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  <title>la redaction's blog</title>
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  <updated>2006-07-26T05:45:29-06:00</updated>
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    <title>Amar Belkhodja, Colonialisme, les crimes impunis</title>
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    <published>2006-11-22T17:38:59-07:00</published>
    <updated>2006-11-22T17:40:19-07:00</updated>
    <author>
      <name>la redaction</name>
    </author>
    <category term="Essais" />
    <category term="Histoire" />
    <category term="Littérature algérienne" />
    <summary type="html"><![CDATA[<p>L’historien et ancien journaliste algérien, Amar Belkhodja, vient d’éditer un nouveau produit où un des pans les plus importants de l’histoire d’Algérie est remarquablement relaté, et ce, à travers des faits historiques implacables basés sur des témoignages et un travail de recherche, on ne peut plus, minutieux. Aussi, le crime est-il passé en revue d’un endroit à l’autre d’un pays ayant, plus d’un siècle durant, subi les affres d’un colonialisme farouche et dévastateur.</p>
    ]]></summary>
    <content type="html"><![CDATA[<p><strong>Revues de Presse:</strong><br />
_____________________________</p>
<p><strong>"La chasse à l'Arabe", racisme et scènes horribles</strong></p>
<p>L’historien et ancien journaliste algérien, Amar Belkhodja, vient d’éditer un nouveau produit où un des pans les plus importants de l’histoire d’Algérie est remarquablement relaté, et ce, à travers des faits historiques implacables basés sur des témoignages et un travail de recherche, on ne peut plus, minutieux. Aussi, le crime est-il passé en revue d’un endroit à l’autre d’un pays ayant, plus d’un siècle durant, subi les affres d’un colonialisme farouche et dévastateur.</p>
<p>Amar Belkhodja nous raconte alors comment les populations “indigènes” avaient vécu l’horreur à l’époque. Le crime colonial aura eu le temps et la latitude de sévir, et ce, en toute impunité avec à la clé, haine et discrimination raciale. L’auteur entamera ainsi son récit en évoquant “la chasse à l’Arabe”, racisme et scènes horribles que feront subir les Français aux autochtones vers les années 1942 quelque part à Zéralda près d’Alger. Amar Belkhodja décrit par ailleurs, la tuerie de “Deschmya” en avril 1948 sur fond, comme l’a-t-il si bien rappelé, de “démocratie par le sang et par la fraude”.</p>
<p> C’est donc au pays des Berbères, pas loin de Sour-El- Ghozlane, au douar Deschmya que la fraude électorale par la force se fera entendre. Le 30 avril 1949, Mascara vivra les tristes exploits des légionnaires avec comme cible toute désignée “Baba Ali” quartier “arabe” par excellence. Une nuit de terreur en fait, encore une, vécue par la population musulmane. M. Belkhodja, outre l’enchaînement des faits irréprochables, relève, en historien avéré, bon nombre de chiffres et autant de repères historiques susceptibles d’éclairer davantage notre lanterne.</p>
<p>L’autre douar-martyre a pour nom Sid Ali Bounab. Octobre 1949, c’est au cœur du Djurdjura qu’aura lieu le massacre. Une vingtaine de gendarmes, détruisant tout sur leur passage avec à la clé, terreur et humiliations, une quinzaine de jours durant d’où exode massif des populations vers les villes… Sacrée vengeance sur d’innocentes âmes après qu’un déserteur leur aura échappé. L’auteur de l’ouvrage décrit alors la rage et la sauvagerie avec lesquelles se rueront les gendarmes français sur une population sans défense.</p>
<p>Aussi, plusieurs témoignages sont-ils relatés quant à ces tristes évènements. Autre escale, El-Asnam, aujourd’hui Chlef, où de sanglantes agressions ont eu lieu le 14 mai 1952. Date-repère dans l’évolution des consciences et l’avancée du nationalisme algérien. C’est lors du passage de Messali Hadj dans cette ville que la population locale sera réprimée dans le sang. Le 1er mai 1952, Oran vivra d’autres moments de répression, celle du mouvement ouvrier. D’importants affrontements éclateront et les forces de l’ordre frapperont dur.</p>
<p>Beaucoup de blessés et d’arrestations parmi les travailleurs et la population oranaise. Terreur sur la ville en fait… A Nedroma dans l’ouest du pays toujours, des émeutes populaires auront lieu un 15 octobre 1953 face à un appareil répressif mis farouchement en branle à l’occasion… L’auteur met par ailleurs l’accent sur la gravité des crimes impunis perpétrés au quotidien contre des populations sans défense vouées aux pires humiliations qu’exerçaient alors les forces de l’occupation dans une Algérie longtemps soumise au joug du colonialisme.</p>
<p>Aussi, fait-il apparenter ce dernier à une forme de racisme sans précédent en terre d’Afrique du Nord. Le code de l’indigénat, nationalité, apartheid en Afrique du Nord, théories raciales du XIXe siècle, procès et crimes coloniaux, tels sont les points mis en relief par Amar Belkhodja qui, encore une fois, aura eu le mérite de dépoussiérer tant de dossiers et d’archives avec à la clé un aussi harassant travail de recherche et d’investigation. Un ouvrage paru ces tous derniers mois aux Editions Alpha (Alger) et dans lequel l’auteur décrit l’horreur et l’atrocité humaine sur fond de haine et de mépris.</p>
<p>L’Algérie s’en souviendra en fait… Un livre à lire, destiné par devoir de mémoire à toutes les générations, notamment aux jeunes avides de l’histoire de leur patrie.</p>
<p>par Sid-Ahmed Hadjar<br />
<em>Le Soir d'Algérie - 21 novembre 2006</em></p>
<p><strong>«Civiliser», pourquoi?...</strong></p>
<p>Le discours de la civilisation qui devait servir souvent à légitimer la colonisation française n’a jamais cessé...</p>
<p>Ce discours ressurgit comme un spasme de la maladie dont sont atteints tous les conquérants chassés (fut-ce, par exemple, après 132 ans d’occupation en Algérie!) et leurs affidés nouvelle vague, qui, eux aussi, succombant à la récurrence de certains souvenirs heureux extraits de la vie coloniale, brament leur délire à travers les hauts faits de civilisation introduite et implantée dans le pays dominé de «Là-bas».</p>
<p>Oui, une certaine idée de la civilisation-colonisation avait été amplifiée et popularisée, à l’époque de la conquête, puis s’était instituée insidieusement dans l’intention fixe que «la colonisation, c’est-à-dire l’intervention de la civilisation chez les peuples barbares, sera à la fois un acte de justice morale, d’industrie et de science, [qui apportera aux colonisés] association, lumières et aisance (Le Globe, organe du saint-simonisme, 10 novembre 1831).»</p>
<p>Or l’Histoire, toute l’Histoire, retient définitivement qu’en Algérie, la civilisation promise et jurée par la France aux Algériens de 1830 qu’elle avait du reste trop vite taxés de barbares à ce point de se charger de convertir, a été incontestablement conquérante, car cette «civilisation» a été inscrite depuis longtemps dans son projet de colonisation militaire.</p>
<p>C’est justement ce point d’histoire qui est l’objet essentiel du livre Colonialisme, les crimes impunis que vient de publier Amar Belkhodja, ancien journaliste à El Moudjahid. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages traitant de sujets aussi importants que celui qu’il nous propose à la lecture aujourd’hui. Le présent ouvrage interpelle sans ménagement les Algériens; il a pleinement raison. Le temps passe, nous passons, nos jeunes grandiront dans l’ignorance de la véritable histoire de leur pays, des souffrances que le peuple de toujours a endurées à travers les différentes conquêtes et tout particulièrement à travers ce que l’on désigne enfin unanimement par guerre d’Algérie.</p>
<p>L’auteur s’est investi dans un travail de recherche historique et de récupération logique et saine de ce qui est le droit de savoir et de dire les faits que d’aucuns s’épuisent en mauvaise foi pour rien reconnaître des méfaits du colonialisme. Belkhodja, preuves à l’appui (enquêtes, commentaires, documents écrits, témoignages,...), analyse avec la finesse du journaliste et historien professionnel, quelques-uns, parmi les plus sauvages, des crimes impunis du colonialisme. La dénonciation n’est pas seulement lancée à la face du tortionnaire, elle est décrite, je dirais décryptée à l’intention de ceux qui ne veulent rien voir ni rien entendre. Ne dit-on pas «seul ton ongle te grattera, et seul ton oeil te pleurera»?</p>
<p>Il faut lire cet ensemble de reportages authentiques placés par Amar Belkhodja dans son ouvrage Colonialisme, les crimes impunis. La colonisation prend ici une nette signification: haine, mépris, racisme, injustice, répression, torture, agonie, mort. Le colonialisme n’envie rien à l’apartheid. Il faut lire ces forts chapitres: Zéralda, 1942, morts dans leur cellule I; Dechmya, avril 1948, la tuerie (pages noires du colonialisme); Mascara, 30 avril 1949, les tristes exploits des légionnaires...</p>
<p>Les jeunes sauront ce que signifiaient à l’époque coloniale: colonialisme et racisme. «Sans pudeur, on continue de nous gaver de paternalisme de l’autre côté de la Méditerranée» est bien la juste conclusion de Amar Belkhodja à son délicat et respectable travail.</p>
<p>par Kaddour M’HAMSADJI<br />
<strong>L'Expression - 11 octobre 2006</strong></p>
<p><strong>Histoire de la colonisation</strong></p>
<p>Ce livre, très fouillé, raconte les horreurs infligées aux Algériens pendant la colonisation.</p>
<p>Vient de paraître aux éditions Alpha, un ouvrage écrit par Amar Belkhodja, et qui traite des effets de la colonisation en Algérie. Colonialisme, les crimes impunis retrace, avec témoignage à l’appui, les crimes commis par l’administration coloniale et qui, pour nombre d’entre eux, restent méconnus par beaucoup d’entre nous, notamment les nouvelles générations, voire oubliés de l’Histoire.</p>
<p>Ainsi, l’auteur, soucieux de rendre justice aux victimes, de révéler des vérités longtemps occultées ne serait-ce que par le biais de l’écriture, dénonce dans un moment où la colonisation est glorifiée, où le vocable de colonisation – ironiquement – revêt, dans Le Petit Robert, le sens d’un fait, d’une action ayant pour objectif de civiliser les populations autochtones, des attitudes abominables et des agissements répréhensibles qui étaient commis à l’encontre d’une population dite péjorativement indigène, parce qu’elle était algérienne et musulmane.</p>
<p>Ce livre, très fouillé, raconte ces quelques horreurs infligées aux Algériens, à savoir les morts de la prison de Zéralda en 1942, la tuerie de Deschamps en avril 1948, les tristes exploits des légionnaires de Mascara d’avril 1949. Il raconte également le douar martyr de Sidi Ali Bounab en octobre 1949, les sanglantes agressions d’El-Asnam de mai 1952 ainsi que les répressions du mouvement ouvrier à Oran du 1er mai 1952 et les émeutes populaires de Nedroma en octobre 1953.</p>
