Liban: L'ONU réclame une enquête

La haute-commissaire aux droits de l'homme des Nations unies, Louise Arbour, a lancé vendredi un sérieux avertissement aux parties en guerre au Liban.

Mme Arbour a réclamé une enquête de l'ONU et a rappelé à la fois à Israël et au Hezbollah qu'ils pouvaient être poursuivis pour crimes de guerre, même s'ils croient en la justesse de leur cause.

« Quand les obligations légales régissant la conduite des hostilités sont violées, la responsabilité personnelle et juridique peut être engagée, en particulier pour ceux qui occupent des postes de commandement », a déclaré la haute-commissaire.

Louise Arbour a condamné à la fois les bombardements israéliens et les tirs de roquettes du Hezbollah. Elle a aussi mentionné l'existence « d'allégations répétées sur l'utilisation par le Hezbollah de boucliers humains ».

Enfin, elle a lancé un appel à une « réponse ferme et significative » du Conseil de sécurité de l'ONU à cette guerre. Jeudi, le Liban a rejeté les propositions de résolution de la France et des États-Unis, parce qu'elles ne comprenaient pas de cessez-le-feu immédiat.

Ces déclarations surviennent au moment où le Conseil des droits de l'homme adopte une résolution sur le Liban condamnant la violation des droits des Libanais, mais ne faisant aucune référence directe aux opérations du Hezbollah contre le nord d'Israël. Le texte a été déposé par l'Algérie, l'Arabie saoudite, la Tunisie, Bahreïn, le Maroc, la Jordanie, le Bangladesh, l'Indonésie, la Malaisie et le Pakistan.

Autre Appel de Douste Blazy

De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a demandé au Hezbollah et à Israël de cesser de prendre pour cible les civils et les convois humanitaires. Le ministre a signalé, par exemple, que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) était attaqué en moyenne tous les deux jours.

« Aujourd'hui, il n'y a aucune garantie d'accès aux personnes les plus démunies. Les voies d'acheminement sont devenues le théâtre de graves actes d'intimidation », a déploré M. Douste-Blazy. Un navire doit quitter Marseille vendredi soir pour amener plus de 2000 tonnes de nourriture, de médicaments et de matériel médical récoltés par des ONG et des agences internationales de l'ONU.

Un navire du CICR ayant 100 tonnes d'aide humanitaire à son bord attend toujours pour sa part le feu vert des autorités israéliennes pour acheminer ces vivres et ces médicaments attendus à Tyr, dans le sud du Liban. Tyr abrite présentement 16 000 personnes, dont 4000 déplacés.

Le sud du Liban manque également de carburant pour alimenter ses centrales électriques et les génératrices pour faire fonctionner les salles d'opération de ses hôpitaux. Le blocus maritime imposé par Israël et les bombardements des routes et des ponts rendent le transport impossible. Jeudi, quatre hôpitaux étaient déjà à court de carburant.

Jeudi, le Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations unies a mis en place un pont aérien vers le Liban, à partir de la Jordanie et de l'Europe. On a ainsi pu transporter 9000 couvertures, des matelas et des médicaments à Beyrouth.

Terrible bilan

Au 31e jour de la guerre au Liban, le dernier bilan établi par l'Agence France Presse à partir de sources officielles fait état de 1115 Libanais tués, dont plus de 1000 civils, et 3600 blessés. Parmi, les civils, on compte environ 30 % d'enfants de moins de 12 ans.

Plus de 915 000 personnes ont été déplacées par les combats, dont 220 000 ont quitté le Liban (y compris 100 000 ressortissants étrangers ou détenteurs de double citoyenneté).

Cent vingt Israéliens, dont 38 civils, sont morts sous les roquettes du Hezbollah.