Algérie: 26ème édition du Festival de danse contemporaine

Le festival, qui connaît un succès croissant, a su intéresser non seulement tous les responsables locaux et régionaux mais également la presse locale, nationale et internationale, dont maghrébine.

Dès l'arrivée à Montpellier, on remarque que le Festival de danse contemporaine, qui en est à sa 26ème édition, fait l'événement dans la ville. Les affiches du festival, ouvert samedi dernier, sont partout, aux côtés d'autres événements culturels à venir. Spectacles et manifestations culturelles embrassant différentes expressions artistiques foisonnent à Montpellier, comme l'Agglomération, constituée par la vingtaine de villes alentour. Les organisateurs des grands événements évitent cependant de se marcher sur les pieds en faisant chevaucher deux manifestations. Ainsi, le festival Danse 06 se retrouve quasi seul pour animer jusqu'au 07 juillet prochain la scène culturelle montpelliéraine. Et il le fait bien, grâce à une petite équipe active et entreprenante emmenée par Jean-Paul Montanari et qui a su intéresser non seulement tous les responsables locaux et régionaux mais également la presse locale, nationale et internationale, dont maghrébine.

C'est d'ailleurs aux Maghrébins, les Marocains précisément, que reviendra l'honneur d'ouvrir cette 26ème édition du Festival de danse contemporaine avec Déserts, désirs, un spectacle signé Bouchra Ouizguen et Taoufiq Izzediou.

Du spectacle qui a été donné au théâtre du Hangar samedi, en fin d'après-midi, nous n'avons pu hélas recueillir que quelques échos. Faute de place, nous n'avons pas pu assister à la représentation qui devait commencer une heure après notre arrivée à Montpellier. «Le spectacle s'est joué à guichets fermés. Les billets ont été vendus depuis dix jours déjà», nous dira une spectatrice rencontrée dans le hall du Centre national de chorégraphie aménagé dans un ancien cloître et où devait se tenir le deuxième spectacle, Quintette cercle de Boris Charmatz (France), au programme de cette première journée du festival.

La petite salle du couvent, qui abrite également le bureau du festival, est comble bien avant le début du spectacle. C'est une confirmation du succès croissant que connaît le festival. Le brouhaha se tasse peu à peu jusqu'à devenir silence. Black-out.

Dans le noir, on entend des pas. Lumière. Assise, buste penché, une danseuse, tenue bleu électrique, fixe le vide du regard. A ses côtés, debout, une autre balance un coup de pied dans un coussin avant de se jeter sur la statue assise à ses pieds.

Elle prend sa tête, mime le geste de la dévisser avant de la poser pour souffler dedans. Derrière, deux danseurs se tiennent debout de part et d'autre de la scène en serrant dans leurs bouches deux cordes tendues au travers de la scène et au milieu desquelles est fixé un carré blanc. Au fond se dresse une chambre carrée, sombre, où on distingue la silhouette bleutée d'un danseur. La danseuse amorce des mouvements chaotiques dans un silence de mort. Les premiers bruits, des ahanements, seront poussés par les deux danseurs qui impriment au carré des mouvements oscillatoires avant de s'affaler. A partir de ce moment, les danseurs s'animent avec des figures et des mouvements chaotiques qui les feront converger vers la grotte cubique. Là, dans la pénombre, le mouvement devient animalier, primitif. Les corps se tendent, se distendent, se touchent et chevauchent.

Les figures suscitent quelques rires chez certains spectateurs.

Mais la majorité reste dans l'expectative. On n'est pas sûr de comprendre. Et quand on croit avoir compris, on voit descendre du plafond une cage énorme qui emprisonne les danseurs sortis de la grotte. Black-out.

Et la lumière fut. Une loupiote qu'entourent les danseurs. Les mouvements ne différeront pas, mais le cadre suggère une transposition de situation dans laquelle pénombre et lumière sont en continuelle dualité.

Ce choc lumière et noir, de Yves Godin, est amplifié par le jeu de mouvement et de voix, de Dalila Kahtir, où ne transparaît qu'une fois le verbe intelligible dans le laïus que prononcera à voix basse une des danseuses. Cette dualité persistera jusqu'à l'extinction finale des lumières et bien après les applaudissements de la salle. On en parlera encore dans le hall, et de la suite qui promet d'être tout aussi impressionnante.

par Hassan Gherab
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