<p>Dans le dernier chapitre du livre intitulé «Colonialisme et racisme», l’auteur aborde, textes à l’appui, une sorte de traité, le sens véritable de la colonisation, un fait raciste. Il la qualifie d’apartheid.</p>
<p>Colonialisme, les crimes impunis se veut non seulement un acte de dénonciation ou encore un contre-discours venant désavouer le mot colonisation – une attitude tant glorifiée par les partisans du colonialisme – et lui faire perdre toute sa crédibilité, mais également, et surtout, un document historique, une référence à cette période de notre histoire, nous les Algériens, qui fut triste et tragique. Un drame humanitaire. Un génocide culturel. Une chosification de l’individu. Une dépersonnalisation d’une société qui a perdu une grande partie de ses repères identitaires. Ce livre est érigé en fait contre l’oubli.</p>
<p>par Yacine Idjer<br />
<strong>Info Soir - 10 septembre 2006</strong></p>
    ]]></content>
  </entry>
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    <title>Parler des camps, penser les génocides, (Essai) - Éditions Albin Michel, Paris, 1999</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.arabesques-editions.com/parutions/articles/200634.html" />
    <id>http://www.arabesques-editions.com/parutions/articles/200634.html</id>
    <published>2006-11-13T16:51:41-07:00</published>
    <updated>2006-11-13T16:51:41-07:00</updated>
    <author>
      <name>la redaction</name>
    </author>
    <category term="Bibliothèque universitaire" />
    <category term="Essais" />
    <category term="Littérature algérienne" />
    <summary type="html"><![CDATA[<p>La politique de la France en Algérie aurait dû reposer sur la convention dans laquelle le général de Bourmont promettait, lors de la prise d’Alger le 5 juillet 1830, que :<br />
« l’exercice de la religion mahométane restera libre ; la liberté de toutes les classes d’habitants, leur religion, leurs propriétés, leur commerce ne recevront aucune atteinte. Les femmes seront respectées. Le général en chef en prend l’engagement sur l’honneur. »</p>
    ]]></summary>
    <content type="html"><![CDATA[<p><strong>Extrait </strong></p>
<p>La politique de la France en Algérie aurait dû reposer sur la convention dans laquelle le général de Bourmont promettait, lors de la prise d’Alger le 5 juillet 1830, que : </p>
<p>« l’exercice de la religion mahométane restera libre ; la liberté de toutes les classes d’habitants, leur religion, leurs propriétés, leur commerce ne recevront aucune atteinte. Les femmes seront respectées. Le général en chef en prend l’engagement sur l’honneur. » </p>
<p>Le non-respect de cette « parole donnée à l’Islam » (L. Massignon), qui fut à l’origine de la durable crise de confiance entre la France et les musulmans d’Algérie, commença deux mois après cet engagement solennel, lorsque le successeur de Bourmont, le général Clauzel, inaugura la politique de privation de la religion musulmane de ses moyens d’existence par la confiscation des habous (biens de main-morte servant à l’entretien des lieux de culte, au financement de l’enseignement religieux et de l’action de bienfaisance) . C’est que les références au droit et à la morale durent être relativisées au profit de la conquête militaire et des besoins de la colonisation terrienne, dont les appétits conduisirent au labour d’un grand nombre de cimetières musulmans. </p>
<p>La « pacification », qui dura jusqu’au « nettoyage de la Kabylie » en 1857, fut obtenue au prix de la systématisation des razzias par le général Lamoricière et la politique de la « terre brûlée » du maréchal Bugeaud. De nombreuses affaires datant des débuts de la conquête confirment que l’armée d’Afrique accepta de mener une « guerre sans lois » (Pierre Montagnon), dans laquelle la fin justifiait souvent les moyens. Certaines opérations s’apparentaient à des crimes de guerre caractérisés. L’un des plus spectaculaires actes de cruauté froide, classable parmi cette catégorie de violences, fut le massacre, en avril 1832, de la petite tribu des Ouffia qui fut décidé par le gouvernement policier du duc de Rovigo. Soupçonnée d’avoir commis un vol dont avait été victime un cheikh rallié à la France qui se rendait à Alger en provenance de Constantine, la tribu des Ouffia fut exterminée près de Maison-Carrée, « sans enquête, ni preuve ». </p>
<p>"Tout ce qui vivait fut voué à la mort ; tout ce qui pouvait être pris fut enlevé, on ne fit aucune distinction d’âge ni de sexe. Cependant l’humanité d’un petit nombre d’officiers sauva quelques femmes et quelques enfants. En revenant de cette funeste expédition, plusieurs de nos cavaliers portaient des têtes au bout de leurs lances et une d’elles servir, dit-on, à un horrible festin." </p>
<p>Cette expédition fit une centaine de morts et un butin de deux mille moutons, sept cents bœufs et une trentaine de chameaux qui furent vendus de gré à gré sur le marché de Bab Azoun où l’on « voyait des bracelets encore attachés au poignet coupé et des boucles d’oreilles sanglantes !!! ». Il fut reconnu que les voleurs appartenaient à une autre tribu, mais le cheikh des Ouffia fut condamné à mort et exécuté. Sa grâce fut refusée par le duc de Rovigo qui, pour satisfaire ses « convenances personnelles » (Pellissier de Reynaud), voulut « en toute tranquillité de conscience laisser aller la justice ». </p>
<p>La généralisation de la guerre fut à l’origine d’autres formes de violence qui devraient être rangées facilement aujourd’hui dans la catégorie des « crimes contre l’humanité ». C’est le cas notamment de la pratique des enfumades et des emmurements qui provoquaient à chaque fois la mort de plusieurs centaines de personnes par asphyxie. L’existence de ces « chambres à gaz » de fortune fut révélée lors de la répression de l’insurrection menée dans le Dahra en 1845 par un jeune chef maraboutique d’une vingtaine d’années surnommé Boumaza (l’homme à la chèvre), qui s’attribuait le titre messianique de « maître de l’heure » Devant les difficultés à réprimer cette insurrection, le colonel Pélissier décida de poursuivre les Ouled Riah qui s’étaient retranchés par centaines dans des grottes de montagne. Des fascines enflammées furent placées, et systématiquement entretenues, devant les issues des grottes où s’était réfugiée une partie de la tribu. Le lendemain, on trouva des centaines de cadavres (d’hommes, de femmes et d’enfants) amoncelés. Il y eut au moins cinq cents victimes ; on parla même d’un millier de morts. A la suite de l’invitation du gouvernement à « répudier avec horreur, pour l’honneur de la France » (Montalembert) ce « meurtre consommé avec préméditation sur un ennemi sans défense » (prince de la Moskowa), le maréchal Soult (alors ministre de la Guerre) fut amené à « déplorer » ce forfait. Au ministre qui ne voulait pas croire « que le colonel ait eu des ordres pour employer de tels moyens », Bugeaud - qui demanda aux membres de la Chambre des pairs de lui indiquer des procédés plus moraux lui permettant de gagner la guerre - répondit qu’il prenait « toute la responsabilité de cet acte », car il avait prescrit d’en user ainsi « à la dernière extrémité ». </p>
<p>L’année précédente, le général Cavaignac avait utilisé le même procédé pour obtenir la reddition de la tribu des Sbéahs. Le général Canrobert en a donné le récit suivant : </p>
<p>"On pétarada l’entrée de la grotte et on y accumula des fagots de broussailles. Le soir, le feu fut allumé. Le lendemain quelques Sbéahs se présentèrent à l’entrée de la grotte, demandant l’aman à nos postes avancés. Leurs compagnons, les femmes et les enfants étaient morts." </p>
<p>Quelques semaines après l’affaire des Ouled Riah, le colonel SaintArnaud montra autant de discrétion que le général Cavaignac l’année précédente lorsqu’il emmura d’autres Sbéahs : </p>
<p>"Je fais hermétiquement boucher toutes les issues et je fais un vaste cimetière. La terre couvrira à jamais les cadavres de ces fanatiques. Personne n’est descendu dans les cavernes ; personne... que moi ne sait qu’il y a là-dessous cinq cents brigands qui n’égorgeront plus les Français. Un rapport confidentiel a tout dit au maréchal simplement, sans poésie terrible ni images." </p>
<p>Selon quelques survivants, les bœufs, excités par la privation d’air, avaient écrasé les gens à terre, augmentant ainsi le nombre des victimes de ce « vaste cimetière » demeuré fermé et où, selon un observateur qui écrivait en 1864, « tous, hommes, femmes, enfants, troupeaux, sont encore Idem. ». Faute de pouvoir enfumer, Canrobert pratiqua aussi l’emmurement dans une expédition au nord du Dahra. </p>
<p>" Comme il n’y a pas de bois, je bouche l’entrée de la caverne avec des pierres. Si j’avais fait autrement un grand nombre de nos soldats seraient tombés inutilement sous les balles arabes." </p>
<p>De ces quatre sinistres aventures de grottes, seule l’affaire des Ouled Riah fut « médiatisée ». Car Bugeaud, qui était en expédition, ne put arrêter le rapport du colonel Pelissier qui finit entre les mains du prince de la Moskowa. Pour C. A. Julien, « il est probable que la pratique - des enfumades et des emmurements - fut plus fréquente qu’il ne paraît ». Il convient de préciser que l’armée française a eu recours à l’emmurement des grottes pendant la guerre de 1954 à 1962. </p>
<p>Les habitudes prises durant les opérations de la conquête ont survécu à la « pacification », et les méthodes utilisées pour réprimer les grandes insurrections ne furent pas plus morales. L’atmosphère dans laquelle furent tués près de deux mille « indigènes » pour réprimer la révolte menée en 1871-1872 par le bachaga El Moqrani avec l’aide du chef de la confrérie des Rahmanya, le cheikh E1 Haddad, justifia l’internement des chefs insurgés dans des bagnes comme celui de Cayenne et la confiscation des biens des tribus, qui entraîna un exode massif de la Kabylie vers la Mitidja et le Constantinois. </p>
<p>Ces mesures inspirèrent les dispositions du « système de l’indigénat » qui, en instituant un droit à deux vitesses, légalisa, à l’intention des « indigènes musulmans non naturalisés », le séquestre (qui avait été supprimé en France par l’Ancien Régime), les commissions disciplinaires, puis les tribunaux répressifs (qui ignoraient la séparation du judiciaire et du policier) et le principe de la responsabilité collective. En parachevant ce dispositif juridique d’exception au moment du Centenaire de la révolution de 1789, la IIIe République renonça à l’universalité des Droits de l’homme et tourna résolument le dos à la formule d’un des révolutionnaires : « Que périssent les colonies pour que vivent les principes. » </p>
