De l’africanité de Salvador da Bahia, par Abderrahman Beggar

par Abderrahman BEGGAR
Docteur en études romanes
département de langues et littératures
Université Wilfrid Laurier
Ontario, Canada

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Quand j’y pense, je me rends compte du rôle décisif de quelques lectures dans mes décisions, surtout quand il est question de grands départs. Ainsi, Taha Hussein et Balzac ont guidé mes pas vers Paris, nanti d’un billet de bus, 2000 dh (à peu près 200 euros), quelques petits gâteaux et une mer de rêves, le Chilam Balam de Chumayel, livre de mythologies mayas, m’a jeté sur les chemins de l’Amérique latine, les écrits de mon amie Marie-Odile Marion Singer m’ont conduit droit chez les Amérindiens Cho’ls du Chiapas (Mexique) pour un séjour qui bouleversa ma vie. Sans Hemingway, je n’aurais pas connu les Masaï du Kenya… Et c’est Jorge Amado qui a ouvert mes yeux sur la belle Salvador da Bahia.

Salvador est une ville qui se lit. Telle fut ma première pensée en y arrivant un soir, quinze ans après mon premier contact avec les écrits de celui qui éternisa l’esprit de la plus afro des villes du continent américain. J’avais l’impression de me promener dans un texte. Les pavés étaient alphabet, les rues des lignes, les murs des paragraphes et les rires des accents. Je croyais voir partout des personnages échappés droit de «Dona Flor et ses deux maris”ou «Bahia de tous les saints» ou «Gabriela, girofle et cannelle»… Tout mon séjour, je n’ai cessé de voir comment, en démiurge, l’écrivain a su transporter aux quatre coins du monde l’âme de la cité. Son imagination était havre pour Salvador et les Bahianais. Tout y logeait: danseurs, temples, fragrances, saveurs, échos…
La belle Bahia est une dame fière de son âge. Elle tire sa gloire des siècles qui reposent sur les murs de ses cathédrales et les érodent, pour leur parler à coups de tambours dont les rythmes nourrissent à jamais l’âme d’un peuple fier de l’Afrique d’où fut arrachée la racine qui au Nouveau Monde, sur une baie, au Nord-est du Brésil, prit le temps de tirer de ce sol le fil de sève qui donne ses couleurs à la belle fleur.

La vieille ville m’a accueilli une nuit où la brise amadouait les rumeurs, mêlait entre elles les senteurs et déversait dans mes oreilles le secret de comment de l’insomnie qui s’envole de son cocon avec des ailes faites de fines images. Une sérénité sublime étendait sur les places un voile d’une indicible majesté, don de l’auguste pleine lune que courtisaient d’éclatantes étoiles. Et en pèlerin, j’ai posé le pied au cœur de l’ancienne ville. La nuit m’a apporté tous les biens, sauf le sommeil. J’ai encore une fois souffert de ce mal qui ne m’épargne jamais chaque fois que je suis dans la catégorie de lieux habités de cet esprit qui fait de chaque détail une note dans une partition harmonieuse qui défie le temps. J’ai habité la note tout en lançant un regard chargé de nostalgie sur une zone que je cache en en moi qui ne fait surface que sous la magie des montagnes de mon Atlas ou dans quelques rares lieux où tout est incantatoire, même le détail le plus infime. Cette nuit était de celles où on sent la chaleur intime du vrai contact avec sa propre existence, où on peut s’amuser à l’étirer de tous les côtés, en refaçonner quelques parties tenues pour achevées, en repousser les ténèbres des cachots de l’oubli pour repêcher l’enfant que le masque de l’adulte tient à distance, renouer avec des petits trésors délaissés en agissant en antiquaire de ses propres galeries, et faire de ce butin un pont menant à une nouvelle vie.
L’aube m’a adoubé en chuchotant les paroles de Lope de Vega: «Je me succède à moi-même».

