Au fil des années, Tabarka, temple de toutes les cultures, auréolée de la plénitude d'un festival qui n'a plus rien à prouver, réaffirma sa volonté de s'inscrire dans une mondialisation culturelle, faite d'actualité et d'ouverture, et traversée par l'émotion, la passion et l'enchantement musical.
Prétexte à toutes les rencontres, rendez-vous incontournable des sommités musicales, poids lourds de toutes les tendances des musiques du monde, le festival de Tabarka, dans sa version 2006, renoue avec ses racines profondes. Donnant l'impression de se requinquer d'une année à l'autre, le festival entend donner un élan, imprimer une action, une dynamique propre à agir sur le développement de l'ensemble des potentialités économiques, culturelles et, même, patrimoniales de toute la région.
Deux mois durant, la cité par excellence du corail voluptueusement étalée au pied d'une riche pineraie fleurant bon toutes sortes de fruits en cône, plongeant dans une somptueuse étendue turquoise, vivra frénétiquement aux rythmes endiablés qui feront danser les salseros et autres fans du déhanchement.
Au-delà de la grande fiesta, un moment phare dans la vie de tous les Kroumiriens, le festival de Tabarka se présente comme un lieu propice où se retrouvent réunies des musiques, des expériences et des rencontres tellement positives, venues des quatre coins du monde.
Un festival qui, à chaque session, continue son petit bonhomme de chemin, tranquillement, sans trop se hâter, familiarisant les publics, divers et réceptifs à toutes les influences, à l'écoute des musiques, des cultures et des différences d'ailleurs. Un festival qui séduit de par sa richesse, qui attire fortement de par la curiosité qu'il suscite et qui remporte ainsi toutes les faveurs d'un public de plus en plus large, soumis depuis des décennies à ce slogan devenu mythique: «Ne bronzez pas idiot».
par Adel Latrech Copyright © 2006 La Presse, Tunisie