4 ème Congrès International du Management de la Qualité dans les Systèmes d'Education et de Formation - CIMQUSEF'2007

Thème du congrès : « L’enseignement supérieur et la recherche face aux enjeux de la société du savoir » Du 17 au 19 avril 2007 à Casablanca - Maroc
Dernier délai de soumission : 29 décembre 2006

L’enseignement supérieur demeure au coeur de tous les débats relatifs à l’éducation partout dans le monde. Il a de plus en plus un rôle de levier essentiel de développement surtout dans une économie du savoir basée sur la recherche et l’innovation. Les études montrent par exemple que les pays de l’OCDE où les individus suivent une année d’études supérieures supplémentaire peuvent, avec le temps, accroître leur productivité et leur rendement économique de 3 à 6 %. La société moderne a de plus en plus besoin des compétences hautement qualifiées. Celles-ci devraient constituer les outputs naturels des universités, mais ceci reste à démontrer. La demande pour les hautes qualifications augmente plus vite que n’évolue l’offre des institutions universitaires. Même si l’enseignement supérieur continue dans une certaine mesure à alimenter la société moderne de ses éléments les plus valeureux, il n’en reste pas moins qu’il peine à suivre le rythme imposé par l’évolution que connaît le monde. A ce sujet l’exemple de l’Europe est édifiant, elle n’est pas encore l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde comme l’a voulu le Sommet de Lisbonne en 2000.

Pour réduire ce fossé entre la demande de la société de la connaissance et l’offre de l’enseignement supérieur, plusieurs solutions sont adoptées par plusieurs pays : création d’universités d’élite, alignement de celles-ci sur le modèle des Grandes Écoles, gestion des universités selon les lois du marché tout en conservant le statut de l’éducation comme bien public, instauration des normes de compétition entre les universités et obligation de rendre compte à l’Etat.

Le congrès offrira aux participants l’opportunité d’examiner le rôle de l’enseignement supérieur et de la recherche dans la construction d’une société fondée sur le savoir. Il leur permettra également de proposer les politiques et les mécanismes à mettre en place pour atteindre un tel objectif.

Pour ce faire, le congrès tentera de répondre à la question suivante : Comment l’enseignement supérieur et la recherche peuvent-ils contribuer à relever les défis de la société du savoir ?

Les participants, enseignants chercheurs, spécialistes de l’éducation, acteurs politiques, acteurs socioéconomiques, dirigeants institutionnels et experts de la qualité, sont invités à présenter les résultats de leurs recherches et leurs idées sur les thèmes suivants.

1. L’enseignement supérieur entre efficience et équité

L’un des défis majeurs des responsables de l’enseignement supérieur est d’améliorer les performances de celui-ci tout en réduisant le coût de son fonctionnement. C’est encore une fois le problème de l’efficience qui est posé mais sa résolution n’est pas facile car il pose en même temps celui de l’équité. Or étant donné la réduction du financement public d’une part et le nombre croissant d’étudiants qui désirent accéder à l’enseignement supérieur d’autre part, plusieurs universités imposent des frais de scolarité de plus en plus élevés ce qui barre automatiquement la route à certaines catégories sociales. Malgré son aspect de ségrégation, voire de violation des droits de l’Homme, cette solution semble séduire plus d’un pays. Elle est notamment adoptée par les universités américaines qui donnent les meilleurs résultats et sont même classées leaders dans le classement de l’Université Jiao Tong à Shanghai (Sur les 20 universités les mieux classées par Shanghai, 17 se trouvent aux États-Unis et seulement 2 en Europe). C’est un choix qui garantit bien l’efficience mais frappe de plein fouet le principe de l’équité en créant des universités pour les riches et d’autres pour les pauvres. Une telle perspective serait peut être envisageable si elle permettait à la nation qui l’adopte de générer le capital humain capable de relever les défis de l’économie du savoir et produire ainsi des richesses qui pourront être réparties en faveur des couches sociales démunies, ce qui garantira le respect du principe de l’équité. Encore faut-il mettre en place un système de régulation sociale qui permet d’atteindre ces résultats. Le tout est de savoir si l’enseignement supérieur doit jouer uniquement le rôle d’accélérateur de la performance économique ou également celui de garant de la cohésion sociale.

Comment améliorer l’efficience de l’enseignement supérieur sans violer le principe de l’équité ? Quels moyens utiliser pour évaluer l’efficience en prenant en compte le facteur de l’équité ? Quelles modalités instaurer pour le financement de l’enseignement supérieur sans imposer des frais de scolarité aux étudiants démunis ?

2. Intégration de l’université dans son environnement économique

Dans tous les cas l’enseignement supérieur restera le pourvoyeur principal et quasi exclusif de ressources humaines à même de propulser les sociétés au premier rang sur la scène internationale. Or cet objectif n’est réalisable que si l’université s’intègre à un tissu économique moderne et performant où l’interaction de deux mondes -l’éducation et l’industrie- met en marche le moteur de l’innovation et de la créativité. Il est cependant évident que tout le monde n’a pas sa Silicon Valley même à petite échelle, ce qui minimise la chance de voir une telle interaction se produire surtout dans les pays du Sud.

L’idée de centres d’excellence, comprenant une université ou un institut de recherche et des entreprises peut-elle marcher dans ces pays malgré la fracture économique qui les séparent des pays du Nord ? Le manque d’infrastructure technologique et des laboratoires de recherche de haut niveau empêcherait-il la concrétisation d’un tel projet ? Dans ce cas, quelles solutions adopter pour relever les défis de la société du savoir ? Ne faudrait-il pas envisager des infrastructures partagées par plusieurs institutions dans les pays du Nord et dans les pays du Sud où des chercheurs des deux cotés travailleraient ensemble ?

3. Adaptation des acquis des étudiants aux caractéristiques de la société du savoir

Cette alliance industrie-enseignement supérieur ne pourrait réussir que si les étudiants détiennent les compétences nécessaires à la promotion de la société du savoir. Un outil semblable à celui qu’utilise l’OCDE dans l’étude PISA sur l’éducation secondaire ne serait -il pas nécessaire pour évaluer la qualité des acquis des étudiants ? La conception d’un tel outil ne devrait-elle pas prendre en compte les caractéristiques de la société de la connaissance à laquelle l’enseignement supérieur doit préparer ses étudiants ?