A Bahia, non seulement la ville se lit, mais aussi l’âme de celui qui sait l’écouter. Jorge Amado était de cette catégorie.
En Africain, je n’ai jamais senti le Brésil comme une terre étrangère. Je m’y considère chez moi, et je n’ai pas besoin de le prouver car les Brésiliens m’ont toujours accepté avec un geste sincère, étranger même à l’essence rituelle de l’hospitalité. Un océan nous sépare, mais, après le Nigeria, le pays qui compte le plus d’Africains n’est autre que le Brésil. L’Afrique y est conservée contre vents et marées et ses gardiens sont le commun des mortels, une Afrique servie dans des plats épicés, glorifiée par la voix inlassable de gens tel le vieux pêcheur Dom João, une Afrique qui habite dans les toits rouges, les ruelles dallées, les corps transpirants des danseurs, les intonations, les robes larges des mamas et leur tendre sourire servant des acarajès (beignets de farine de haricots) ou des muquecas (plats à base de poisson et lait de coco). Et je ne suis pas seul ici, sur l’autre rive de l’Atlantique, à sentir cette présence incontestée de mon continent. Ibrahima, le jeune sénégalais, celui qui tient une boutique d’artisanat africain, l’adorateur de thé et de causeries, m’a donné une idée sincère sur comment on trouve à Bahia une Afrique parfois plus étonnante que la vraie, celle du vieux monde. «C’est la baraka mon frère! J’aime cette ville!… Ces boubous et colliers partent comme des petits pains… Tout le monde en veut…Ici, les gens sont plus africains qu’en Afrique… Regarde, même les touristes, qui dans leurs pays se plaignent de nos vendeurs ambulants, viennent acheter ici des articles qu’ils peuvent trouver au coin de chaque rue… Et ce n’est pas que moi, les Nigériens ont eux aussi ouvert une boutique… Ici, on affine l’africanité à tel point que l’O.U.A viendra s’installer un jour juste en face de mon bazar…». Il y avait aussi Rabah, l’Algérien originaire d’une banlieue parisienne, marié à une Bahianaise, Traoré, Mamadou… Chacun y trouve la substance digne de combler les distances entre l’ici et l’ailleurs. Le temps ne fait que renforcer chez Bahia l’instinct maternel. Ils sont légion les adoptés de cette mère dont les enfants, descendants de l’Indienne Catarina et du naufragé portugais Carmuru, se mêlèrent aux nouveaux arrivants africains pour servir à l’Humanité ce bouquet de tolérance, joie et sincérité.
Les vents de la destinée poussèrent Amerigo Vespucci vers cette presqu’île le jour de la Toussaint de l’an 1501. Et c’est pour cette raison qu’il baptisa l’endroit Baía de Todos os Santos (Baie de Tous les Saints). Ainsi naquit l’idée d’édifier la première ville portugaise au Nouveau monde qui, par la suite, devint la première capitale du Brésil. Le roi D. João VI nomma Tomé de Souza premier gouverneur de la future cité et la première communauté portugaise, composée de presque un millier d’hommes (hommes d’Eglise, marins, marchands, architectes…), vint s’installer, au début, à Porto da Barra, le temps de la construction de l’une des plus prestigieuses villes anciennes du continent américain, devenue capitale du Brésil entre 1549 et 1763. Sur-le-champ, Salvador se convertit en plaque tournante dans le commerce triangulaire. Le premier arrivage d’esclaves, originaires essentiellement de l’ancien Royaume du Dahomé, du Nigeria, du Sénégal, du Congo et aussi de l’Ethiopie et du Mozambique, date de 1550. Sa position stratégique, aussi bien que la clémence de son climat et la beauté de ses paysages éveillèrent les convoitises des autres empires coloniaux. Les Hollandais s’en emparèrent et y restèrent entre avril 1624 et avril 1625, pour revenir, en 1638 essayer en vain, encore une fois, de l’occuper.

