Monsif Ouadai Saleh, Le serment foetal

    Quel berceau de sens te donne cet éclat
    Qui n'a ni horizons ni racines?
    De quelle matière tu es né
    Toi qui berces le temps de tes incantations sublimes,
    Toi qui épuises l'élévation au cœur même
    De mon souffle infime?
    Dans mes questions je t'adore,
    Dans mon adoration je te chante
    Mon adoration papillonnante.
    Dans ton sourire je berce
    L'éternité lancinante de mon silence
    Et la sarabande voilée de mes prières
    Y devient astre écarlate.

    Les rêves sempiternels
    De mon infimité
    Ebranlent le temps,
    Contrepoint bacchanal de la folie,
    Anathème de la sérénité;
    Forts du serment fœtal,
    Ils ne craignent pas que tu pares
    De blasphèmes tes idoles,
    Que tu arraches le follicule de l'ombilic
    Par tes parjures cyniques
    Et tes ailes qui baptisent de doute,
    Et d'angoisse convulsive, de méfiance
    Les ondes, les harmoniques de la matrice.

    Tes voiles lourdes d'interrogations
    Tracent dans l'oculus de l'horizon
    Des sillons d'amertume.
    Tes vents scandent les requiems,
    Les dépouilles opimes.
    Tes nuages nourrissent l'oppidum
    De ton ironie de cendres,
    De mort homonyme.
    Tes feux embrasent d'orgueil les cimes
    De tes obélisques, vigiles de la vanité,
    Offense sordide du vacuum,
    Sentence du serment natal
    Qui enferme dans ton pyramidion de cyclope
    Le mystère du serment fœtal.
    Et les rêves viennent de l'écart entre
    La terre et le défi du phallus,
    Viennent serment fœtal et
    Non lapsus.



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