<p>Le triomphalisme colonial permit même d’envisager d’assurer la parité démographique entre Européens et musulmans en réduisant, par la guerre ou par la politique, le nombre de ces derniers, dans la foulée des grandes famines des années 1860, qui furent provoquées notamment par la disparition des silos collectifs consécutive à la ruine de l’économie traditionnelle. Selon les déductions faites du recensement approximatif de 1872, près de six cent mille musulmans ont disparu à partir de 1861, à la suite de la désagrégation du système économique traditionnel précipitée par la politique de « cantonnement » que le général Lapasset résuma en deux mots : « vol et spoliation » On croyait alors à « une diminution inéluctable des populations indigènes frappées par le choc d’une civilisation supérieure. Ainsi en avait-il été en Amérique lors de l’arrivée des Européens, et d’aucuns, en Algérie surtout, prophétisaient la "disparition fatale de la race indigène" ». </p>
<p>C’est sans doute de cette époque que date l’élaboration d’un scénario d’« extermination des indigènes » décrit dans des archives inédites que mentionnait récemment un ancien archiviste de la préfecture d’Alger. En 1892, cette « solution finale » était encore évoquée, mais pour mieux la réfuter, par le positiviste islamophile Charles Mismer, qui parlait des musulmans d’Algérie en ces termes : </p>
<p>" Les convertir est impossible : jamais leur Dieu ne capitulera devant la Trinité chrétienne !... Les détruire, comme des Peaux-Rouges, est également impossible : à défaut du monde civilisé, leur nombre et leur vaillance les protégeraient. Reste la justice." </p>
<p>C. Mismer, Souvenirs du monde musulman, Paris, Hachette, 1892, p. 320.<br />
Plus récemment, Jules Roy a étonné B. Pivot qui l’interrogeait sur Mémoires d’un barbare, en déclarant :<br />
« Nous aurions exterminé les Arabes en Algérie si nous avions eu les moyens, et s’ils n’étaient pas nombreux. »</p>
<p>Les quelques mesures de justice prises par Clemenceau en 1919, en hommage aux quatre-vingt mille soldats musulmans morts pendant la guerre de 1914-1918, contribuèrent à faire oublier ces velléités et à estomper les souvenirs des brutalités de la conquête et des méthodes utilisées dans la répression des révoltes, comme celles de Margueritte (1901) et des Aurès (1916). Jusqu’à ce que la tentative de participation des Algériens du Constantinois à la célébration de la victoire contre le nazisme, le 8 mai 1945, tourne à 1’émeute et conduise à une répression implacable, qui remit à l’ordre du jour tous les traumatismes passés que l’on croyait atténués par le sentiment de la « fraternité d’armes » de la Deuxième Guerre mondiale (au cours de laquelle douze mille soldats musulmans algériens furent tués) et les promesses successives de faire évoluer le sort des « indigènes ». </p>
<p>La répression menée conjointement par l’armée (y compris l’aviation et les navires de guerre en rade de Bougie et Djidjelli qui bombardèrent l’arrière-pays), la police et les milices des colons, fit plusieurs milliers de morts, dans la région de Sétif et de Kherrata notamment. </p>
<p>"Jamais depuis 1842, et le maréchal de Saint-Arnaud, l’Algérie n’avait connu, même aux jours les plus sombres de son histoire, de répression plus féroce contre un peuple sans défense... </p>
<p>Le Courrier algérien du 26 mai 1946, cité par M. Kaddache</p>
<p>Sur les routes, à travers les sentiers, dans les champs, dans les rivières, et dans les ravins, ce n était que cadavres entrouverts où s’engouffrait la gueule sanglante de chiens affamés... Çà et là des villages entièrement rasés éléments d’une humanité primitive- fuyant sous les balles meurtrières des civilisés. Dans les charniers de morts peut-être étaient-ils quelques coupables. Il y avait sûrement en tout cas des dizaines d’innocents." </p>
<p>Ce drame a fait l’objet d’une bataille de chiffres qui dure jusqu’à nos jours. M. Kaddache résume ainsi les différents bilans avancés :<br />
<em>Le gouvernement de la Libération parla de 1 500 morts musulmans, les militaires de 6 000 à 8 000, les milieux américains parlèrent de 35 000 et même de 80 000. Les militants algériens retinrent le chiffre de 45 000. </em></p>
<p>Selon Ageron, « la répression judiciaire toucha près de cinq mille suspects arrêtés. Les tribunaux militaires prononcèrent près de mille quatre cents condamnations dont une centaine à la peine de mort. On ne compta que vingt à vingt-huit exécutions. Le P.P.A. (Parti du peuple algérien) parla aussitôt de "génocide" ». Jacques Berque donne une idée de la singulière ambiance dans laquelle fut menée cette répression. Il rapporte les récits d’un officier des affaires indigènes qui y participa à la tête d’un goum marocain : </p>
<p>"On avait bombardé, en dépit du tricolore arboré, des hameaux présumés rebelles, ou pour l’exemple. Dans l’auditoire, plusieurs officiers dirent assez haut que ce n’était pas agir en soldats. L’orateur lui-même clamait sa réprobation devant l’hypocrisie d’un maire colon qui, après lui avoir élogieusement présenté des conseillers communaux, l’avait pris à part pour lui demander de fusiller l’un d’entre eux, musulman, coupable, paraît-il, de menées antifrançaises. Même pour le sabreur, c’en fut trop...". </p>
<p><strong>Jacques Berque, Mémoires des deux rives, Paris, Seuil, 1989, p. 116</strong></p>
<p>La gravité de cette répression est telle que l’ancien militant nationaliste algérien Bachir Boumaza a fixé comme objectif à la Fondation du 8 mai 1945, qu’il a créée à Alger en 1989, de « faire reconnaître ces massacres comme crimes contre l’humanité ».</p>
    ]]></content>
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    <title>Ouahiba Aboun-Adjali : Alger, de mémoire et d&#039;amour, (Poésie) - Éditions Apic, Alger, 2006</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.arabesques-editions.com/parutions/articles/200632.html" />
    <id>http://www.arabesques-editions.com/parutions/articles/200632.html</id>
    <published>2006-11-13T16:23:52-07:00</published>
    <updated>2006-11-13T16:23:52-07:00</updated>
    <author>
      <name>la redaction</name>
    </author>
    <category term="Littérature algérienne" />
    <category term="Poésie" />
    <summary type="html"><![CDATA[<p>Partout dans le monde, l’édition de poésie reste une aventure. Dans le contexte de l’édition nationale, elle relève de l’héroïsme. Le défunt Djamel Amrani, qui était d’une humilité désarmante, s’était même demandé une fois comment il avait pu être édité en Algérie.</p>
    ]]></summary>
    <content type="html"><![CDATA[<p><strong>Par le Boulevard Front-de-l’âme </strong></p>
<p>      Partout dans le monde, l’édition de poésie reste une aventure. Dans le contexte de l’édition nationale, elle relève de l’héroïsme. Le défunt Djamel Amrani, qui était d’une humilité désarmante, s’était même demandé une fois comment il avait pu être édité en Algérie. </p>
<p>      Aussi, c’est bien un exploit qu’il faut saluer à travers la sortie de Alger, de mémoire et d’amour de Ouahiba Aboun-Adjali. Le texte d’une rare sensibilité s’appuie sur le rapport quasi ombilical de la poétesse à sa ville. A travers les murs de la Cité, mais aussi ses habitants et ses ambiances, les images projetées par les mots nous renvoient à une chronique affective de l’espace urbain. Lumières et beautés, gloire et bonhomie côtoient les douleurs et les épisodes d’horreur d’Alger.<br />
      Une vision de l’œil mais aussi du cœur sert de guide à qui veut visiter la ville par le boulevard Front-de-l’âme. Le texte est servi par une édition pour le moins originale. En fait, trois éditions. La première, une édition de tête, dite de bibliophilie contemporaine, ne comporte que 15 exemplaires originaux entièrement réalisés à la main sur un papier rare. Une œuvre d’art calligraphiée et illustrée de dessins et de peintures de Philippe Amrouche.<br />
      Cette série pour amateurs d’art a été réalisée par une maison d’édition associative, Emerance, basée à Angoulême. Mais ce bijou éditorial a vu le jour à Alger, son prototype ayant été conçu dans l’atelier du grand peintre Khadda, ouvert pour la première fois depuis sa mort en mai 1991. C’est cette première version, dont les droits ont été acquis par les éditions APIC d’Alger, qui a servi de base aux deux autres : une édition d’art en 1000 exemplaires tirée sur offset et un recueil de plus large tirage regroupant les textes poétiques.<br />
      Voilà qui rétablit la réputation d’Alger d’inspiratrice des poètes.<br />
      Séance de signature par l’auteur, aujourd’hui à partir de 15 h, au stand des éditions APIC. SILA. Pavillon C de la Safex. </p>
<p><strong>Ouahiba Aboun-Adjali</strong></p>
<p>par D. A.<br />
El Watan - 9 novembre 2006</p>
    ]]></content>
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  <entry>
    <title>Le crime de Napoléon</title>
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    <id>http://www.arabesques-editions.com/parutions/articles/200623.html</id>
    <published>2006-08-13T09:25:02-06:00</published>
    <updated>2006-08-13T09:30:33-06:00</updated>
    <author>
      <name>la redaction</name>
    </author>
    <category term="Edition française" />
    <category term="Histoire" />
    <category term="Livre francophone" />
    <summary type="html"><![CDATA[<p>Plus d'un million de personnes vouées à la mort selon des critères 'raciaux', un génocide perpétré en utilisant les gaz, des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants dévorés vivants par des chiens, deux cent cinquante mille citoyens enchaînés et mis en esclavage, un plan de déportation meurtrier incluant d'anciens parlementaires, des escadrons de la mort pour traquer les résistants et les brûler sur place, des camps de triages et de concentration, des 'lois raciales'. Cent quarante ans avant la Shoah, un dictateur, dans l'espoir de devenir le maître du monde, n'hésite pas à écraser sous la botte une partie de l'humanité. Ce n'est pas de Hitler qu'il s'agit, mais de son modèle, Bonaparte.</p>
    ]]></summary>
    <content type="html"><![CDATA[<p>Plus d'un million de personnes vouées à la mort selon des critères 'raciaux', un génocide perpétré en utilisant les gaz, des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants dévorés vivants par des chiens, deux cent cinquante mille citoyens enchaînés et mis en esclavage, un plan de déportation meurtrier incluant d'anciens parlementaires, des escadrons de la mort pour traquer les résistants et les brûler sur place, des camps de triages et de concentration, des 'lois raciales'. Cent quarante ans avant la Shoah, un dictateur, dans l'espoir de devenir le maître du monde, n'hésite pas à écraser sous la botte une partie de l'humanité. Ce n'est pas de Hitler qu'il s'agit, mais de son modèle, Bonaparte. Comment les exactions de ce déporté misogyne, homophobe, antisémite, raciste, fasciste, antirépublicain, qui détestait autant les Français du continent que les Corses, ont-elles pu, jusqu'à présent, restées ignorées du grand public ? Pourquoi une certaine France, au XXIe siècle, s'acharne-t- elle à faire du boucher des 'Noirs' un héros national ? Deux cents ans après, Claude Ribbe, écrivain, philosophe, historien et défenseur de la mémoire des esclaves, dénonce enfin, pour la première fois, preuves et témoignages à l'appui, le crime de Napoléon.</p>