J’ai senti à Bahia cette même fierté des origines africaines qu’à Cuba. Tout participe d’une reconnaissance sans limites du passé, l’esclavage inclus. Au lieu d’en abroger les parties douloureuses, les gens préfèrent les regarder droit dans les yeux et tirer d’elles la substance de leur identité. Ici, esclavage ne rime pas avec inhibition. Au contraire, on le chante partout. Il suffit de regarder, par exemple, sur les plages, les danseurs de Capoira—cet art martial que les esclaves pratiquaient en cachette et leurraient leurs maîtres en prétendant effectuer une danse—avec comme témoins ces mêmes vagues qui jadis poussaient leurs ancêtres vers ces rivages pour se rendre compte combien leurs corps sont des marées qu’une mémoire, au même âge cosmique que celui de la baie, habite et ne veut à aucun prix se soulager de son fardeau. A Bahia, le passé s’est réconcilié avec le présent pour, main en main, contempler le futur avec confiance, de manière que l’histoire n’est pas confinée dans les musées—du moins dans leur qualité de «cadavres de la nation.”Il suffit de s’asseoir sur les marches de la Maison de Jorge Amado, et regarder O Largo de Pelourinho, le quartier qui inspirait l’auteur, avec ses merveilles baroques, l’église São Francisco, toute dorée, avec ses fameux «azuleijos» (zellijs, en marocain), l’église Rosário dos Pretos, la Catedral Basílica, l’élégance des dames, la nonchalance gracieuse des vieux, pour voir et sentir la finesse propre au style bahianais.

Le Pelourinho (qui veut dire pilori) servait de marché d’esclaves et aussi d’endroit de châtiment où les martyrs saignant à mort exposaient les visages de l’agonie dans la misère. Maintenant, au lieu de se voir banni, il est le cœur de la ville. J’ai même assisté à un spectacle très révélateur: une bande de jeunes musiciens armés de tambours faisaient trembler la place,, chacun une muselière, de celles qu’on mettait jadis aux esclaves. Ce spectacle me rappela ce que me dit une enfant de cette ville, bien des années avant, une amie que j’ai connue à l’époque où j’habitais à la Maison du Maroc, à la Cité universitaire internationale de Paris. La Maison du Brésil était juste à côté de la nôtre et Brésiliens et Marocains étions de très bons voisins. Elle m’a dit que chaque fois qu’elle passait par le Pelourinho, elle rendait hommage à ses ancêtres dont le sang distillait la mémoire et n’en gardait que ce nectar dont se nourrit la voix d’un Gilberto Gil ou d’une Maria Betanhia.

Au Brésil, on n’a pas besoin de martyrs.
Mes pas m’ont conduit chez le vieux barbier, un arrêt favori pour tout friand de sociabilité. Je ne fus pas frustré. Il était vieux, sec, couleur ébène, tout habillé de blanc, une grosse bague à l’auriculaire, ce qui accentuait la grâce de la main manipulant les ciseaux, on eût dit la baguette d’un maestro. Il méditait devant la géographie de crânes et mandibules et lançait des remarques du genre: «Ces rides sont aussi profondes que le fleuve Amazone». Il parlait, parlait, parlait et la clientèle était tout oreilles. Il m’a rappelé le barbier de mon enfance, celui qui nous a tous circoncis, qui pratiquait la saignée, arrachait les dents, mariait et avait la manie de réutiliser les rasoirs, à tel point que se raser le crâne était un vrai clavaire. Chaque fois que le sang jaillissait, un bout de la feuille de journal qu’il tenait sur la table, servait à colmater la brèche. Une fois la blessure était tellement grande que j’ai promené toute la journée, sans le savoir, au sommet du crâne, le portrait du camarade Brejnev, coiffé de sa chapka…

Je suis sorti de chez le barbier bahianais, baignant dans les poudres, fraîchement rasé, et, en dépit de mes protestations, les poils du nez et des oreilles coupés.
De là, je suis parti visiter la ville nouvelle qu’on appelle «Ville basse». Pour s’y rendre, on prend un ascenseur géant. A la sortie, une place avec des vendeurs d’artisanat et au fond un marché couvert. Avant d’aller au marché, je fus attiré par un couple de vieux musiciens qui grattaient leurs guitares en improvisant à longueur de journée. L’un d’eux m’a fait signe de m’asseoir sur l’une des deux chaises, juste en face. Je n’ai pas tardé à comprendre le pourquoi de cette invitation: j’étais au milieu d’un complot, et mes oreilles fraîchement déboisées s’exposèrent au déluge de traits d’un portrait finement satirique, traits que le public admirait plié de rire. Le plus drôle est que ces devins brésiliens avaient deviné au moins 70% de mes défauts.

