. Oui ce visage qui surgit du calice et se pencha vers moi, c’était le céleste visage de Mathilde…. Et maintenant je me rappelle aussi l’avoir vu dans le Livre. Mais pourquoi n’a-t-il pas alors troublé mon coeur aussi vivement? ... Oh! Elle est l''incarnation de l''Esprit du chant, la digne fille de son père. C''est par elle que mon être va se résoudre en harmonies. Elle sera mon âme la plus intime, la gardienne du feu sacré. Quelle impérissable fidélité je lui voue en mon coeur! Je ne suis au monde que pour l’adorer, la servir éternellement, en faire l’unique objet de mes sentiments et de mes pensées. »[13]

Dans cette fleur sommeille inconsciemment le visage de l’amour qu’incarne la jeune Mathilde. Elle devient l’élément annonciateur d’un sentiment qu’Henri semble difficilement décrire. L’amour, couronnement d’un chemin initiatique, s’offre à Henri comme une variation colorée d’une fleur sous une lumière différente. Cette luminosité met au jour de nouvelles sensations qu’il ne faisait que présenter et dont il n’était absolument pas conscient.

Sa quête de la fleur bleue le mène à la découverte de la passion. On pourrait résumer le chemin parcouru par Henri en cette phrase : celui qui trouve la Fleur bleue trouve également l’Amour. Cette fleur réunit donc deux jeunes personnes qui éprouvent une passion réciproque, mais il ne s’agit pas d’un amour charnel, en effet seul un baiser sera le signe physique qui scellera leur amour. Il reste à l’état de sensation plus que de réalisation, à l’instar du roman lui-même, n’ayant pas été achevé à cause de la mort de son auteur, le récit de Novalis laisse le lecteur en quête de cette fleur bleue et de cette passion inassouvie. On sait par les notes de Ludwig von Tieck que Novalis voulait réintroduire cette fleur pour délivrer Mathilde d’un sort afin qu''elle et Henri soient ainsi réunis pour toujours à l''image d''une passion éternelle.

2 - La rose chez Adalbert Stifter

A l’instar de Kandinsky, à la fois peintre et philosophe, qui nous entraîne dans l’univers des couleurs tout en soulignant leur pouvoir et leur action sur notre conscience, les dégradés de bleu sont comparables à des instruments de musiques :
« A mesure qu’il s’éclaircit, ce qui lui convient le moins, le bleu prend un aspect plus indifférent et paraît très lointain et indifférent à l’homme, comme un haut ciel bleu clair. Plus il s’éclaircit, plus il perd de sa résonance, jusqu’à devenir un calme muet, devenir blanc. Musicalement le bleu clair s’apparente à la flûte, le foncé au violoncelle, s’il fonce encore à la sonorité supérieure de la contrebasse ; dans ses tons les plus profonds, les plus majestueux , le bleu est comparable aux sons graves d’un orgue. »[14]

La mélodie des couleurs fait également partie intégrante de l’écriture picturale du peintre-écrivain Adalbert Stifter. Les couleurs sont autant de notes de musique qui deviennent sous les traits du pinceau une véritable musique pour l’œil. Peinture et musique s’allient à des moments divers de l’activité littéraire de cet écrivain autrichien qui loin de conceptualiser une théorie des couleurs, comme l’avait fait Goethe, compare l’écriture de ses romans à des fresques représentatives des tourments et des passions de l’être humain.

Dans le roman « l’Arrière-saison », la fleur joue aussi un rôle prépondérant dans l’évocation et l’écriture de la passion. A la différence de la Fleur bleue qui n’apparaissait que dans les rêves d’Henri d’Ofterdingen, la fleur est à présent un élément à part entière du monde réel. Henri Drensdorf, jeune protagoniste du roman, se voit confronté en permanence à cette fleur qui apparaît dans presque chaque chapitre du roman. Cette fleur n’est pas bleue, elle se dessine sous de nombreuses facettes multicolores comme autant de variétés différentes de roses. La rose, signe de volupté et du désir ardent, rose pâle pour l’évocation de l’amour naissant et rouge velours pour l’intensité du sentiment, Henri la découvre au cours de son voyage initiatique qui le mène dans la maison où habite un vieil homme Risach. Voici la description qu’il en fait au début du roman :
« Quand je dis que la maison se revêtait d''une profusion de roses, il ne faut pas le prendre au pied de la lettre. La maison avait deux étages assez hauts. Le mur du rez-de-chaussée se revêtait de roses jusqu''aux croisées de l''étage supérieur. La partie restante joignant le toit était nue et c''était ce ruban lumineux et blanc qui, regardant le paysage m’avait pour ainsi dire attiré sur cette hauteur. ….. Se rencontraient là de surcroît presque toutes les variétés de roses que je connaissais et certaines que je ne connaissais pas encore. Les coloris allaient du blanc pur des roses blanches au rouge délicat, au pourpre et au rouge bleuâtre et bistré des roses rouges en passant par le blanc ocre et rosé des roses intermédiaires. Les formes et la structure variaient à proportion. Les plantes n’étaient pas réparties selon leurs couleurs mais la plantation semblait obéir à un seul dessein : aucune interruption ne devait advenir dans le mur de roses. Aussi les couleurs fleurissaient-elles dans un beau désordre. »[15]