<p>Des manuels d'histoire et des films au cinéma, à la télévision réalisés à grands frais avec l'argent public de la redevance ou de l'avance sur recettes font de Napoléon un héros sans tâche, un modèle pour les Français.</p>
<p>Napoléon est, hélas, bel et bien un criminel. Il est contre l'humanité et c'est un triple crime. Qu'on ne se méprenne pas, il ne s'agit pas d'un réquisitoire contre les méfaits d'un homme déjà controversé sur bien assez de points : le nombre de morts laissés sur les champs de bataille, les crimes de guerre systématiquement commis lors des campagnes, les assassinats, l'enrichissement personnel. Des auteurs, des artistes - et non des moindres, parfois : Tolstoï, Goya - ont déjà ouvert le chemin.</p>
<p>Le crime dont parle Claude Ribbe est très précisément celui commis à partir de 1802 contre les Africains et les populations d'origine africaine déportées, mises en esclavage et massacrées dans les colonies françaises. Napoléon y a, en effet, restauré l'esclavage et la traite que la révolution de 1789 avait déclarés hors la loi plus tôt. Et comme la résistance des Haïtiens, après la lutte héroïque des Guadeloupéens, l'a mis dans l'impossibilité d'appliquer son programme dans la principale de ces colonies, celle de Saint-Domingue, il y a perpétré des massacres, dont le caractère génocidaire non seulement ne peut être mis en doute, mais préfigure de manière évidente - notamment les méthodes employées - la politique d'extermination engagée contre les juifs et les tsiganes durant la Seconde Guerre mondiale.</p>
<p>Ni la mise en esclavage et la déportation de citoyens français, ni la mise en esclavage et la déportation d'Africains, ni le génocide engagé contre la population haïtienne ne sont explicitement évoqués dans les livres, dans les manuels d'histoire, dans les oeuvres audiovisuelles, dans les expositions ni dans les spectacles consacrés à Napoléon. Et si, d'aventure, le rétablissement de l'esclavage est mentionné, il n'est jamais dit que les personnes visées étaient des citoyens français. Quant au génocide commis par Napoléon en Haïti, c'est un tabou.</p>
<p>Depuis la monarchie de Juillet, les régimes politiques ont eu coutume d'imposer en France le culte du dictateur (Adolphe Thiers, Histoire du Consulat et de l'Empire). L'idéologie bonapartiste atteint naturellement son apogée avec la dictature de Napoléon III.</p>
<p>Le racisme a une histoire. Il a été importé en France par les colons des Antilles au moment où montait l'opposition à l'esclavage, c'est-à-dire très précisément à l'avènement de Louis XIV. La faiblesse du monarque ne tarda pas à laisser construire une réglementation discriminatoire que Napoléon apprécia en gourmet, au point de la remettre en vigueur et même la renforcer. Quant au racisme, il lui donnera ses lettres de noblesse et lui ouvrira, explicitement ou implicitement, les portes de l'université.</p>
<p>Trois anciens esclaves ont particulièrement marqué la fin du XVIIIe siècle. Joseph de Bologne, escrimeur et compositeur né esclave à la Guadeloupe est mort au service de la Révolution. L'ami de Saint-George, le général de division Alexandre Dumas, né esclave à Haïti, est prisonnier du roi de Naples en Italie. Toussaint Louverture, né lui aussi esclave des Français de Haïti, a réalisé un exploit qui restera hors de la portée de Napoléon : il a battu les Espagnols et les Anglais.</p>
<p>Aucun doute, donc : Napoléon, au moment où il s'empare du pouvoir, est bien un esclavagiste convaincu. Mais il est également raciste. Raciste jusqu'à l'aliénation. On connaît sa haine des juifs que la révolution vient tout juste d'émanciper.</p>
<p>L'ironie du sort voudra que le duce déchu finisse ses jours au large des côtes d'Afrique, qui l'auront tant obsédé, dans une colonie anglaise (Sainte Hélène) en partie peuplée d'esclaves mélanodermes. Dans l'urgence, Napoléon oublie ses répugnances. C'est la ravissante Esther Vesey, 'mulâtresse' de seize ans, fille d'une esclave et d'un vieux sergent français, employée comme nurse au service des Montholon au domaine de Longwood, qui donne au négrophobe l'occasion de satisfaire sa libido.</p>
<p>Le 14 octobre 1801, lorsque Napoléon reçoit le colonel Vincent, émissaire du gouverneur 'noir' de Saint-Domingue chargé de lui apprendre l'approbation d'une constitution qui fait d'Haïti un Etat associé et donne à Toussaint le pouvoir à vie sur une île désormais réunifiée, sa décision d'envoyer une expédition est arrêtée depuis plusieurs mois, en dépit des réserves de quelques esprits aussi lucides que Fouchet. A Brest, d'ailleurs, les troupes ont déjà embarqué.</p>
<p>Après un mois de campagne et de violents combats, la situation reste confuse. Leclerc a perdu un tiers de son armée. Un autre tiers est à l'hôpital, déjà atteint par le terrible vomito negro.</p>
<p>Le rétablissement de l'esclavage à la Guadeloupe et la tentative de rétablissement en Haïti se sont accompagnés d'une barbarie inouïe, perpétrée selon les instructions de Napoléon ou avec son approbation. A l'époque, on a peu d'équivalents dans l'histoire de la France, et, peut être, dans l'histoire tout court, d'une pareille sauvagerie.</p>
<p>En 1825, l'année où la France reconnaît enfin, moyennant finances, la liberté des Haïtiens, Antoine Métral, dans son Histoire de l'expédition des Français à Saint Domingue, révèle l'existence de charniers. Les atrocités sont allées si loin qu'il n'a pas été possible de les dissimuler. Si à la Guadeloupe, comme en Haïti, les ordres de Napoléon ont été d'exterminer les masses, ils étaient aussi de déporter tous les 'nègres' et hommes 'de couleur' qui ont porté l'épaulette, qu'ils aient joué ou non un rôle dans la résistance à l'esclavage. Bonaparte, engageant sciemment un véritable génocide, a fait tuer en Guadeloupe et en Haïti au moins cent mille personnes d'origine africaine. La France a perdu sa colonie de Saint Domingue et même la Louisiane, que Napoléon vendit de rage, pour une bouchée de pain, aux Américains en 1808, abandonnant tous les Français qui s'y trouvaient et qui ne lui pardonnèrent pas. Il est vrai que la France esclavagiste rentrera dans ses frais en extorquan t à l'Etat haïtien une indemnité de quatre vingt-dix millions de francs or, qui correspond à la valeur des esclaves perdus.</p>
<p>A Sainte Hélène, ses proches travaillent à construire une légende dans une prison dorée où ils mènent plus joyeuse vie qu'au fort de Joux ou dans les camps de concentration pour 'nègres'.</p>
<p>Il y a quelque chose d'indéfendable dans cette épopée : non pas le rétablissement de l'esclavage dont on se soucie peu, mais la perte de la vieille colonie française de Saint Domingue et la mort suspecte d'un homme de la trempe de Toussaint.</p>
<p>La première estocade est portée le 31 mars 1814 par un écrivain célébre, Châteaubriand. Non seulement le négrier acharné qu'est l'auteur du Génie du christianisme reproche au grand homme, dans un cinglant pamphlet, De Buonaparte et des Bourbons, d'avoir 'perdu nos colonies, anéanti notre commerce, ouvert l'Amérique aux Anglais', mais il rappelle que 'Toussaint Louverture fut enlevé par trahison en Amérique et probablement étranglé dans le château où on l'enferma en Europe.' Chateaubriand accuse le dictateur d'être un apatride qui méprisait son pays d'adoption : 'Si Bonaparte est français, il faut dire que Toussaint Louverture l'était autant et plus que lui : car enfin il était né dans une vieille colonie française et sous les lois françaises ; la liberté qu'il avait reçue, lui avait rendu les droits du sujet et du citoyen'.</p>
<p>Ce livre très documenté provoquera des vagues. Son auteur a eu le courage de dénoncer les positions de Napoléon sur l'esclavage et la traite des Nègres.</p>
<p><strong>Publié le 31 Juillet 2006 pa Amady Aly Dieng<br />
Copyright 2006. Wal Fadjri, Dakar</strong></p>
    ]]></content>
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  <entry>
    <title>Vieillir en exil: Études rassemblées par Alain Montandon et Philippe Pitaud</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.arabesques-editions.com/parutions/articles/200622.html" />
    <id>http://www.arabesques-editions.com/parutions/articles/200622.html</id>
    <published>2006-08-12T15:37:56-06:00</published>
    <updated>2006-10-07T14:02:12-06:00</updated>
    <author>
      <name>la redaction</name>
    </author>
    <category term="Bibliothèque universitaire" />
    <category term="Edition française" />
    <category term="Essais" />
    <summary type="html"><![CDATA[<p>Fruit d'un dialogue entre littéraires et sociologues, ce recueil prend également en compte la dimension psychologique, le plus souvent traumatique, de l'exil. Le déracinement, qu'il soit volontaire ou subi, peut provoquer une crise d'identité se traduisant par une altération dans la perception de l'espace, du temps, mais aussi des valeurs, du fait de l'interculturalité. À cela le vieillissement ajoute des difficultés intrinsèquement liées au sentiment d'irréversibilité, lequel aggrave de manière particulièrement douloureuse la distance, l'écart de soi à soi.<br />
Ainsi, « vieillir en exil, c'est vieillir deux fois ». Le caractère dramatique, mais aussi la grande actualité de cette expérience complexe ont suscité ces regards croisés.</p>
    ]]></summary>
    <content type="html"><![CDATA[<p>Fruit d'un dialogue entre littéraires et sociologues, ce recueil prend également<br />
en compte la dimension psychologique, le plus souvent traumatique, de l'exil. Le<br />
déracinement, qu'il soit volontaire ou subi, peut provoquer une crise d'identité<br />
se traduisant par une altération dans la perception de l'espace, du temps, mais<br />
aussi des valeurs, du fait de l'interculturalité. À cela le vieillissement<br />
ajoute des difficultés intrinsèquement liées au sentiment d'irréversibilité,<br />
lequel aggrave de manière particulièrement douloureuse la distance, l'écart de<br />
soi à soi.Ainsi, « vieillir en exil, c'est vieillir deux fois ». Le<br />
caractère dramatique, mais aussi la grande actualité de cette expérience<br />
complexe ont suscité ces regards croisés.Cahiers de recherches du<br />