Je n’ai pas pu rester pour les voir compléter le tableau, car j’avais rendez-vous avec Gerônimo et ses amis, des étudiants avec qui j’ai eu une très intéressante discussion, dans un café, à propos d’une myriade de thèmes, allant de la différence entre le carnaval de Río et celui de Bahia, aux voyages que le président Lula avait effectués dans cinq pays d’Afrique. Nous avons surtout parlé de Bahia et de l’Afrique. J’ai continué à discuter le thème que je n’arrive jamais à épuiser chaque fois que je suis avec un grand ami canadien, animateur d’une émission de blues dans une radio locale, qui a visité le Maroc à deux reprises. Depuis qu’il a mis le pied à Essaouira, il ne cesse de comparer les me’allames gnawas·, Baqebou et Guinia à Jimmy Handrix et à d’autres maîtres de la musique noire nord-américaine…
Cette fois, nous avons parlé surtout de la place de la culture Yoruba (Nigeria) et de l’Afrique de l’Ouest dans l’identité non seulement bahianaise, mais aussi, de manière large, américaine (en référence au continent américain où tout le monde est américain). A Bahia est né le culte appelé Candomblé, une synthèse de croyances africaines que les esclaves ont su et pu pratiquer en cachette jusqu’à l’abolition de l’esclavage en 1888. Le Candomblé, de même que la «Santería”cubaine, le Vaudou ou Vodun haïtien, le Voodoo en Louisiane et le Shango à l’île de Trinidad, appartiennent au même paysage spirituel, avec fond yoruba.

Pour éviter les foudres de l’Eglise romaine et de l’Etat, les esclaves ont caché leurs divinités sous un masque catholique. Ainsi le créateur suprême Oxalá se cachait derrière son équivalent Senhor do Bonfim (Jesus Christ), la déesse des océans et de l’eau fraîche, Yemanjá, logeait sous le masque de Notre Dame de la Conception (la Vierge Marie), Ogún, le dieu des guerriers, sous celle de Saint Georges, Omolu ou Obaluiae, dieu de la santé, sous celle de Saint Lazare…
Le syncrétisme religieux est très commun en Amérique, aussi bien chez les esclaves que chez les Amérindiens, phénomène qui permet la survie des religions locales, sous un vernis catholique. Or, avec le temps, le Candomblé ne cachait plus ses aspirations à se libérer du poids ecclésiastique; le 23 juillet 1983, en pleine agonie de la dictature militaire, les participants à la Seconde conférence de la tradition Orishas sont sortis avec un manifeste, publié dans le «Jornal da Bahia”dénonçant le syncrétisme et revendiquant la pleine reconnaissance du Candomblé comme religion, statut qu’il conserve jusqu’à maintenant.

Après cette excitante et riche discussion avec Gerônimo et ses amis, l’heure que j’attendais depuis des années est enfin arrivée: assister de près à une cérémonie Candomblé. La mère de Josinho était de la fête. Le terreiro (temple) se trouvait à quelques kilomètres de la ville, dans un quartier pauvre. A l’entrée, des statues à l’honneur de Ogun, le dieu de la guerre, Olorum, le seigneur des Orixas (divinités) et autres dieux, probablement, entre autres, Oyá, le dieu de la pluie et du vent. Les tambours résonnaient et des processions de danseurs, hommes et femmes, dans des habits d’une rare élégance, avançaient, en tournoyant et se prosternant devant la Ialorixá, dame de la maison ou mère du saint, et le bablorixá, père du saint, les deux entourés de la Iakekerê ou petite dame de maison et des Ebomins, ou filles du saint. Deux questions s’imposent: la première, comment ont-ils pu conserver cette hiérarchie sacerdotale malgré l’esclavage qui ne reconnaît aucune forme d’organisation socio-culturelle? La seconde, pourquoi cette prédominance féminine dans le culte? A la première question, la réponse se trouve dans le phénomène «résistance culturelle», très présent au Brésil, et pour ce qui concerne la seconde, elle trouve son explication dans le fait que pendant que les hommes peinaient dans les champs de canne à sucre, les femmes se consacraient à sauvegarder l’identité collective par la force du rite.

