Le Salon s’est tenu dans un contexte positif pour le livre français avec la réintroduction, depuis un an, du français dans la seconde classe de l’école primaire (soit plusieurs centaines de milliers d’apprenants du français par an) comme de certaines de disciplines enseignées à l’université (médecine, droit, etc.)
La fermeture du SILA pendant deux jours, pour permettre l’organisation du référendum de réconciliation nationale, a cependant perturbé les contacts que les professionnels du livre étaient venus chercher.
Avec 700 exposants en provenance de 22 pays, le Salon confirme sa vocation internationale. Toutefois, la séparation sur deux sites des stands des éditeurs arabophones et francophones a pu apparaître à plusieurs professionnels comme peu propice au développement des échanges.
Sur le stand du BIEF, très fréquenté, une grande part des ouvrages exposés, plus des deux tiers, a été commercialisée tant dans des domaines comme la médecine, le droit, mais également le FLE comme la littérature, le livre pour la jeunesse ou les sciences humaines et sociales. Une fois encore, le niveau du prix des ouvrages a été l’objet d’interrogations. À l’évidence, le public algérien est plus que jamais friand d’ouvrages qui puissent être accessibles à son pouvoir d’achat.
Le projet de séminaires organisés à partir de 2006 à destination des éditeurs algériens, dont l’objet est de conforter leur professionnalisation, s’inscrit dans la volonté de développer de réelles coopérations entre éditeurs des deux rives de la Méditerranée. Cette coopération prendra de plus en plus la forme de coéditions ou d’achats de droits en français comme en arabe. L’achat de droits en français permettra une production à « prix adapté ». Certaines expériences d’éditeurs français déjà réalisées (Eyrolles, La Découverte, LGDJ, les PUF ou encore Le Seuil) ont permis d’entamer ce processus et devrait conduire à un net renforcement de la diffusion du livre en français. Les actuels séminaires en direction des dirigeants de librairie, là aussi, comme pour les éditeurs, avec le soutien du Poste diplomatique, doivent permettre un développement des compétences au service du livre en français.
Nous réaliserons, au cours du 1er semestre 2006, une étude sur le livre de droit en Algérie. Cette étude, demandée par nos adhérents éditeurs de droit en France, doit permettre de mesurer plus finement le marché universitaire et le marché professionnel (avocats, juristes d’entreprise, experts comptables …) très demandeurs d’ouvrages français.
C’est donc un plan d’actions dans plusieurs domaines que nous souhaitons développer en Algérie, actions qui sont amenées à trouver leur cohérence entre elles au service du livre français dans le premier pays francophone du monde, après la France, avec plus de 10 milliers de locuteurs.
- Jean-Guy BOIN
BIEF