Festival International de Carthage: Lotfi Bouchnaq marque son engagement

Il n'était pourtant pas évident que le programme annoncé à l'avance attirât toute cette foule qui a finalement consenti le déplacement mercredi au théâtre romain. En effet, en décidant de consacrer son concert de clôture de Carthage au Liban, Bouchnaq a certes confirmé qu'il était un artiste à principes et à positions, seulement il connaît le risque que son public, habitué à ses adwar et à ses tours de chant à succès, ne s'enthousiasmât pas pour un programme patriotique et engagé. Heureusement que l'assistance a non seulement été nombreuse, mais elle s'est également impliquée à fond dans une soirée qui, franchement, fera date.

Galvanisé par une enceinte archicomble, Lotfi Bouchnaq retrouvait tout de suite ses marques et ses dispositions des grands jours. Aisance déconcertante, prestance frôlant l'insolence, présence inégalable et surtout conviction en ce qu'il chantait, notre artiste n'avait aucun mal à communiquer son émotion à son auditoire avec lequel une communion s'est le plus naturellement du monde installée. Il faut dire que cela était également dû à la performance d'un orchestre préparé et dirigé de main de maître par Abderrahman Ayadi. Dommage qu'il ait baissé de ton lors du passage de l'excellente Dorsaf Hemdani, indiscutablement l'un des meilleurs crus de la chanson tunisienne. C'est ce qui l'a peut-être obligée à se contenter d'Al Qods de Fayrouz et de ne pas interpréter Al ardh titkalem arabi (la terre parle arabe), pourtant prévue dans le programme. Avant elle, c'est une Sonia M'barek, en grande cantatrice maîtresse de son chant et communicative à l'extrême, qui a gratifié le public de Horriya (liberté) et de Je t'aime Liban de Fayrouz.

Deux participations qui ont relevé une soirée où Lotfi Bouchnaq s'est baladé à travers son répertoire engagé, enrichi par un nouvel air Nour ach'chams (la lumière du soleil) de Ali Ouertani, décidément de plus en plus prolifique. Il offrira quand même à ses fans en guise de clôture deux de ses tubes les plus connus, Al aïn ill matchoufickchi et Inti chamsi inti, qui ont fini par envoûter un public déjà conquis.

Un concert qu'on n'est pas prêt d'oublier.


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