Le sol du terreiro était couvert de feuilles d’arbres, destinées à absorber le mal. Tendant l’oreille aux rythmes qui faisaient vibrer les lieux, j’ai passé des heures à assembler les bouts d’un puzzle musical dont la maquette se trouve dans l’Ouest Africain: j’avais devant moi une version très proche de la fameuse sortie de masques, cérémonie qu’on trouve au Bénin (ex-Royaume du Dahomé), au Nigéria et, sous d’autres versions, au Mali, au Sénégal, Congo et Côte d’Ivoire. C’est d’ailleurs dans ces régions que naquit le fameux «dos, tres» (deux, trois) ou «Clave» (clef) qui donna son assise au «son» cubain né au XVI siècle à Santiago, et que nous retrouvons dans la «salsa», la «chachá”et la «rumba».
Les chants s’élevaient et les danseurs changeaient de costumes et de rythmes. L’Afrique parlait à travers les visages, les pas cadencés, les cris des fidèles appelant les Exu, les messagers des Orixas, l’odeur d’encens, les plats raffinés, le cliquetis des fers, symbole de Ogún, dieu de la guerre, la statue en bois, là où le père et la mère du saint se tenaient… Objets liturgiques et humanité se mêlaient pour se convertir en ce que Mercia Eliade appelle «axis mundi”(axes du monde), ces échelles invisibles entre sacré et profane. Les échelles étaient tellement solides que, parmi l’assistance, il y avait des vieilles dames, parfois octogénaires, probablement descendantes directes d’esclaves, qui dansaient avec l’agilité d’un enfant. L’un des joueurs de tambour était manchot, et son moignon imprimait sur le cuir de son instrument l’emblème d’une autre force qui courbait le handicap. Le premier à se laisser toucher par la grâce était aveugle, souffrant d’amaurose. Il est tombé en transe, criait d’une voix étrange et n’a pas tardé à guider la danse. Il se dirigeait avec l’habilité d’un poisson doté d’un sonar. L’homme défiait les lois de la pesanteur, comme s’il s’apprêtait à prendre l’envol, effleurant à peine de ses pieds frêles, naguère maladroits, un sol qui ne le reconnaissait plus. Il était au milieu de ce même tourbillon qui se saisissait des amarres du conscient et les éclatait en mille morceaux.
Une ambiance de joie sereine régnait dans les lieux. Que d’affection! Que de respect! Que de discipline! Que de beauté!

Il était deux heures du matin quand j’ai quitté cet endroit et, au lieu de me rendre à l’hôtel, j’ai préféré errer dans la nuit, aux sons de vagues faisant à jamais la cour à la belle Salvador. J’étais comme celui qui venait de découvrir une cité perdue. La cité perdue est cette Afrique des origines, l’édénique qui ignorait encore les drames de l’esclavage, la colonisation, la famine, les épidémies et les guerres, que le peuple de Bahia célèbre toutes les nuits jusqu’à réduire à zéro l’épaisseur de l’océan et des siècles.

· Les Gnawas sont des descendants d’esclaves originaires d’Afrique subsaharienne. Un Me’allame est un musicien et chanteur gnawi.

A propos de l''Auteur
Abderrahman BEGGAR
abeggar@wlu.ca

FORMATION ACADEMIQUE
1999 : Doctorat en études romanes, Université de Paris-Sorbonne.
1994 : Diplôme de cycle diplomatique supérieur, option stratégie
Centre d''études diplomatiques et stratégiques, Paris.
1995 : Diplôme de protocole diplomatique
Académie diplomatique internationale, Paris.
1998 : Diplôme d’études approfondies en études romanes
Université de Paris-Sorbonne, Paris, France
1990-1992 : études en anthropologie culturelle (niveau D.E.A)
Ecole des hautes études en sciences sociales, Paris, France
1987 Baccalauréat en études hispaniques
Université Sidi Mohammed Ben Abdullah , Fès, Maroc.

