Organisé par le CFHA (Comité Français d’Histoire de l’art) et le musée du quai Branly sous l’égide du CIHA (Comité International d’Histoire de l’Art), en partenariat avec l’INHA (Institut national d’histoire de l’art)
Appel à communications
Le colloque propose de faire le point sur les relations entre l’histoire de l’art et l’anthropologie au lendemain de l’ouverture à Paris du musée du quai Branly (juin 2006) qui regroupe les collections du Laboratoire d’ethnologie du Musée de l’Homme et du Musée des Arts d’Afrique et d’Océanie, ancien Musée des Colonies.
La méthode choisie est d’inviter historiens de l’art et anthropologues à réfléchir conjointement au sein du même colloque sur les œuvres d’art et sur leurs méthodes pour les aborder.
Le premier ensemble d’objectifs tourne autour d’une histoire croisée des deux disciplines, mettant en exergue les emprunts de l’une à l’autre, les débats et les pierres d’achoppement. Seront proposées et encouragées des mises en parallèle (duos ou diptyques) comme : Alfred Gell/ Michael Baxandall ; Franz Boas/ Alois Riegl ; André Leroi-Gourhan/ Pierre Francastel, etc. ou des regards croisés d’un historien de l’art et d’un anthropologue sur une œuvre comme celle d’Aby Warburg ou celle de Claude Lévi-Strauss, ou encore sur une thématique particulière. Des conférences plénières apporteront les mises en perspective nécessaires.
Le second groupe de questions porte sur les procédures, bien souvent semi-automatiques et considérées comme allant de soi, de la construction respective des objets des disciplines (collecte, classification, inventaire, inclusion/exclusion, mises en série – par exemple Pitt-Rivers Museum –, mais aussi « formes du temps » – (Shape of time) selon l’expression de George Kubler, etc.). Dans quelle mesure peut être mis en évidence le jeu de définition réciproque et d’influences ? Il pourrait être intéressant de constituer des « duos » interrogeant le même objet (œuvre, artiste, thème, etc.)
Plus théorique et « fondamentale », si l’on peut dire, est la question de l’origine des images et de l’intentionnalité véhiculée par des artefacts, considérée du double point de vue de l’anthropologue et de l’historien d’art. Pourraient également être étudiés, selon le même principe de regards croisés, des objets et des notions comme « masque », « face », « traces », ainsi que les pratiques de création des images et de leur transmission dans des cultures orales ou non.
Enfin, la mise en évidence de « cultures visuelles » spécifiques ne doit pas minimiser les différentes opérations de translation qui font passer l’artefact d’un « régime de valeur » (selon l’expression d’Arjun Appadurai) à un autre, ce qu’André Malraux appelle la « métamorphose ». La question de la transformation en œuvre d’art est centrale, en particulier les déplacements de sens qu’induit le passage du « terrain » ou « contexte d’origine » au musée ou au marché. On considérera aussi le processus inverse, qui consiste pour l’artiste contemporain à ré-interroger la fonction sociale de l’art en jouant sur le décalage entre objet et contexte. Seront ainsi abordés les deux phénomènes concomitants d’« artialisation » des objets et de « resocialisation » de l’art. De même, les différents types de collectifs constitués autour des objets (collectionneurs, conservateurs, marchands) et leurs interactions devront être analysés.
Comité scientifique :
Anne-Christine Taylor, Thierry Dufrêne, Philippe Durey, Jean-Marc Poinsot.
Coordination scientifique :
Musée du quai Branly, Département de la recherche et de l’enseignement
Julie Trébault : artanthropo@quaibranly.fr
Modalités de participation
Des propositions courtes (250 mots) de communications de 20 minutes doivent parvenir au CFHA et au musée du quai Branly pour ce colloque qui se propose de faire le point sur les relations entre l’histoire de l’art et l’anthropologie au lendemain de l’ouverture à Paris du musée du quai Branly (juin 2006). La méthode choisie est d’inviter historiens de l’art et anthropologues à réfléchir conjointement au sein du même colloque sur les œuvres d’art et sur leurs méthodes pour les aborder. Les quatre sessions du colloque mettront l’accent sur l’histoire croisée des deux disciplines, sur les procédures, bien souvent semi-automatiques et considérées comme allant de soi, de la construction respective des objets des disciplines, sur la question de l’origine des images et de l’intentionnalité véhiculée par des artefacts et sur les différentes opérations de translation qui font passer l’artefact d’un « régime de valeur » (selon l’expression d’Arjun Appadurai) à un autre, ce qu’André Malraux appelle la « métamorphose ».
Dates limites :
• Propositions de communications: 15 novembre 2006
• Notification d’acceptation aux candidats : 15 décembre 2006
• Remise définitive des textes : 15 mars 2007