Ce qui, dans la poésie, s’annonce comme nouveau ne pétrifie pas l’existence, ne devient pas un principe de sédentarisme amenant la conscience à un état statique de la référence, de l’analogie, de la correspondance analogique, de la mimésis et de l’idéaltypie. Dans le nouveau poétique la vie transcende les racines. L’initial est dépassé par le nouveau qui est conscience éternelle du sublime.
La poésie est une parole éveillée. Pur éveil du soi pour-soi. Son « éveillance » est pour-soi insaisissable en soi. Eveil fuyant. Parole fuyante. Nécessité libre de l’arbitraire dans la quête de soi. La poésie est un refus ontologique de la nécessité, et une postulation éthique de l’arbitraire.
Quel berceau de sens te donne cet éclat/Qui n'a ni horizons ni racines?/De quelle matière tu es né/Toi qui berces le temps de tes incantations sublimes,/Toi qui épuises l'élévation au cœur même/De mon souffle infime?/Dans mes questions je t'adore,/Dans mon adoration je te chante/