Festival documentaire sur l'histoire coloniale, du 3 au 11 février 2007

Samedi 3 février, "Week-end : Les Images de la guerre d’Algérie"

CARTE BLANCHE A BENJAMIN STORA / INVITES : COSTA GAVRAS - YVES BOISSET
A partir de 10h

tarif :10 € ; Journée entière comprenant les projections, deux repas et pause thé.
tarif : 5 € ; Demie journée comprenant les projections, un repas et pause thé.
Sinon l'entrée est toujours sur libre participation.

« Les années algériennes » de Benjamin Stora, Philippe Alfonsi, Bernard Favre, Patrick Pesnot.
Les années algériennes est une série documentaire de 4h diffusée sur Antenne 2 en septembre-octobre 1991. Elle a été réalisée par Bernard Favre, produite par Philippe Alfonsi et conçue par Benjamin Stora. Programmée au moment du trentième anniversaire de l'indépendance de l'Algérie, l'entreprise a nécessité deux ans de travail autour d'une centaine de témoins, de centaines d'heures de documents filmés (archives de l'INA et de l'ECPA). Il ne s'agit pas ici de raconter simplement la guerre d'Algérie, mais de la comprendre, sans excuser les différents acteurs. Tous les points de vue sont représentés, du soldat à l'immigré algérien, du pied-noir au harki. L'auteur, l’historien Benjamin Stora, a estimé qu'il était trop simple de juger ou condamner, mais plus instructif, et plus utile, d'analyser les responsabilités pour espérer se prémunir contre un mauvais futur. Peu de grands noms dans ce défilé des témoins et des acteurs. La parole est ici donnée aux anonymes qui ont vécu cette guerre au quotidien. Ils se confrontent à leurs souvenirs et à leurs oublis, et posent des questions : la haine, la violence, les bombes, les massacres étaient-ils évitables ? L'indépendance algérienne pouvait-elle se payer d’un prix moins lourd ? Des deux côtés de la mer, ces points d’interrogation continuent toujours de tarauder souterrainement plusieurs générations.

10h : Première partie : « D’amour et de haine »
(63 mns)
- L’Algérie d’avant la guerre, l’Algérie coloniale, l’insurrection du 1er novembre 1954…
11h : Deuxième partie : « Les tricheurs »
(67 mns)
- L’envoi du contingent, la bataille d’Alger, au terrorisme de FLN, l’armée française répond par la torture.

12h : Pause Repas

13h : Troisième partie : « Je ne regrette rien »
(61 mns)
- De Gaulle parle d’autodétermination, le putsch des généraux, la création de l’OAS, l’Algérie flambe, le départ d’un million de pieds-noirs, le massacres des harkis.

14h30 : « Algérie été 62, l'indépendance aux deux visages » de Benjamin Stora et J.M Meurice
(2002, 53 mns)
Ce film revient sur les mois qui ont suivi la proclamation de l’indépendance en Algérie, le 5 juillet 1962. Quarante ans après, une dizaine d’acteurs de la révolution algérienne -leaders historiques de l’insurrection, chefs des maquis de l’intérieur, cadres de l’Armée des frontières, responsables de la Fédération de France du FLN…-, interrogés par l’historien Benjamin Stora, évoquent, devant la caméra de Jean-Michel Meurice, cet été pendant lequel les nationalistes qui venaient d’en finir avec la guerre contre le colonisateur se sont affrontés dans une terrible bataille pour le pouvoir, jusqu’à la victoire d’Ahmed Ben Bella.
Tout au long de ce documentaire de 52 minutes, illustré d’images d’archives, ces hommes, qui ont joué un rôle essentiel dans la guerre d’indépendance, racontent l’été 1962, en partant de la signature des accords d’Evian, le 19 mars. Car, pour comprendre les évènements qui ont conduit à la discorde et à la dégradation du processus algérien, il faut avoir une vision nette de cette révolution géographiquement écartelée entre les maquis de l’intérieur, (des hommes très affaiblis par la guerre), l’Armée des frontières stationnée au Maroc et en Tunisie, le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA, basé à Tunis) et les « chefs historiques » de l’insurrection (arrêtés en octobre 1956 et prisonniers en France). Un écartèlement qui va façonner l’histoire politique algérienne.

15h30 : Réflexion sur le rapport de l’historien aux images. Débat avec Benjamin Stora
L'historien des faits politiques est intéressé, ou concerné, par le cinéma pour plusieurs raisons. Avec la source écrite et les témoignages oraux, le cinéma apparaît comme une source nouvelle pour écrire l’histoire contemporaine du XXe siècle. Le cinéma n'est pas simple reflet, miroir de sociétés, mais aussi un formidable catalyseur de mémoire. Il introduit également une forme de support essentiel pour l'observation des traces historiques. Certes, la littérature compte pour beaucoup dans les fabrications d'imaginaires. Mais l’image cinématographique et dans une moindre mesure, télévisuelle, dispose en cette fin de XXe siècle d'une « puissance de feu » impressionnante. Benjamin Stora explique son travail d’historien confronté à la « fabrication » d’images pour les documentaires.

16h30 : Pause Thé

17h : « La Bataille d’Alger » d’Yves Boisset
(52 mns)
« Que reste-t-il aujourd’hui de la bataille d’Alger dans la mémoire collective ? Sans doute le souvenir d’une victoire militaire des paras de Massu et des « Bérets rouges » de Bigeard sur le FLN . Mais aussi le souvenir d’une immense défaite politique et morale qui devait sceller le sort de l’Algérie française. Une défaite de l’honneur et de l’éthique qui révéla au grand jour la pratique de la torture par l’armée française. Une défaite stratégique, enfin, qui servit de ferment à la mobilisation du peuple algérien contre « l’occupant français ».

18h : Le 50ème anniversaire de la Bataille d’Alger. Débat avec Yves Boisset et Benjamin Stora

19h : Pause Repas

20h : « Mon colonel » réalisé par Laurent Herbiet
(Fiction, Scénario de Jean-Claude Grumberg, Costa-Gavras. Avec Olivier Gourmet, Robinson Stévenin, Cécile de France, 1h51)
1995, Paris. Le colonel en retraite Raoul Duplan est trouvé chez lui, une balle dans la tête. Une lettre anonyme est envoyée aux enquêteurs : "Le colonel est mort à Saint-Arnaud". 1957, Saint-Arnaud, est de l'Algérie : un jeune officier juriste, Guy Rossi, prend ses fonctions auprès du colonel Duplan. La machine des pouvoirs spéciaux et de la torture institutionnalisée se met tranquillement en route. Elle fera du jeune juriste un bourreau. Et elle rattrapera Duplan quarante ans plus tard.

22h : Débat en présence de Benjamin Stora, Yves Boisset et Costa Gavras



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