Marie-Claire Bancquart, Poésies Inédites

      Au bord de notre plèvre
      est assis un oiseau
      noir près de notre rouge
      témoin de l’Autrement

      nous ne l’entendons pas
      il sautille en champ d’herbes hautes :
      bronches
      système micro-
      circulatoire

      il explore
      couloirs artériels, cavités dans le cœur,
      revient à son logis de plèvre
      un soir siffle sur notre vie

      il désirait il a cessé il a passé nous de même

      ***

      Jour
      tinté d’heures

      doigt
      sur lèvre

      sang qui affleure

      folie du vent

      le ventre sourd
      attend la fugue
      du corps dans l’horizon.

      ***

      Irais-je oublier le sadisme du monde les corps
      tourmentés
      comme voici quarante , soixante ans, et des millénaires?

      mais vous ignorerais-je
      mots rutilants, sexe, caresse , pleurs au milieu du désir?
      Non. Que je ne mange

      nulle cendre d’oubli
      au milieu des profanations, des agonisants

      non séparables
      de la musique et de l’olive douce
      dans notre destin double-face

      ***

      Mais en me retournant
      ce n’est pas la guerre pas la haine
      que je veux voir
      c’est la douceur de la Paix romaine
      répandue dans les vignes
      et les monuments, de Trèves à Hippone.
      Mais en me retournant
      c’est un plateau vide encore de moi
      et qui redevient
      sans moi bientôt
      oui je tourne
      aussi vers le futur, comme une croix
      trace un cercle en animant ses bras

      le jadis , le bientôt se rassemblent au centre
      la douceur éphémère s’étend
      du nadir au zénith.



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