Festival documentaire sur l'histoire coloniale, du 3 au 11 février 2007

Dimanche 4 février, "Week-end : Les Images de la guerre d’Algérie"

tarif : 5 € ; Demie journée comprenant les projections, un repas et pause thé.
Sinon l'entrée est toujours sur libre participation.

14h : « Les jardiniers de la rue des martyrs » de Leïla Habchi et Benoît Prin
(2003, 81 mns, français et arabe, sous-titré français)
Près de 40 ans après la fin de la guerre d’Algérie, dans un jardin ouvrier du Nord de la France à Tourcoing, Français et Algériens cultivent leur bout de terre. Ces hommes ont été les appelés, les militants du F.L.N ou les “harkis” d’une guerre coloniale menée par la république française.
Ce jardin est donc le lieu d’une mémoire multiple où se retrouvent des hommes qui auraient pu se rencontrer à la guerre ou à l’usine. C’est la culture d’un potager, activité universelle s’il en est, qui les rassemble ici.
Contemporains à distance d’une histoire commune, parfois indifférents voire hostiles les uns aux autres pour des motifs culturels, sociaux ou politiques, ils travaillent côte à côte le même morceau de terrain.
En présence des réalisateurs. Débats animé par Nacer Kettan et Samia Messaoudi de Beur FM

16h : Pause Thé

16h30 : « Diaporama des photos de la guerre d’Algérie » par Marc Garanger
Avant même de partir en Algérie pour exécuter son service militaire, Garanger a pleinement conscience de l'impact qu'il détient avec son appareil photo. Il emmène de l'autre côté de la Méditerranée, une culture politique déjà bien établie, acquise dans les milieux intellectuels du Lyon universitaire des années 50. Avec Roger Vailland, il a décortiqué les mécanismes de cette guerre coloniale qui ne voulait pas dire son nom. A 25 ans, tous les sursis et recours épuisés, il a fallu partir. Il s'est alors juré de témoigner. Arrivé au fond du bled, à Aïn Terzine à une centaine de kilomètre au sud-est d'Alger, dans un Régiment d'Infanterie, il est affecté en tant que simple bidasse au secrétariat du commandement. Photographe depuis 10 ans, il est professionnel depuis deux. Il laisse traîner sur un bureau quelques photos qu'il avait emportées. Le stratagème fonctionne : le commandant remarque les clichés, et aussitôt demande à Garanger d'effectuer des prises de vue pour montrer la l'action de pacification. Bien qu'il n'y ait pas de service photo dans un régiment d'infanterie, Marc devient le photographe du régiment. Il installe un labo de fortune sous un escalier et pendant deux ans, réalise des dizaines de milliers d'images. Témoin d'atrocités en 1960 et en 1961, il s'efforce depuis de les présenter au plus large public en multipliant les expositions : Femmes algériennes a tourné plus de 300 fois. Il obtient le prix Niepce, est invité à Arles, et réalise tôt un important travail de mémoire sur la conscience collective, et rend un témoignage à ces hommes et ces femmes dédaignés pendant cette Guerre. Il n'a pas cessé de photographier, sur commande ou pas. Nul ne pouvait s'étonner de le voir photographier : c'était son travail. Pendant son unique permission, il a traversé la frontière clandestinement, pour aller en Suisse déposer ses photos sur le bureau de la rédaction de L'Illustré Suisse…Charles-Henri Favrod publie les photos pour dénoncer ce qui se passait en Algérie! « Je suis retourné en Algérie en août 2004, pour retrouver et photographier les personnes et les lieux que j'ai photographiés pendant mon service militaire de mars 1960 à février 1962 » photos parues dans Le Monde daté du 28 octobre 2004, sur la Une et 5 pages du cahier spécial Algérie - un livre est en préparation chez Atlantica - Algérie, retour aux sources. Ce travail se veut celui de la réconciliation. Parution prévue avril 2007.

18h : « Pacification en Algérie » d’Andre Gazut
(2002)
Première partie : « Le Sale Boulot »
(70mns)
Comment a-t-on justifié la 'sale guerre' menée par la France en Algérie ? Comment a-t-on pu laisser faire, accepter l'inacceptable, la torture et la barbarie ? André Gazut effectue un va-et-vient entre témoignages d'appelés et de militants algériens, images d'actualités et discours officiels, les met en perspective pour dépasser le seul constat d'horreur, démonter les ressorts de la répression et construire une mémoire de cette guerre.
La première partie de Pacification en Algérie débute en 1945 pour s'interrompre en 1956. En mai 1945, Paris fête la fin de la barbarie nazie, alors qu'au même moment, de l'autre côté de la Méditerranée, l'armée française massacre plus de 10 000 personnes en Algérie en représailles au soulèvement nationaliste de Sétif. Les Algériens, qui ont combattu l'Allemagne aux côtés des Français, réclament l'indépendance. Mais la France s'accroche à son empire, croyant défendre sa grandeur perdue. Dans 'imagerie coloniale de l'époque, l'Algérie ne serait rien sans l’œuvre civilisatrice de la France. "L'Algérie, c'est la France", dit François Mitterrand, et, quand en 1954 commence véritablement la guérilla du FLN, les
gouvernements de la IVe République vont laisser carte blanche à l'armée pour rétablir l'ordre. On dépoussière les lois de "responsabilité collective" abrogées à la Libération par De Gaulle, on censure la presse, on ouvre des "camps de regroupement", on menace les soldats qui oseraient dénoncer les tortures : c'est la "pacification" de l'Algérie, officiellement une opération de police, en fait une véritable guerre qui va s'intensifier en 1958 avec le vote des pleins pouvoirs à l'armée.

19h15 : Pause repas

20h : « Pacification en Algérie » d’Andre Gazut
Deuxième Partie : « La politique Du mensonge »
(70 mns)
Comment a-t-on justifié la "sale guerre" menée par la France en Algérie ? Comment a-t-on pu laisser faire, accepter l'inacceptable, la torture et la barbarie ? Dans la seconde partie de Pacification en Algérie, André Gazut pose la question des responsabilités, morales et politiques, des élites. Un réquisitoire accablant.

21h30 : Pacification en Algérie. Débat en présence de Marc Garanger et Patrice Barrat



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