Fasciné par sa décoration et son architecture florale, Henri ira même jusqu’à donner à cette bâtisse la désignation de « Maison des roses » tout au long du roman[16]. Ce n’est pas son véritable nom, Henri utilise cette expression car les murs de cette maison sont complètement recouverts de roses, formant ainsi une sorte d’armure qui servirait de défense, comme si quelqu’un voulait se protéger ou même s’interdisait d’aimer[17]. Risach, ce vieil homme, essaierait-il de se cacher, de se préserver d’une passion trop violente, comme si ce sentiment n’évoquait pour lui que souffrance et mélancolie Ce mur pourrait également s’interpréter comme étant une frontière entre deux mondes, le monde du jeune Henri, tourné vers l''extérieur et le monde de Risach, plus âgé, tourné quant à lui vers l''intérieur.

Henri ne découvre pas seulement une multitude de roses à l’extérieur comme à l’intérieur de cette quasi forteresse, elles sont aussi très présentes dans l’immense jardin.[18] On les retrouve à l’intérieur de la maison, une pièce bien précise « la chambre des roses » leur est même consacrée. Cette dernière ne sert que pour une invitée très particulière, Mathilde. Cette femme pour laquelle Risach a éprouvé un amour caché de jeunesse semble se métamorphoser dans la culture de la rose[19]. Chaque printemps et chaque été, celle-ci se rend chez Risach avec sa fille Natalie et tous s’émerveillent de la beauté et de la pureté de ces fleurs. Lors de l’éclosion des roses, les deux femmes font leur apparition dans cette maison qui leur semble toute désignée. Cependant si la couleur bleue n’est pas aussi éclatante que chez Henri d’Ofterdingen, elle apparaît encore dans les descriptions bleuâtres et violacées des roses : « Sur la table était un pot de fleurs avec une rose sombre d’un bleu presque violacé »[20] ou dans l’avant dernier chapitre « comme c’était la floraison des roses et que ces roses étaient prolifiques, on eût dit que se dressait là un temple de roses et que les croisées en étaient serties. Toutes les couleurs étaient présentes, du carmin le plus sombre et quasi violet au blanc en passant par le rose incarnat et le jaune. »[21] Un rapprochement entre Novalis et Stifter pourrait s''exercer dès lors que l’on apprend vers la fin du roman que Risach cultive la rose en souvenir de sa passion pour Mathilde, le prénom de la jeune femme est identique dans les deux romans. Mais à la différence du récit de Novalis cet amour reste inaccompli. Risach n’épousera jamais Mathilde, elle reste pour lui un souvenir très présent, une sorte d’amour éternel qui perdurera dans une rêverie intérieure sans fin.[22]

La passion qui anime Risach et Mathilde, va pourtant se raviver et retrouver une nouvelle jeunesse par la découverte de l’amour d’Henri Drensdorf pour Natalie, la fille de Mathilde. Henri découvre furtivement son visage en calèche et aussitôt il le compare à une rose. Au chapitre 7 au moment de l’éclosion des roses, Henri rencontre pour la première fois Natalie dans la maison des roses où une fête y est donnée. C’est à ce moment qu’Henri tombera amoureux de Natalie. Cette fête marquera le début de leur rapprochement, la déclaration proprement dite se déroulera vers la fin du roman dans une grotte au pied d’une fontaine, à l’abri du monde extérieur, comme ce fut le cas pour Henri d''Ofterdingen dans le récit de Novalis. La rose n''est plus perçue dans un aspect de fossilisation, mais plutôt dans un élan du coeur qui s''anime par le désir d''aimer l''autre. Dans le roman « L’Arrière-saison », Adalbert Stifter voulait dépeindre un amour idéal unique qui dépasse les générations avec la rose pour trait d’union. Il n’est jamais question d’amour charnel ni d’errance passionnelle. L’allusion au désir et à la sensualité est constamment repoussée. Wolfgang Matz déclare même que ce roman constitue une éradication de tout amour charnel et de toute passion. Il serait comme autant de réponses aux propres années de formation de l’écrivain qui n’a jamais pu obtenir les faveurs d’une jeune femme, Fanny Greipl, dont il était très épris et qui mourut très jeune[23]. Certes Stifter trouvera amour et compassion auprès d’Amalia Mohaupt une femme prévenante mais il ne pourra effacer le souvenir de la jeune Fanny, sa véritable passion de jeunesse. A force de transferts entre vie réelle et écriture, Stifter plonge le lecteur dans un univers artificiel identique à celui du jeune Henri de Novalis où l’amour revêt un caractère de mélancolie et d’immortalité.

