Olivier Le Cour Grandmaison: Coloniser, exterminer : sur la guerre et l'Etat colonial (le 06 Mai à la Librairie Ombres Blanches

Conférence-débat : Olivier Le Cour Grandmaison présente Coloniser, exterminer : sur la guerre et l'Etat colonial (Fayard). Rencontre organisée en collaboration avec la revue Horizons Maghrébins et l’Association « Culture-Médiation-Communication ». Le débat sera animé par Habib Samrakandi.

Olivier Le Cour Grandmaison enseigne les sciences politiques et la philosophie politique à l’Université. Il a dirigé et animé plusieurs séminaires au Collège International de Philosophie. Il a notamment publié Les citoyennetés en Révolution 1789-1794 (PUF, 1992), avec C. Wihtol de Wenden, Les étrangers dans la cité. Expériences européennes (La Découverte, 1993), Le 17 octobre 1961 : un crime d'État à Paris (collectif, La Dispute, 2001), Passions et sciences humaines (avec C. Gautier - PUF, 2002), Philosophie et Politique (PUF, 2002).

Quelles furent les spécificités des conflits coloniaux engagés par la France en Afrique du Nord et ailleurs ? Que nous apprennent les méthodes singulières - enfumades, massacres de prisonniers et de civils, razzias, destructions de cultures et de villages - couramment employées par les militaires français sur la nature de la guerre conduite pour pacifier l'ancienne Régence d'Alger? Pourquoi de nombreuses mesures racistes et discriminatoires ont-elles été élaborées puis appliquées au cours de la conquête et de la colonisation de l'Algérie ? Comment furent-elles codifiées sous la Troisième République puis étendues aux nouveaux territoires de l'empire passés, depuis peu, sous le joug de la domination française ?
Telles sont quelques-unes des questions auxquelles cet ouvrage entend répondre. En effet, la conquête puis la colonisation difficiles et meurtrières de L'Algérie doivent être considérées comme une sorte de vaste laboratoire au sein duquel des concepts - ceux de « races inférieures », de « vie sans valeur » et « d'espace vital » promis à l'avenir et aux usages que l'on sait - furent forgés. De même, on découvre les origines de nouvelles techniques répressives - l'internement administratif et la responsabilité collective notamment - qui, avec le Code de l'indigénat adopté en 1881, firent de l'Etat colonial un état d'exception permanent. Plus tard, l'internement fut importé en métropole pour s'appliquer à la fin des années 1930, aux étrangers d'abord, aux communistes ensuite puis aux Juifs après l'arrivée de Pétain au pouvoir.
S'appuyant sur quantité de documents parfois peu connus ou oubliés, sur la littérature aussi, cette étude originale et dédisciplinarisée éclaire d'un jour nouveau les particularités du dernier conflit qui s'est déroulé entre 1954 et 1962, mais aussi les origines des violences extrêmes et des guerres totales qui ont ravagé le Vieux Continent au cours du XXe siècle.

 

 

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