CRLMC, Juillet 2006ISBN 2-84516-317-7, 214 pages, 15<br />
EurosDiffusion en librairie : C.I.D.TABLE DES<br />
MATIÈRESMONTANDON Alain – Avant-propos.PITAUD Philippe –<br />
Préface.PITAUD Philippe – Les migrants âgés : l'exil sans royaume, entre ici<br />
et là-bas.FACCHINI Carla – Vivre entre deux appartenances : la condition des<br />
juifs en Italie.QUARESMA Maria de Lourdes – Vieillir émigré, vieillir en<br />
exil. Réflexions d'un pays d'émigration au tournant de l'immigration.DUROUX<br />
Rose – Vieillir en exil ou la déprise de l'histoire chez María<br />
Zambrano.ANTUNES-MEYERFELD Regina Maria et FERREIRA CURY Maria Zilda –<br />
Mémoires exilées : trajectoire d'un immigrant dans le roman A república dos<br />
sonhos de Nélida Piñon.FARGES Patrick – La mise en récit d'une vie d'exil<br />
chez les germanophones au Canada après 1933.PIVERT Benoît – Voir Jérusalem<br />
et mourir.OKTAPODA-LU Efstratia – « Dans ce pays ou l'autre, j'ai été<br />
étrangère ». Altérité, mythe et mondialisation. Vieillir en exil : Mimika<br />
Kranaki et les écrivains de la diaspora grecque.MONTANDON Alain – Vieillir<br />
en exil : Shenaz Patel et Abla Fahroud. Du silence des Chagos et d'un bonheur à<br />
la queue glissante.MANZI Joaquín et TOUDOIRE-SURLAPIERRE Frédérique –<br />
Obstinés étrangers.KOSSAIFI Christine – Une épreuve délicieuse. L'expérience<br />
ovidienne de la vieillesse en exil dans les Tristes et les<br />
Pontiques.BRICAULT Céline – Vieillir en exil ou comment ne pas vieillir dans<br />
les romans aurevilliens.STEICIUC Elena-BrânduÅa – Une mort « deux fois<br />
triste » : quelques figures d'exilés modianiens et leur vieillesse en terre<br />
étrangère.KOHN-PIREAUX Laurence – La chute des anges : à propos des Versets<br />
sataniques.LITSARDAKI Maria – « Je vieillis malheureux en étrange province »<br />
: l'imaginaire de l'exil chez Joachim du Bellay.</p>
<p>Responsable : <A href="mailto:CRLMC@univ-bpclermont.fr">Centre de Recherches sur les Littératures<br />
Modernes et contemporaines</A><br />
Url de référence : <A href="http://maison-recherche.univ-bpclermont.fr" target="_blank">http://maison-recherche.univ-bpclermont.fr</A><br />
Document joint : <A href="http://maison-recherche.univ-bpclermont.fr/presses/fi-L3-317-7.htm" target="_blank">http://maison-recherche.univ-bpclermont.fr/presses/fi-L3-317-7.htm</A><br />
            &nbsp;</p>
    ]]></content>
  </entry>
  <entry>
    <title>&quot;Le bûcher des humanités&quot; Le sacrifice des langues anciennes et des lettres est un crime de civilisation !</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.arabesques-editions.com/parutions/articles/200620.html" />
    <id>http://www.arabesques-editions.com/parutions/articles/200620.html</id>
    <published>2006-08-12T15:00:15-06:00</published>
    <updated>2007-12-01T18:11:14-07:00</updated>
    <author>
      <name>la redaction</name>
    </author>
    <category term="Bibliothèque universitaire" />
    <category term="Edition française" />
    <category term="Essais" />
    <summary type="html"><![CDATA[<p>Humanités, un vocable « ringardisé », pour une réalité désormais presque « hors-la-loi », comme le prédisait Calvino. Le latin, le grec… on peut vivre sans ? Admettons ! Mais la formation des esprits à la compréhension intime des textes, la relance, à chaque génération, de notre culture fondatrice ?</p>
    ]]></summary>
    <content type="html"><![CDATA[<p>Humanités, un vocable « ringardisé », pour une réalité désormais presque «<br />
hors-la-loi », comme le prédisait Calvino. Le latin, le grec… on peut vivre sans<br />
? Admettons ! Mais la formation des esprits à la compréhension intime des<br />
textes, la relance, à chaque génération, de notre culture fondatrice ?</p>
<p>            &nbsp;</p>
<p>Trouver cela inessentiel en dit long sur notre aplatissement intellectuel et<br />
moral. Michèle Gally rend compte avec une lucidité qui fera grincer bien des<br />
dents d’une marginalisation progressive, d’une éviction éducative qui s’est<br />
parée d’oripeaux « égalitaristes » et « modernistes », mais a joué le jeu de la<br />
déculturation.&nbsp;Son grand mérite est de dépasser toute position « réactionnaire »<br />
et de montrer que l’étude des lettres anciennes (et de la littérature) reste<br />
l’un de nos derniers recours pour résister à un air du temps de plus en plus<br />
aliénant. Parce que ces lettres, précisément, sont non modernes ? Sans aucun<br />
doute. Mais aussi parce que notre démocratie n’est pas inscrite dans la nature,<br />
elle est la fille « accidentelle » des noces de l’Antiquité et de l’Humanisme.<br />
Sa survie, à l’heure de la confluence au sein de la Nation d’une diversité<br />
inédite des origines, passe aussi par l’offre, à notre jeunesse, d’un ensemble<br />
élargi de références et de pratiques culturelles à partager. Agrégée de<br />
lettres classiques, ancienne élève de l’ENS de Fontenay, Michèle Gally,<br />
est actuellement maître de conférences à l’École normale supérieure lettres et<br />
sciences humaines.<br />
            &nbsp;<br />
            Sommaire :</p>
<p>            Introduction : Parier sur le paradoxe. Les horizons d''''''''un enseignement.<br />
Humanités et littérature. Entre langues et lettres : la place des langues «<br />
mortes ». Pourquoi apprendre la littérature ? Le savoir des Humanités.<br />
Lire, traduire, commenter. Le même et l''''''''autre : histoire et identité. Vers la «<br />
terre gaste » ? La fin des Humanités ? Chronique d''''''''une mort annoncée. Humanités<br />
et sciences humaines, sœurs&nbsp;siamoises, sœurs fratricides. Humanité et modernité.<br />
Humanités et démocratie. Un rapport au monde de la réalité. Conclusion :<br />
Refonder l''''''''école par les Humanités.<br />
            &nbsp;<br />
            Le bûcher des humanités&nbsp; </p>
<p>            Michèle Gally<br />
            2006 - 208 pages - format 22,50x14, Broché<br />
            ISBN:<br />
2200267932<br />
            Collection : Intervention </p>
<p>            &nbsp;</p>
    ]]></content>
  </entry>
  <entry>
    <title>Lichen, lichen l’essentiel pour la poésie est de durer</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.arabesques-editions.com/parutions/articles/200614.html" />
    <id>http://www.arabesques-editions.com/parutions/articles/200614.html</id>
    <published>2006-08-12T06:25:23-06:00</published>
    <updated>2006-10-07T14:02:43-06:00</updated>
    <author>
      <name>la redaction</name>
    </author>
    <category term="Livre francophone" />
    <category term="Poésie" />
    <summary type="html"><![CDATA[<p>Et que disait-on du poète à propos de fleurs - ici, dans le dernier livre d’Antoine Emaz, elles sont fleurs de peu mais résistantes en des temps difficiles - souvenez-vous, c’était chez Arthur Rimbaud, il disait : " Ne peux-tu pas, ne dois-tu pas / connaître un peu ta botanique ? ". Ne doit-on pas le demander toujours un peu aux poètes ? Non qu’il leur faille théoriser, le mot est gros, alourdi de passé, ses arêtes sont aiguës, mais noter au moins ce qui se passe pour eux qui ont entrepris de travailler la langue.<br />
C’est cela que nous offre aujourd’hui Antoine Emaz dans ce Lichen, lichen : une visite de chantier dans le décousu des jours, là où écrire et vivre trouvent à nouer leurs exigences, là où " le but n’est pas d’en finir, mais de continuer pour que " veiller la langue (soit) encore comme une forme minimale d’action et d’espoir ".</p>
    ]]></summary>
    <content type="html"><![CDATA[<p>&quot; On ne peut s’y faire<br />
            même perdant, obstinément tenir &quot;<br />
            Antoine Emaz<br />
            &nbsp;<br />
            Et que disait-on du poète à propos de fleurs - ici, dans le<br />
dernier livre d’Antoine Emaz, elles sont fleurs de peu mais résistantes en des<br />
temps difficiles - souvenez-vous, c’était chez Arthur Rimbaud, il disait&nbsp;: &quot; Ne<br />
peux-tu pas, ne dois-tu pas / connaître un peu ta botanique&nbsp;? &quot;. Ne doit-on pas<br />
le demander toujours un peu aux poètes&nbsp;? Non qu’il leur faille théoriser, le mot<br />
est gros, alourdi de passé, ses arêtes sont aiguës, mais noter au moins ce qui<br />
se passe pour eux qui ont entrepris de travailler la langue.<br />
            C’est cela que nous offre aujourd’hui Antoine Emaz dans ce Lichen,<br />
lichen&nbsp;: une visite de chantier dans le décousu des jours, là où écrire et vivre<br />
trouvent à nouer leurs exigences, là où &quot; le but n’est pas d’en finir, mais de<br />
continuer pour que &quot; veiller la langue (soit) encore comme une forme minimale<br />
d’action et d’espoir &quot;.<br />
            Lichen, j’aime le mot. Il dit ce qui pousse lentement. Sûrement.<br />
De manière ajustée au peu de la pierre et du ciel. Métaphore du poème, il dit<br />
son peu de reconnaissance sociale et sa ténacité pourtant à durer, à passer.<br />
Avec. Contre. Insensiblement. Irrésistiblement. Dans la patience. Hors de toute<br />
crainte urgente.<br />
            Lichen, lichen. J’aime cette répétition. Elle dit l’obstination et<br />
l’intensité, celles de qui travaille la langue à partir du point d’impact de la<br />
réalité sur lui.<br />
            Autant de lichens, autant de notes. Lichen, lichen est un livre de<br />
notes. Le mot dit la bribe, le fragment, l’épars mais aussi le trait, l’éclat,<br />
la légèreté rehaussés ici par les dessins d’Anna Mark. &quot; Je ne pense pas, disait<br />
Pierre Reverdy auquel revient toujours Antoine Emaz, je note. &quot; Noter, c’est<br />
accepter le discontinu apparent de tout ce qui émerge à partir du courant de<br />
fond qui porte le poète dans son travail. Là où penser suppose le centrement du<br />
sujet, noter renvoie, au contraire, à un décentrement, un décalage. Noter, c’est<br />
une question d’angle. C’est moins parler de soi qu’à partir de soi. En se<br />
méfiant de soi. Antoine Emaz appelle cela &quot; délaver &quot; son écriture , soit &quot;<br />
anonymer assez pour ne garder qu’une situation quasi impersonnelle &quot; de façon<br />
que, comme le disait Georges Perros, &quot; chacun puisse se reconnaître, et<br />
personne. Aucun, puisque chacun &quot;. Cela est le travail de l’interrogation. Pour<br />
qui lie poésie et expérience, l’interrogation est le moteur même de la<br />
traversée. Risquée comme la vie.<br />
            Tout dans ce livre - les textes comme leur agencement - engage à<br />
une requalification du monde et des hommes qui y vivent dans la mesure où tout<br />
ce qui importe dans la vie est ici rendu en un mêlé qui est celui de la vie<br />
même, toutes cartes battues. À tous les poseurs, &quot; ces citadins au profil de<br />