La fleur bleue phénomène évocateur de l’âge d’or, dans lequel temps et lieu n’existent plus et où tout ce qui était séparé se retrouve unifié, la fleur bleue symbole du romantisme, devient une métaphore de la beauté et de l’harmonie, car dans le bleu de l’horizon vers lequel on se tourne sans jamais pourvoir l’atteindre, s’exprime la mélancolie. Autant la fleur est un organe du monde transrationnel pour Novalis, autant pour Stifter, il s’agirait plutôt de la paix inoubliable d’un amour véritable[24]. On constate cependant qu’il règne une atmosphère de souvenir et d’espoir chez Stifter, l’amour entre Risach et Mathilde n’est pas mort, il s’est retrouvé vivifié dans l’amour d’Henri et de Natalie. La rose renvoie inlassablement l’image intemporelle de la passion, une sorte de balancement du souvenir à l’espoir, ce qu’incarne le titre lui-même du roman, l’arrière-saison, une saison qui révèle non seulement un balancement de la nature mais aussi un renouveau des sentiments, une sorte de bonheur retrouvé[25] .

On remarque à la lecture de ces deux romans que l’écriture de la passion se transcende dans la fleur que celle-ci soit bleue ou rose, elle pérennise un amour partiellement avoué comme si écrire la passion consisterait à faire une allégorie de la nature. L’homme serait-il trop empreint de sa propre timidité pour oser dévoiler son amour au grand jour sans l’aide d’une fleur. Au fil des 18ème et 19ème siècles, l’écrivain allemand se fait porteur d’une lourde mission : élever la nature à l’état de secret et lui donner le reflet d’un sentiment intérieur. La nature n’est-elle pas un univers dont nous ignorons encore aujourd’hui beaucoup de choses, mais ses forces ne témoignent-elles pas en outre d’une véritable puissance intérieure comparable à la passion, une alchimie qui fait battre le cœur d’un homme pour une femme.

[1] Novalis : Henri d’Ofterdingen, traduit de l’allemand par Marcel Camus, éd. GF Flammarion, Paris, 1992, p.73.
[2] Novalis : Henri d’Ofterdingen, notes du traducteur p.259.
[3] Novalis : Henri d’Ofterdingen, p. 76.
[4]Novalis : Henri d’Ofterdingen, p.86.
[5]Novalis : Henri d’Ofterdingen, p.89.
[6] Novalis : Henri d’Ofterdingen, p.119.
[7] Malio Brusatin: Histoire des Couleurs, Flammarion, Paris, 1986.
[8] Dr. Wielant Hopfner : Die Farbe der Götter, http://www.fortunecity.com.
[9] J.W. Goethe: Matériaux pour l''histoire de la théorie des couleurs. Traduit de l''allemand par Maurice Elie - Presse Universitaire du Mirail – 2003.
[10] W. Kandinsky : Du spirituel dans l’art, et dans la peinture en particulier, éd Folio, 1954, p. 149-150.
[11] Novalis : Henri d’Ofterdingen, p. 162.
[12] Novalis : Henri d’Ofterdingen, p. 82.
[13] Novalis : Henri d’Ofterdingen, p. 168.
[14] W. Kandinsky : Du spirituel dans l’art, et dans la peinture en particulier, p. 150.
[15] Adalbert Stifter : L’Arrière-saison, traduit de l’allemand par Martine Keyser, éd. Gallimard, (titre original : Der Nachsommer), 2000, p. 40-41.
[16] Adalber Stifter : L’Arrière-saison, p.141.
[17] Anne Lambrecht : Le portrait d’un homme : Der Nachsommer d’Adalbert Stifter, Presses universitaires du Septentrion, 1998, Description de la ‘Rosenhaus’, p. 175-188.
[18] Adalbert Stifter : L’Arrière-saison, p. 51.
[19] Adalbert Stifter : L’Arrière-saison, p.117.
[20]Adalbert Stifter : L’Arrière-saison, p.385.
[21] Adalbert Stifter : L’Arrière-saison, p.574.
[22] Carola Salm : Reale und symbolische Ordnungen in Stifters ‚Nachsommer’, Europäische Hochschulschriften, éd. Peter Lang, Frankfurt am Main – Bern – New York – Paris, 1991, p. 48-49.
[23] Wolfgang Matz : « Le conditionnel du bonheur Adalbert Stifter et l’Arrière-saison », Atelier du roman, éd. La table ronde, Paris, septembre 2002, p.113.
[24] Edmund Godde : Stifters Nachommer und der « Heinrich von Ofterdingen », Untersuchungen zur Frage der Dichtungsgeschichtlichen Heimat des « Nachsommers », Dissertation, Rheinische Friedrich Wilhems-Universität-Bonn, 1960.
[25] Anne Lambrecht : Le portrait d’un homme : Der Nachsommer d’Adalbert Stifter, Presses universitaires du Septentrion, 1998, Un autommne estival, p. 317-321.





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