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«Réduit
à sa forme la plus simple et
essentielle,
le poème est une chanson»
Octavio
Paz
Dans un mois
dans un an
Quand je
retrouverai Montréal
À la saveur des
premiers fruits
À l'odeur des
premiers jardins
Quand les
enfants dans leurs pas perdus
Passeront devant
le presbytère désert
Alors je me
rappellerai
Mon enfance
oubliée
Et les morts
aimés
Je me
rappellerai de cette ville
Qui à la fois
aveugle et éclaire
Dans un mois
dans un an
Je me
rappellerai de Montréal
De jour de nuit
Ce paysage
sauvage
À travers la
jungle des lettres et des sons
Je me
rappellerai Montréal
En pièces
détachées
Montréal
l'esclave insoumise
Je me
rappellerai la-rue-sans-nom
Celle qui
descend vers le fleuve
Loin de la magie
urbaine
Et du tam-tam
quotidien
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