glace biseautée &quot; dont parlait Reverdy, il est bon de montrer que la poésie se<br />
situe au plus ras de la vie, là où pleuvent les coups de l’événement, quel qu’il<br />
soit.<br />
            C’est la vie qui entre dans ce livre d’Antoine Emaz, la vie dans<br />
toute sa diversité&nbsp;: impressions de nature, ébauches de poèmes, pensées<br />
quotidiennes, notations critiques, propos décalés à propos du monde comme il va.<br />
Nous sommes dans les forêts profondes du poèmes. Un homme avance. Il a les bras<br />
chargés de petit bois. Indispensable pour allumer les plus grands feux&nbsp;! Lichen,<br />
lichen est ce ramas-là.<br />
            &nbsp;<br />
            La Chronique Poétique d'Alain Freixe<br />
            Copyright, 2006, l'Humanité<br />
            &nbsp;<br />
            Antoine Emaz<br />
            Lichen, lichen<br />
            Éditions Rehauts<br />
            24, rue du Bas, 62180 Airon-Notre-Dame<br />
            105, rue Mouffetard, 75005 Paris<br />
            &nbsp;</p>
    ]]></content>
  </entry>
  <entry>
    <title>Z Safâ: Anthologie de la poésie persane</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.arabesques-editions.com/parutions/articles/200613.html" />
    <id>http://www.arabesques-editions.com/parutions/articles/200613.html</id>
    <published>2006-08-12T06:11:56-06:00</published>
    <updated>2006-10-07T13:59:09-06:00</updated>
    <author>
      <name>la redaction</name>
    </author>
    <category term="Poésie" />
    <category term="Traductions" />
    <summary type="html"><![CDATA[<p>Cette anthologie traduite en français est extraite de celle que le professeur Z. Safâ, de la faculté de Téhéran, a publié en 3 volumes en 1960-1961. Le XXe siècle est réduit à quelques auteurs respectant la tradition classique.<br />
L'Iran, vaincu au VIIe siècle par les conquérants arabes, trouve bientôt dans la poésie le moyen d'expression le plus approprié à son génie. Née, il y a plus de mille ans, dans le Khorassan, province orientale de l'Iran, la poésie persane s'est développée sans interruption jusqu'à nos jours et, dès le XIe siècle, elle a étendu son influence hors du plateau iranien : aux Indes, jusqu'aux confins de la Chine, d'une part, en Asie Mineure d'autre part. Mariant les souvenirs des littératures préislamiques aux traditions musulmanes, elle constitue l'art le plus achevé de l'Iran islamique.</p>
    ]]></summary>
    <content type="html"><![CDATA[<p>Cette anthologie traduite en français est extraite de celle que le professeur<br />
Z. Safâ, de la faculté de Téhéran, a publié en 3 volumes en 1960-1961. Le XXe<br />
siècle est réduit à quelques auteurs respectant la tradition classique.</p>
<p>L'Iran, vaincu au VIIe siècle par les conquérants arabes, trouve bientôt dans<br />
la poésie le moyen d'expression le plus approprié à son génie. Née, il y a plus<br />
de mille ans, dans le Khorassan, province orientale de l'Iran, la poésie persane<br />
s'est développée sans interruption jusqu'à nos jours et, dès le XIe siècle, elle<br />
a étendu son influence hors du plateau iranien&nbsp;: aux Indes, jusqu'aux confins de<br />
la Chine, d'une part, en Asie Mineure d'autre part. Mariant les souvenirs des<br />
littératures préislamiques aux traditions musulmanes, elle constitue l'art le<br />
plus achevé de l'Iran islamique.</p>
<p>            Épique, lyrique, didactique, ample narration ou confidence secrète, légère ou<br />
grave, sous toutes ses formes, elle laisse paraître, avec une remarquable<br />
constance, une certaine façon de sentir le monde, qui est l'esprit d'un peuple.<br />
Associée à tous les moments de la vie, elle est aussi l'organe de la méditation<br />
philosophique&nbsp;: c'est dans le langage poétique que les Iraniens ont exprimé<br />
leurs idées les plus profondes. Cette poésie, durant des siècles, a enchanté les<br />
audiences des princes, comme elle a enflammé les auditoires des mystiques.                        Tout Iranien, s'il n'est pas poète, sait goûter les vers; paradoxe<br />
significatif&nbsp;: les plus raffinés des poètes persans sont aussi les plus<br />
populaires. Beaucoup de morceaux traduits dans le présent volume sont dans<br />
toutes les bouches et dans tous les cœurs. Cette anthologie, dont les textes ont<br />
été classés par ordre chronologique, s'étend sur un peu plus d'un millénaire et<br />
présente les poètes les plus connus en Iran.<br />
            L’Iran, vaincu au VIIe siècle par les conquérants arabes, trouve<br />
bientôt dans la poésie le moyen d’expression le plus approprié à son génie. Née<br />
il y a plus de mille ans, dans le Khorassan, province orientale de l’Iran, la<br />
poésie persane s’est développée sans interruption jusqu’à nos jours et, dès le<br />
XIe siècle, elle a étendu son influence hors du plateau iranien : aux Indes,<br />
jusqu’aux confins de la Chine, d’une part, en Asie Mineure d’autre part. mariant<br />
le souvenir des littératures préislamiques aux traditions musulmanes, elle<br />
constitue l’art le plus achevé de l’Iran islamique.Epique, lyrique,<br />
didactique, ample narration ou confidence secrète, légère ou grave, sous toutes<br />
ses formes, elle laisse paraître, avec une remarquable constance, une certaine<br />
façon de sentir le monde, qui est l’esprit d’un peuple. Associée à tous les<br />
moments de la vie, elle est aussi l’organe de la méditation philosophique :<br />
c’est dans le langage poétique que les Iraniens ont exprimé leurs idées les plus<br />
profondes. Cette poésie, durant des siècles, a enchanté les audiences des<br />
princes, comme elle a enflammé les auditoires des mystiques. Tout Iranien,<br />
s’il n’est pas poète, sait goûter les vers ; paradoxe significatif : les plus<br />
raffinés des poètes persans sont aussi les plus populaires. Beaucoup de morceaux<br />
traduits dans le présent volume sont dans toutes les bouches et dans tous les<br />
cœurs.Cette anthologie, dont les textes ont été classés par ordre<br />
chronologique, s’étend sur un peu plus d’un millénaire et présente les poètes<br />
les plus connus en Iran.Anthologie de la poésie persane(XIe –<br />
XXe siècle)Textes choisis par Z. SafâTraduits par G. Lazard, R. Lescot<br />
et H. MasséConnaissance de l’OrientGallimard/Unesco</p>
<p>            &nbsp;</p>
    ]]></content>
  </entry>
  <entry>
    <title>Le Goût d’Alger</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.arabesques-editions.com/parutions/articles/200612.html" />
    <id>http://www.arabesques-editions.com/parutions/articles/200612.html</id>
    <published>2006-07-01T14:29:00-06:00</published>
    <updated>2006-07-26T05:24:40-06:00</updated>
    <author>
      <name>la redaction</name>
    </author>
    <category term="Edition française" />
    <category term="Littérature algérienne" />
    <summary type="html"><![CDATA[<p>Alger la Blanche n’est pas<br />
nécessairement la destination préférée de votre prochaine escapade touristique.<br />
Mais peut être irez-vous pour affaire? A moins que, préférant la posture du<br />
voyageur immobile, vous ne préfériez rêver d’y aller? Dans les deux cas,<br />
Le Goût d’Alger, dernier-né (décembre 2005) de la série de littérature de<br />
voyage en format de poche publiée par les éditions Mercure de France, vous sera<br />
un compagnon précieux. Certes, vous ne vous arrêterez pas nécessairement<br />
sur les auteurs «anciens» que sont Maupassant, Montherlant, Loti, Eberhart,<br />
Feydau, Alexandre Dumas, Gide ou Camus. Mais il vous restera la riche palette<br />
des auteurs algériens contemporains, vous ne serez pas déçu, ils sont tous là :<br />
Rachid Mimouni, Yasmina Khadra, Assia Djebbar, Kateb Yacine, Leïla Sebbar, Nina<br />
Bouraoui, et même Fellag et Y.B. en personne! Pour tous, Alger, c’est<br />
d’abord le port, le bleu du ciel, la montagne, les maisons blanches,<br />
l’omniprésente Casbah, l’odeur du jasmin, le goût de la vie. Mais Alger, c’est<br />
aussi d’interminables cités populaires, des années de violence, de haine et de<br />
mort, ingrédients aujourd’hui incontournables de la littérature algérienne. Et<br />
sans doute pour longtemps encore, tant sont profondes les blessures, celle de la<br />
décolonisation comme celle des luttes intestines.</p>
    ]]></summary>
    <content type="html"><![CDATA[<p>Alger la Blanche n’est pas<br />
nécessairement la destination préférée de votre prochaine escapade touristique.<br />
Mais peut être irez-vous pour affaire? A moins que, préférant la posture du<br />
voyageur immobile, vous ne préfériez rêver d’y aller? Dans les deux cas,<br />
Le Goût d’Alger, dernier-né (décembre 2005) de la série de littérature de<br />
voyage en format de poche publiée par les éditions Mercure de France, vous sera<br />
un compagnon précieux. Certes, vous ne vous arrêterez pas nécessairement<br />
sur les auteurs «anciens» que sont Maupassant, Montherlant, Loti, Eberhart,<br />
Feydau, Alexandre Dumas, Gide ou Camus. Mais il vous restera la riche palette<br />
des auteurs algériens contemporains, vous ne serez pas déçu, ils sont tous là :<br />
Rachid Mimouni, Yasmina Khadra, Assia Djebbar, Kateb Yacine, Leïla Sebbar, Nina<br />
Bouraoui, et même Fellag et Y.B. en personne! Pour tous, Alger, c’est<br />
d’abord le port, le bleu du ciel, la montagne, les maisons blanches,<br />
l’omniprésente Casbah, l’odeur du jasmin, le goût de la vie. Mais Alger, c’est<br />
aussi d’interminables cités populaires, des années de violence, de haine et de<br />
mort, ingrédients aujourd’hui incontournables de la littérature algérienne. Et<br />
sans doute pour longtemps encore, tant sont profondes les blessures, celle de la<br />
décolonisation comme celle des luttes intestines. Alger en littérature,<br />
c’est aussi, inévitablement, le croisement des cultures arabe, berbère et<br />
française. C’est le français, langue du colonisateur, mais aussi langue des<br />
Algériens exilés et celle de ceux qui vivent à cheval sur les deux pays.<br />
Du haut de ses 136 pages au format poche (de chemisette), Le Goût<br />
d’Alger offre, grâce à Mohammed Aïssaoui, un superbe panorama de la littérature<br />
consacrée à Alger. Au-delà de sa formule bien typée, ce livre n’est pas sans<br />
rappeler le travail de compilation réalisé par l’Association Babelmed et<br />
intitulé Littératures fécondes. </p>
<p>        Extraits<br />
Ici, dans cette inextricable toile d’araignée, le renoncement lève comme<br />
une pâte vénéneuse sans cesse extensive. Les gens n’attendent plus rien. Ils ont<br />
les pieds au purgatoire, la tête dans les limbes, et leurs prières se prolongent<br />
dans les imprécations. Les graffitis sur les murs ont un accent d’épitaphe.<br />
