Andrea Marchesini Reggiani, directeur de Africa e Mediterraneo : «La bande dessinée, outil privilégié de communication"

M.Andrea Marchesini Reggiani , directeur des projets de l'association « Africa e Mediterraneo », après une visite à la Bienn

ale Dak art en 2004, est revenu pour l'édition de cette année 2006 avec plus d'ambition. Avec le soutien de la région de Venezia et en particulier la Fondation Prince Klauss pour la culture et le développement, l'association Africa e Mediterraneo a animé l'un des nombreux sites du « OFF » de la Biennale de Dakar .

Andrea Marchesini, le directeur des projets de l'association « Africa e Mediterraneo », explique que son institution développe depuis 14 ans une revue du même nom et travaille sur la coopération culturelle avec l'Afrique et la Méditerranée.

Depuis les années 2000, des études sont menées sur le développement de la BD en Afrique , un genre artistique mal connu. Après un tour dans plusieurs

Pays africains, Mozambique, Afrique du Sud ,Kenya, Nigeria, et Afrique , l'institution italienne a produit un premier livre « Crayons d'Afrique », sorte d'anthologie comprenant un répertoire d'artistes africains qui avaient déjà publié, au moins, une petite planche de bande dessinée . « On a vu que la BD est un instrument culturel très intéressant pour travailler, faire des projets.

Nous avons pensé qu'il était fondamental d'avoir une professionnalisation des auteurs » .

Une première compétition est organisée en 2002, avec l'appui de l'agence de la Francophonie et d'autres bailleurs de fonds. Elle a regroupé une soixantaine de participants de différentes zones d'Afrique francophone, en particulier, mais aussi lusophone et anglophone.

Le concours a été répété en 2003 et à Dakar, pour la 7e biennale, une exposition présente le congolais Pat Masioni, lauréat du concours 2005 et quelques planches des participants des concours précédents.

Aujourd'hui, une quinzaine d'albums d'auteurs africains ont été publiés. C'est le cas du congolais Pat Masioni, qui a eu de très bons contacts avec des éditeurs importants comme Albin Michel . Il vient de publier un album, sur le sujet du génocide du Rwanda, qui a été vendu déjà à plus de dix mille exemplaires en France , nous informe Marchesini. Au moins deux rééditions ont été faites de cet album.

Pour le Dak art 2006, Africa e Méditerraneo a organisé une manifestation « OFF » avec une exposition, une conférence et un workshop animé par des « bédéistes » TT Fons (Sénégal), Maurizio Ribichini et Manuel de Carli (Italie), ainsi que Sandra Federici, journaliste, directrice de la revue « Africa e Mediterraneo ».

« Notre intérêt est de pouvoir , comme on a fait cette année dans le « Off », faire développer la BD, avoir une collaboration plus étroite avec la Biennale de Dakar et avec la mairie de Grand Dakar, parce qu'on a rencontré un vif intérêt chez les jeunes du milieu populaire qui veulent être formés, il y aura des échanges . Pour les prochaines années, nous allons poursuivre cette collaboration et surtout avec notre partenaire Modibo Diawara, (ndlr :scénariste et président de l'association sénégalaise C.A.E.M.) qui fait un très bon travail sur l'éducation aux médiats », souligne le directeur des projets d'Africa e Mediterraneo. Il estime que la BD est « un instrument extraordinaire pour faire de la communication sociale en Afrique, mais elle doit être faite avec des professionnels ».

La BD s'avère très utile pour informer les populations, ainsi la Commission Européenne a accepté de financer des projets sur des sujets comme l'émigration qui donnent la possibilité à des auteurs d'être rémunérés pour ce travail. Andrea Marchesini espère développer ce travail en Afrique, en y associant des institutions locales .