Au bord de notre plèvre
est assis un oiseau
noir près de notre rouge
témoin de l’Autrement
nous ne l’entendons pas
il sautille en champ d’herbes hautes :
bronches
système micro-
circulatoire
il explore
couloirs artériels, cavités dans le cœur,
revient à son logis de plèvre
un soir siffle sur notre vie
il désirait il a cessé il a passé nous de même
***
Jour
tinté d’heures
doigt
sur lèvre
sang qui affleure
folie du vent
le ventre sourd
attend la fugue
du corps dans l’horizon.
***
Irais-je oublier le sadisme du monde les corps
tourmentés
comme voici quarante , soixante ans, et des millénaires?
mais vous ignorerais-je
mots rutilants, sexe, caresse , pleurs au milieu du désir?
Non. Que je ne mange
nulle cendre d’oubli
au milieu des profanations, des agonisants
non séparables
de la musique et de l’olive douce
dans notre destin double-face
***
Mais en me retournant
ce n’est pas la guerre pas la haine
que je veux voir
c’est la douceur de la Paix romaine
répandue dans les vignes
et les monuments, de Trèves à Hippone.
Mais en me retournant
c’est un plateau vide encore de moi
et qui redevient
sans moi bientôt
oui je tourne
aussi vers le futur, comme une croix
trace un cercle en animant ses bras
le jadis , le bientôt se rassemblent au centre
la douceur éphémère s’étend
du nadir au zénith.