EXPERIENCE PROFESSIONNELLE
2006- Professeur adjoint en français, arabe et études méditerranéennes au département de langues et littératures, Université Wilfrid Laurier, Ontario, Canada.
2005-2006 : instructeur en espagnol, arabe et études méditerranéennes au département de langues et littératures, Université Wilfrid Laurier, Ontario, Canada.
2001 : consultant auprès du quotidien national marocain Libération
2000-2001 : instructeur d’espagnol,
Université de Wilfried Laurier, Ontario
1989 -2000 : professeur d’espagnol dans le secondaire,
Ministère de l’éducation nationale, académie de Créteil, France.

INTÉRÊTS ACADÉMIQUE
_ Questions d’altérité dans le discours littéraire et journalistique.
_ Littératures des diasporas maghrébines francophones
_ Études comparées (mondes francophones, arabophones, hispanophones et anglophones)

PUBLICATIONS

Livres :
_ Art nomade : l’écriture migratoire chez Hédi Bouraoui, Nouvelle Orléans, Presses Universitaires du Nouveau Monde (accepté pour publication)
_ L’Amérique latine sous une perspective maghrébine, Paris, L’Harmattan (sortie prévue pour décembre 2006)
_ Le chant de Goubi, Paris, L’Harmattan, 2005.
_ La transition au Nicaragua vue de Paris et Madrid dans la presse quotidienne, Harmattan, Paris, 2001.

Chapitres dans des livres :
_ « French Republican values and camps during the War of Algeria » in Literature and concentration camps, Ed. Marta Marín, Wilfrid Laurier University Press (sortie en 2007)

_ “Son Tay” in Dernières nouvelles du colonialisme, Ed. Jean Luc Raharimanana, La Roque d’Anthéron: Vents d’ailleurs, 2006.

_ “Peru: The path of terror” in When States Kill: Latin America, the U.S. and Technologies of Terror, Huston, University of Texas Press, 2005.

Conférences:
_ “ De la notion de frontière dans l’oeuvre de Hédi Bouraoui”, 16ème colloque de l''APLAQA, Université de Moncton, 13-14 octobre 2006.
_ « Pour une définition de l’écriture migratoire chez Hédi Bouraoui », colloque de l’association des littératures canadiennes et québécoises, Toronto, 25-27 juillet 2006.
_ “The US and terrorist states in Latin America”, Séminaires de la Faculté d’éducation, Western Ontario University, 26/11/2004.
_ «Le litteraire et le journalistique dans ‘Amor America’ de Maruja Torres», Congreso humanistico del Caribe 2002, Université de San José.
-«Estragias de representación del líder desaparecido. El caso Sandino.", Neuvième congrés international sur la littérature centraméricaine: Belize, 28 fév. Au 2 mars, 2001