Yasmina Khadra, Double Blanc, Baleine-Le Seuil, 1997.<br />
Pour ceux de la cité, l’été c’est un bloc d’ennui et de chaleur tout<br />
ensemble. L’ennui que l’on traîne le long de jours interminables, que vainement<br />
l’on essaie de tromper, que pas un souffle d’air ne vient distraire. Des<br />
journées qui s’additionnent, exactement semblables, et que l’on n’ouvre pas les<br />
fenêtres, histoire de ne pas voir le soleil qui désespérément s’attarde sur la<br />
ville. Maïssa Bey, Au commencement était la mer…, Marsa Editions,<br />
1996. Quand l’une d’elles posait à une autre cette question<br />
obsédante: «combien d’enfants as-tu?». J’ai souvent entendu cette réponse par<br />
exemple: «Trois!». Et l’interpellée de préciser après un temps d’arrêt,<br />
d’hésitation: «Trois enfants seulement et six filles. Qu’Allah éloigne le<br />
malheur de toi!». A quatre, cinq ans, je me sentais déjà agressée par les propos<br />
de mon entourage. J’interprétais déjà que les filles n’étaient jamais des<br />
enfants. Vouées au rebut dès la naissance, elles incarnaient une infirmité<br />
collective dont elles ne s’affranchissaient qu’en engendrant des garçons.<br />
Malika Mokkedem, Mes hommes, Grasset &amp; Fasquelle, 2005.<br />
Brusquement, après uen nuit où j’ai sombré dans un sommeil lourd,<br />
c’est sous la douche glacée que j’ai compris que j’avais besoin, une seconde<br />
fois, de retourner là-bas, vers où mon enfance palpite. Comme si, toute la nuit,<br />
paralysé, mon inconscient avait insidieusement tissé cette envie de retourner,<br />
d’essayer à nouveau, j’emploie ce verbe à la manière d’un amoureux qui<br />
accomplirait, en direction de l’amante, une seconde et dernière tentative de<br />
réconciliation… Assia Djebbar, La disparition de la langue<br />
française, Albin Michel, 2003. Je m’appelle Alger, Alger la<br />
blanche. C’est ce ventre qui a enfanté la douleur et la haine.<br />
C’est ce ventre qui a fait de moi la ville de la mort; Je<br />
m’appelle Alger. Je rêvais pourtant me croirez-vous? de porter mes<br />
enfants avec un égal amour. Je m’appelle Alger. Kebir M. Ammi,<br />
Alger la blanche. Les terres contrariées, Lansman Editeur,Carrières,<br />
2003. </p>
<p>        Rédaction Babelmed<br />
(27/02/2006) </p>
<p>        L’auteur signale également<br />
un site consacré aux littératures maghrébines: <A href="http://www.limag.com" target="_blank">www.limag.com</A> Le<br />
Goût d’Alger, sous la direction de Mohammed Aïssaoui, Editions Mercure de<br />
France, Paris, Décembre 2005. <A href="http://www.mercuredefrance.com" target="_blank">www.mercuredefrance.com</A> </p>
<p>&nbsp;</p>
    ]]></content>
  </entry>
  <entry>
    <title>Tunis sous les Mouradites - La ville et ses habitants au XVIIe siècle d&#039;André Raymond</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.arabesques-editions.com/parutions/articles/200611.html" />
    <id>http://www.arabesques-editions.com/parutions/articles/200611.html</id>
    <published>2006-06-28T19:28:31-06:00</published>
    <updated>2006-07-26T05:32:12-06:00</updated>
    <author>
      <name>la redaction</name>
    </author>
    <category term="Essais" />
    <category term="Histoire" />
    <summary type="html"><![CDATA[<p>Cervantès soldat à Tunis, captif à Alger avec la relation du siège de La Goulette par les Espagnols en 1573 de Mika Ben Miled, Bizerte-Identité et mémoire, écrit par Noureddine Dougui, Hédi Bouaïta, Abdelouahed Braham et Mourad Ben Jelloul, Tunis sous les Mouradites-La ville et ses habitants au XVIIe siècle d'André Raymond, agrégé d'histoire, par ailleurs universitaire, docteur d'Etat et auteur de livres et études sur les grandes villes arabes à l'époque ottomane, nous sont parvenus presque simultanément.</p>
    ]]></summary>
    <content type="html"><![CDATA[<p>Cervantès soldat à Tunis, captif à Alger avec la relation du siège de La Goulette par les Espagnols en 1573 de Mika Ben Miled, Bizerte-Identité et mémoire, écrit par Noureddine Dougui, Hédi Bouaïta, Abdelouahed Braham et Mourad Ben Jelloul, Tunis sous les Mouradites-La ville et ses habitants au XVIIe siècle d'André Raymond, agrégé d'histoire, par ailleurs universitaire, docteur d'Etat et auteur de livres et études sur les grandes villes arabes à l'époque ottomane, nous sont parvenus presque simultanément.</p>
<p>Heureuse coïncidence ? Divine Providence ? Les trois ouvrages, même si les visées de leurs auteurs sont tout à fait différentes, soulèvent un pan de notre histoire, celui se rapportant aux conflits opposant Espagnols et Ottomans.</p>
<p>Mika Ben Miled évoque la bataille de Lépante, le siège de La Goulette, Philippe II, Don Juan d'Autriche, son demi-frère qui voyait là «l'occasion de se construire un royaume», la volonté du souverain espagnol de remettre le pouvoir au dernier représentant de la dynastie hafside, le prince Moulay Muhammad.</p>
<p>Nos chercheurs bizertins relatent le déclin de l'autorité hafside qui favorisa «la guerre de Course», la prise de Bizerte par le célèbre corsaire Khayr al-Dîn Barbarousse (juillet 1534), sa reprise l'année suivante par les armées espagnoles commandées par Charles Quint, la réapparition des Ottomans, la défaite infligée par Sinan Pacha aux Espagnols, marquant ainsi la fin de la dynastie hafside.</p>
<p>André Raymond, dans son ouvrage sur les Mouradites, décrira lui aussi l'agonie des Hafsides, racontera la guerre de Course opposant «les navigateurs européens et les premiers corsaires apparus en provenance de l'est méditerranéen où la puissance ottomane commençait à s'affirmer», citera, bien entendu, les frères «Barbarousse», Arûj et Khayr al-Dîn, analysera le conflit entre Espagnols et Ottomans pour la suprématie en Méditerranée occidentale, et puis voilà que là aussi surgit Eulj'Ali, celui abondamment décrit par Mika Ben Miled: «Euldj Ali, nom dont les chrétiens ont fait par corruption Aluch'Ali, Uchali, Ouchali, Occhiali, surnommé "Fartas", le chauve, le teigneux. Le terme «Euldj» signifie en turc nouveau musulman, converti, renégat. Il s'agit d'un jeune pêcheur calabrais, "rapté" par les Turcs et emmené à Istanbul où il fait partie de la chiourme des galères. S'étant fait turc, il devient le bras droit de Dargouth (Dragut) et participe e n 1560 à la victoire de Jerba où des milliers d'Espagnols furent massacrés.</p>
<p>Euldj Ali devient gouverneur de Tlemcen et dey d'Alger en 1568, enverra vaisseaux, troupes et munitions au secours des Andalous lors de leur révolte la même année ( )», attaquera les Espagnols, les chassera de La Goulette et de Tunis, perdra la bataille de Lépante, mais coulera de nombreux bâtiments «dont la galère Capitane de Malte», se saisira «de son étendard comme trophée dont il ornera la mosquée de Sinan Bacha (Sainte Sophie) et sauve sa flotte. Il en gagne le titre et le nom, "el Kilidj (l'épée) » Il chassera définitivement les Espagnols de Tunis en 1574.</p>
<p>Etranges cette similitude et cet engouement pour les mêmes faits historiques, les mêmes personnages, la même période qui verra la signature d'une trêve entre Philippe II et Murâd III en 1574, signifiant donc la fin de la guerre navale entre deux puissances et qui nous permet de revenir à «Tunis sous les Mouradites».</p>
<p>Uthmân Dey, un officier de la milice, dirigea en souverain la Régence jusqu'à sa mort en 1610. Son règne fut marqué par l'arrivée massive de Morisques expulsés d'Espagne et cherchant refuge en Afrique du Nord, mais également par une remarquable activité de la guerre de Course et la mise en place d'autorités diverses (pacha, milice, divan, dey et bey) qui allaient donner une véritable assise au régime mouradite qui durera jusqu'en 1702. Yûsuf Dey, officier du "jund" (la milice de Tunis) succède à Uthmân Dey. Lui aussi intensifie la guerre de Course, augmente les effectifs du jund et sera un grand bâtisseur. Le souk al-Bashâmkiyya, à l'ouest de la Grande mosquée construite en 1615, c'était lui, ainsi qu'une madersa et des souks. Murâd Qursû, un converti d'origine corse, capturé par des corsaires tunisiens à l'âge de neuf ans, succède à son maître Ramadân Bey, le premier titulaire de cette charge, dont il avait épousé la fille et qui l'avait assoc ié à son administration, apparemment avec l'accord de Yûsuf Dey.</p>
<p>Tout naturellement, il poursuivra l'oeuvre de pacification du pays en brisant la résistance des tribus, ce qui lui vaudra la reconnaissance de la Sublime Porte qui lui donnera le titre de «pacha». Murâd Qursû mourra en 1631. Son fils Hammûda Pacha, dont la mère était une esclave corse, arrivera au pouvoir : «Cette succession paisible, sous contrôle de Yûsuf Dey, amenait au pouvoir un souverain remarquable et jetait les bases de l'établissement d'une véritable dynastie qui allait prendre le nom de son initiateur », et accueillir Turcs, Andalous, convertis, juifs, Livournais qui finiront, eux, par donner à la capitale ce cachet méditerranéen si particulier.</p>
<p>par Mounira Aouadi<br />
Copyright © 2006 La Presse, Tunis</p>
    ]]></content>
  </entry>
  <entry>
    <title>Mosaïque romano-africaine: Lecture de l’Histoire</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.arabesques-editions.com/parutions/articles/200610.html" />
    <id>http://www.arabesques-editions.com/parutions/articles/200610.html</id>
    <published>2006-05-30T05:03:43-06:00</published>
    <updated>2006-07-26T05:34:00-06:00</updated>
    <author>
      <name>la redaction</name>
    </author>
    <category term="Essais" />
    <category term="Histoire" />
    <summary type="html"><![CDATA[<p>Essayer de retrouver et de montrer ne serait-ce que<br />
des pans épars de ce que fut l’Algérie antique, voilà ce à quoi Mlle Sabah<br />
Ferdi, conservatrice du musée de Tipaza, gardienne et protectrice acharnée du<br />
patrimoine historique de la région auquel elle voue désormais sa vie.<br />
                &nbsp;<br />
                Le livre dont il est question ici a été mis sur les étals des<br />
librairies au mois d’avril sous le titre&nbsp;: Mosaïque romano-africaines, culture<br />
et nature à Cherchell*. Cet ouvrage, une belle réussite éditoriale des éditions<br />
du Tell est «&nbsp;(...) avant tout un album d’images de mosaïques présentées,<br />
décrites, commentées et replacées dans leur contexte&nbsp;», dit Mlle Ferdi,<br />
elle-même, dans son introduction. </p>
<p>            &nbsp;</p>
    ]]></summary>
    <content type="html"><![CDATA[<p>Essayer de retrouver et de montrer ne serait-ce que<br />
des pans épars de ce que fut l’Algérie antique, voilà ce à quoi Mlle Sabah<br />
Ferdi, conservatrice du musée de Tipaza, gardienne et protectrice acharnée du<br />
patrimoine historique de la région auquel elle voue désormais sa vie.<br />
