Festival documentaire sur l'histoire coloniale, du 3 au 11 février 2007

Jeudi 8 février, Regards Blancs

tarif : l'entrée sur libre participation.

20h : « Les statues meurent aussi » Alain Resnais, Chris Marker, Ghislain Cloquet
(1950, 29 mns)
« On nous avait commandé un film sur l’art nègre. Chris Marker et moi sommes partis de cette question : pourquoi l’art nègre se trouve-t-il au Musée de l’Homme, alors que l’art grec ou égyptien est au Louvre ? » (Alain Resnais), ou comment nous trouvons du pittoresque là ou la communauté noire voit une culture. Quand la poésie rejoint la politique pour dénoncer le colonialisme. Le film est resté interdit pendant dix ans et amputé d’un tiers.

20h30 : « Le ciné colonial » Moktar Ladjimi
(53 mns)
Cinéma de propagande ou équivalent français du western ? Exploration d'un cinéma aujourd'hui oublié.
Dès 1895, l'Algérie et la Tunisie découvrent le cinéma en même temps que la France.
Très vite, des Européens y tournent des films qui reproduisent les rapports de pouvoir entre la métropole et les colonies. Paradoxalement, ces images utilisées à des fins de propagande constituent pour ces pays la seule trace visuelle du passé. La France y est toujours présentée comme une mère protectrice, et le légionnaire comme le mâle dominateur qui donne sa vie pour "pacifier" une terre et venir en aide aux populations locales. La femme arabe est lascive et n'existe qu'en tant que source de plaisir sexuel, même si c'est elle qui fait le lien entre les deux cultures. L'homme, lui, n'est qu'un fourbe dont on doit se méfier. Alors que la décolonisation approche, la propagande s'intensifie. Par ailleurs émerge un courant contestataire dont René Vautier est l'un des représentants.
L'image négative des Maghrébins véhiculée par ce cinéma leur a longtemps collé à la peau. Aujourd'hui, les Occidentaux, et en particulier les Américains, ont remplacé cette image par un nouveau cliché, celui du terroriste intégriste. À y regarder de plus près, celui-ci n'est pas si éloigné de celui du chef sauvage des premiers muets...

Vendredi 9 février, Les dictateurs post-coloniaux

tarif : l'entrée sur libre participation.

17h : Zimbabwe, de la libération au Chaos » de Michael Raeburn
(2003, 55 mns)
Haine, famine, assassinats. Aujourd'hui, l'avenir du Zimbabwe semble bien sombre. Pourtant, l'indépendance du pays promettait plein d'espoir à cette population africaine oppressée par le colon blanc. Robert Mugabe, le président du Zimbabwe depuis l'indépendance, était alors considéré comme le libérateur du peuple noir. Vingt ans après, il préside toujours le pays mais est de plus en plus contesté. En février 2000, il a organisé un référendum qui lui aurait permis de changer la constitution sans avoir recours à la consultation nationale. Le pouvoir de son parti, le ZANU-PF, aurait été renforcé. Mais contre toute attente, le peuple n'a pas suivi la volonté de Mugabe. Face à cette montée de l'opposition, en particulier du MDC (le Mouvement pour le changement démocratique) de Morgan Tsivangarai, le président a déclenché une vague de répression. Les contestataires sont désormais systématiquement réduits au silence.
Le chef de l'État a également lancé une réforme agraire accélérée visant à déposséder de leurs terres les fermiers blancs qui représentent 1% de la population. Cette mesure a pour buts, entre autres, d'affaiblir l'opposition soutenue par la population blanche et de recréer les anciens clivages entre les Noirs et les Blancs. Pour faire respecter l'autorité de Mugabe, ses partisans sèment la terreur dans le pays. De jeunes Zimbabwéens, qui doivent une obéissance absolue au ZANU-PF, sont ainsi devenus les bras meurtriers de Robert Mugabe.

20h30 : « Général Idi Amin Dada » de Barbet Schroeder
(1973, 92 mns)
Tour à tour naïf ou lucide, drôle ou inquiétant, illuminé ou sûr de sa force physique et de la mission qu'il doit accomplir, Amin Dada n'a pas fini d'intriguer, sinon d'inquiéter. Il est celui qui a acclamé Hitler, fait disparaître des milliers de personnes depuis son arrivée au pouvoir. A travers cet homme qui proclame tout pouvoir se gagne par K.O, Barbet Schroeder en profite pour étudier sociologiquement et politiquement ce pays en pleine mutation depuis le départ de la Grande-Bretagne : le manque de devises, le problèmes des 80.000 Hindous chassés à la suite d'un rêve du président, et qui détenaient 80 % de l'économie, la désorganisation du commerce qui provoque une vertigineuse hausse des prix et une inflation battant tous les records dans ce pays d'Afrique.

Samedi 10 février..

tarif : l'entrée sur libre participation.

L’Indochine vue par ses témoins

15h30 :
« Ralliés » de Bennedjaï-Zou, Adila & Confavreux
(2002, 52 mns, français)
Le film retrace l’histoire d’Albert, Ahmed et Miloud, trois membres du corps expéditionnaire français qui, pendant la guerre d’Indochine, ont déserté les rangs de l’armée française pour se rallier au Viêt-Minh. Ils racontent leur départ de France et du Maroc pour l’Indochine, les raisons de leur choix difficile, puis leur vie dans les maquis vietnamiens, le long exil qui a suivi. Aujourd’hui de retour en France et au Maroc, ils rompent avec difficulté le silence qui a entouré leur étrange histoire.
Débat en présence des réalisateurs.

Hommage a Eric Deroo

17h30 : « L’histoire oubliée, soldats noirs » de Eric Deroo
(2002, 55 mns)
Dans un café des Ardennes, le réalisateur surprend une conversation : en mai 1940, des Tirailleurs Sénégalais auraient combattu dans les épaisses forêts voisines. Ils auraient même résisté près d’un mois alors que le front se disloquait.
Partant d’une évocation de ces combats, le film nous emmène à la recherche des rescapés, en Afrique, dans leurs villes et leurs villages.

19h : « Zoos humains » de Eric Deroo
(51 mns)
Autour de 1900, nos grands-parents et arrière-grands-parents se sont précipités pour voir d'authentiques "sauvages" présentés comme des bêtes de foire…

20h30 : « Eyadema, président, tirailleur, général » de Eric Deroo
(1998, 52 mns)
Portrait du président de la République togolaise, Etienne Gnassingbé Eyadema, qui est resté au pouvoir plus de trente ans.
Rencontre et débat avec Eric Deroo



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