Articles :
1- "La mort de P. Trudeau vue par un hébdomadaire francophone en milieu anglophone", Sémiotique appliquée, Université de Toronto, # 11-12 : hiver 2002.
2-«Cuerpo y poder en ''La carne'' de Virgilio Pinera» in Cuaderno Internacional de Estudios Hispánicos y Lingüística, # 2, 2002.
3_ "Intégration à l''espagnole" in Afriquecultures, # 46, february, 2002.
4-« le chasseur et le vautour », Libération, 22/05/2005
5-“Entre Lac Huron, Canada, Dhar El Mehrez, Fès, et Copán, Honduras”, Libération, 01/12/2004
6_ « Rêveries à Bélize », Libération, 28/10/2004
7_ « Etre Musulman au Canada », Libération, 29/07/2004
8_ « Face aux derniers Tomarahos du Paraguay », Libération, 15/07/2004
9_ « Bonjour Paraguay », Libération, 06/07/2004
10_ « Chroniques uruguayennes », Libération, 04/06/2004
11_ « Authenticités argentines », Libération, 31/05/2004
12_ « Argentine :quand des mères vainquent des dictateurs », Libération, 22-23/05/2004
13_ « L’anthropologie en mal d’indigènes. Mémoires d’une expérience de terrain chez des Amérindiens du Chiapas, Mexique », Libération, 09/03/2004
14_ « De l’exception mexicaine », Libération, 20/02/2004
15_ « Vivre le Mexique à Paris », Libération, 17/02/2004
16_ « Voyage à Manaus et en Amazonie brésilienne », Libération, 08/02/2004
17_ « Hommage au Brésil, notre voisin lointain », Libération, 02/02/2004
18_ « Cancun : le vrai visage du monde », Libération, 17/10/2003
19_Cuba : à la recherche du Maure perdu », Libération, 6-7/08/2003
20_ «Cuba: comment vivre sous embargo ? », Libération, 29-30/08/2003
21_ «Nicaragua : il était une fois la révolution III », Libération, 15/08/2003. »
22_ «Nicaragua : il était une fois la révolution II », Libération, 08/08/2003. »
23_ «Nicaragua : il était une fois la révolution I », Libération, 04/08/2003.
24_ « Lula, un timonier en mer agitée », Libération, 02/07/2003.
25_ « Le Pérou et son interminable via dolorosa », Libération, 26/07/2003
26_"Espagne : pourquoi le Maroc dérange? Et qui au juste?", Libération, 08/01/2002.
27_ "Comprendre le marasme argentin", Libération, 28/12/2001.
28_"Argentine, une abdication qui sanctionne une crise", Libération, 24/12/2001.
28-"Les malentendus de l''histoire", Libération, 25/11/2001.
30-"L''Amérique latine et nous", Libération, 21/ 11/ 2001.
31_ "M. Azurmendi y estos ''rebaños'' de inmigrantes", Diario de Almeria, 05/02/2001.

Articles soumis pour publication:
_ “L’écriture migratoire chez Hédi Bouraoui”, Présence francophone.
_ « Le stuatut du créateur dans ‘Transpoétique : éloge du nomadisme’ de Hédi Bouraoui », LittéRéalité, Université de York

GROUPES DE RECHERCHE ET ASSOCIATIONS
_Association des Auteures et Auteurs de l’Ontario Français.
_American Association of Arabic Teachers.
_ RECA ( Réseau d’Etudes Centraméricaines)
_ Rumbos (Centre national de la recherche, France)
- 1995-98 : Centre d’analyse du discours. Analyse du discours médiatique, Université de Paris 8.
- 1994-95 : Géopolitique du post-communisme. Centre d''études diplomatiques et stratégiques
- 1991-92 : Pour une socio-sémiotique du discours de la transition espagnole, Institut d''Etudes Ibériques et latinoamericaines.. Université de Paris-Sorbonne
- 1991-1992 : Les limites de la traduction. Institut d''études hispaniques. Institut d''Etudes Ibériques et latinoaméricaines. Université de Paris-Sorbonne
- 1988-89 : Histoire de la presse quotidienne espagnole. Institut d''Etudes Ibériques et latinoaméricaines. Université de Paris-Sorbonne.

ACTIVITÉS LITTÉRAIRES ET ACADÉMIQUES :
_ Invité au salon du livre, Paris, mars 2006.
_Invité au Maghreb des livres, Paris, février 2006.
_Membre de jury pour le Prix du Gouverneur Général du Canada, 2005.

BOURSES :
_ Bourse de recherche du Vice-président académique, Université Wilfrid Laurier, 2005.
_ 1983-1987 : bourse du Ministère de l’éducation nationale, Maroc.
_ 1985 : Bourse de Ministère des affaires étrangères de l’Espagne.
_ 1987-1994 : bourse du Ministère de l’éducation nationale, Maroc.

LANGUES PARLEES ET ECRITES:
_ Arabe, français et espagnol, anglais.


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