                &nbsp;<br />
                Le livre dont il est question ici a été mis sur les étals des<br />
librairies au mois d’avril sous le titre&nbsp;: Mosaïque romano-africaines, culture<br />
et nature à Cherchell*. Cet ouvrage, une belle réussite éditoriale des éditions<br />
du Tell est «&nbsp;(...) avant tout un album d’images de mosaïques présentées,<br />
décrites, commentées et replacées dans leur contexte&nbsp;», dit Mlle Ferdi,<br />
elle-même, dans son introduction.<br />
                &nbsp;<br />
                En réalité, il s’agit d’une étude détaillée,<br />
image après image des ornements, qui jadis étaient destinés à donner beauté,<br />
lustre et, parfois même, faste aux maisons des notables romains et/ou<br />
romano-africains de l’historique capitale Caésaréa (aujourd’hui Cherchell). Le<br />
livre prend plus de valeur lorsqu’on apprend qu’il est tiré d’une thèse que<br />
l’auteur projette de faire paraître prochainement. Cela veut dire que la<br />
publication est la synthèse de travaux de recherches documentaires et de terrain<br />
qui ont duré plusieurs années. Avec ces images et les textes d’explications qui<br />
les accompagnent, la conservatrice du musée de Tipaza nous fait entrer dans<br />
l’intimité des maisons caésariennes (patios, séjours, et autres vestibules,<br />
chambres ou thermes privés).<br />
                &nbsp;<br />
                Le visiteur, page après page, est invité dans la<br />
maison de Julii, la maison des Thybridi Basiliani, la maison de la légende<br />
d’Achille, de la propriété Voltro, ou encore la maison de Kaïd Youssef, etc.<br />
Elle les a classées sous la dénomination de «&nbsp;mosaïques suggestives d’une<br />
culture&nbsp;». C’est, en effet, cette dernière qui a constitué le substrat qui a<br />
engendré les idées des créateurs des scènes. Une deuxième partie, dite des<br />
mosaïques expressives d’une nature, entrouvre les portes de la maison de la<br />
«&nbsp;Jonchée de feuillage&nbsp;» des mosaïques des travaux champêtres, des maisons du<br />
Cap Tizerine et de plusieurs autres qui furent à l’époque d’aussi riches<br />
demeures.<br />
                &nbsp;<br />
                L’ouvrage, en plus des informations qu’il donne sur l’architecture et<br />
les aménagements intérieurs ou extérieurs d’habitations érigées entre le IIIe et<br />
le VIe siècles après J.-C., dans une région qui elle, est occupée depuis près de<br />
25 siècles, s’avère être une bien profitable source de renseignements sur les<br />
croyances, les goûts ornementaux et vestimentaires des citadins et des ruraux de<br />
Caésaréa. Les artistes et artisans qui réalisèrent ces merveilles trouvaient<br />
leur inspiration, soit dans leur culture (entre autres les fonds mythologiques<br />
et religieux grecs et romains), soit dans la nature qui a toujours été (et qui<br />
est toujours) exubérante dans cette région. Pour le rapprochement, Mlle Ferdi a<br />
photographié les spécimens végétaux qui ont servi de modèles à la réalisations<br />
des motifs floraux que l’on retrouve dans les mosaïques. La lecture s’en trouve<br />
facilitée sans compter qu’on lira, avec délice, de nombreuses citations tirées<br />
des œuvres d’auteurs anciens, tels qu’Apulé de Madaure, de Némésien ou de<br />
Dracontius.<br />
                &nbsp;</p>
<p>            - Sabah Ferdi *Mosaïques Romano-Africaines Editions<br />
du tell, Blida, janvier 2006 Prix 1800 DA</p>
<p>            par A. Ancer<br />
            le 23 Mai 2006<br />
            &nbsp;<br />
            <a href="http://www.el-watan.com"></a><br />
            &nbsp;</p>
    ]]></content>
  </entry>
  <entry>
    <title>Algérie: Colonialisme français - 1912-1919 : premier «dérapage» de la politique algérienne</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.arabesques-editions.com/parutions/articles/20068.html" />
    <id>http://www.arabesques-editions.com/parutions/articles/20068.html</id>
    <published>2006-05-27T06:07:06-06:00</published>
    <updated>2006-07-26T05:40:19-06:00</updated>
    <author>
      <name>la redaction</name>
    </author>
    <category term="Essais" />
    <category term="Histoire" />
    <summary type="html"><![CDATA[<p>1912, c'est l'époque où est instituée la conscription des<br />
indigènes. Devant le réarmement allemand, au lendemain du «coup d'Agadir»,<br />
l'état-major français est en quête de nouveaux effectifs. Dès 1907, M. Messimy,<br />
rapporteur de la commission de l'armée à la Chambre des députés, a suggéré de<br />
demander aux Algériens d'acquitter l'«impôt du sang» ; il propose de substituer<br />
l'obligation au volontariat qui a fourni les tirailleurs et les «turcos».</p>
    ]]></summary>
    <content type="html"><![CDATA[<p>1912, c'est l'époque où est instituée la conscription des<br />
indigènes. Devant le réarmement allemand, au lendemain du «coup d'Agadir»,<br />
l'état-major français est en quête de nouveaux effectifs. Dès 1907, M. Messimy,<br />
rapporteur de la commission de l'armée à la Chambre des députés, a suggéré de<br />
demander aux Algériens d'acquitter l'«impôt du sang» ; il propose de substituer<br />
l'obligation au volontariat qui a fourni les tirailleurs et les «turcos».<br />
&nbsp;<br />
L'idée a pris corps, et en octobre 1912 les premières<br />
recrues sont incorporées. Celles du moins qui ne peuvent exercer le droit de<br />
rachat. Mais les résistances sont nombreuses.<br />
&nbsp;<br />
Les Jeunes-Algériens, en revanche, acceptent volontiers la<br />
conscription, mais demanderont qu'en contrepartie de l'égalité des devoirs soit<br />
accordée l'égalité des conditions : suppression du code de l'indigénat et des<br />
tribunaux d'exception, répartition équitable des impôts, accroissement des<br />
droits politiques. Une nouvelle presse indigène de langue française leur sert<br />
d'interprète, et ils n'ignorent pas l'activité du mouvement jeune-turc.<br />
&nbsp;<br />
Les «colons» sont quasi unanimes tant dans leurs craintes<br />
que dans leur refus. Dans leurs craintes : les autochtones ne seront-ils pas<br />
tentés de retourner contre les Européens les armes dont on va leur apprendre le<br />
maniement ? Dans leur refus : la conscription ne saurait servir de prétexte à<br />
l'octroi de droits nouveaux à des vaincus. Ces colons trouvent naturellement des<br />
appuis dans la métropole. Mais les Jeunes-Algériens aussi.<br />
&nbsp;<br />
Comme l'a rappelé M. Charles-Robert Ageron dans la Revue<br />
d'histoire moderne et contemporaine, il est à Paris des hommes politiques, des<br />
fonctionnaires, des publicistes «indigénophiles» pour estimer qu'il est légitime<br />
-ou simplement prudent- d'accorder des compensations à des musulmans désormais<br />
soumis à des obligations militaires. Ces précurseurs ne seront pas plus épargnés<br />
par leurs adversaires que ne le seront en 1936 les partisans du projet<br />
Blum-Viollette ou, vingt ans plus tard, les Français «libéraux». Mais ils<br />
supportent allégrement les critique s, les calomnies, les injures. Certains<br />
d'entre eux sont mus par une sorte d'idéologie humanitaire et égalitariste.<br />
&nbsp;<br />
D'autres sont des bourgeois républicains qui, pour édifier<br />
une nouvelle France outre-Méditerranée, croient nécessaire non seulement d'y<br />
installer des colons mais aussi d'y rallier les indigènes par des mesures de<br />
justice. Clemenceau, Jonnart, Georges Leygues, Théodore Steeg, Abel Ferry,<br />
Marius Moutet, Albin Rozet, Philippe Millet, Paul Bourde, d'autres encore,<br />
dénoncent ainsi les risques qu'encourt la France en maintenant assujettis des<br />
hommes qui supportent de plus en plus impatiemment le joug.<br />
&nbsp;<br />
Paul Bourde fut au premier rang de ceux qui, en 1912,<br />
relancèrent la campagne. Dans neuf articles publiés en mai et en juin dans le<br />
Temps, il s'éleva contre le régime auquel étaient soumis les indigènes,<br />
notamment en matière de charges fiscales et de libertés publiques. Il réclama la<br />
création d'un organe d'arbitrage politique, qui assurerait à la métropole un<br />
réel contr ôle.<br />
Bien que les colons n'aient en rien désarmé, Clemenceau,<br />
devenu président du Conseil et toujours secondé par Georges Leygues et par<br />
Marius Moutet, put faire adopter en 1919 par le Parlement une loi sensiblement<br />
plus libérale que la précédente. Baptisée «loi Jonnart», elle accordait à de<br />
nouvelles catégories d'Algériens un droit individuel à la naturalisation et<br />
octroyait à certains musulmans un droit collectif à élire des représentants dans<br />
les assemblées algériennes. Le nombre des élus autochtones dans plusieurs de ces<br />
assemblées était accru ; les conseillers municipaux indigènes recouvraient le<br />
droit qu'ils avaient exercé de 1876 à 1884 de participer à l'élection du<br />
maire.<br />
&nbsp;<br />
Quelques mois plus tôt, les «impôts arabes» («le prix de la<br />
défaite») avaient été supprimés.<br />
La loi du 4 février 1919 et les décrets contemporains<br />
comportaient de nombreuses lacunes : pas de naturalisation sans abandon du<br />
statut local ; le code de l'indigénat était assoupli mais maintenu, ainsi que<br />
les juridictions exceptionnelles et la séparation des deux collèges ; les<br />
musulmans n'élisaient pas de députés au Palais-Bourbon ; leur représentation<br />
dans les assemblées locales demeurait insuffisante pour être efficace ; aucun<br />
organisme institutionnel n'était prévu où l'arbitrage de la métropole aurait pu<br />
s'exercer.<br />
&nbsp;<br />
En 1936, Ferhat Abbas quémandait encore l'assimilation, mais<br />
déjà Messali Hadj, d'une part, les ouléma, de l'autre, la refusaient.<br />
Les différences de statut heurtaient le juridisme des<br />
métropolitains ; les résistances des «colons» ne leur paraissaient pas devoir<br />
être brisées ; en quelques années, les chances allaient disparaître de voir la<br />
France s'enrichir de plusieurs millions de «citoyens à part entière».<br />
&nbsp;</p>
<ul>
    <A class="blue" href="http://www.latribune-online.com/">La<br />
Tribune</A> (Alger)<br />
    Publié<br />
le 14 Mai 2006<br />
    par Robert Gauthier
</ul>
    ]]></content>
  </entry>
  <entry>
    <title>Algérie: L&#039;ouvrage finalisé quelques jours avant son décès est sorti chez Albin Michel</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.arabesques-editions.com/parutions/articles/20067.html" />
    <id>http://www.arabesques-editions.com/parutions/articles/20067.html</id>
    <published>2006-05-27T05:57:55-06:00</published>
    <updated>2006-10-07T14:01:00-06:00</updated>
    <author>
      <name>la redaction</name>
    </author>
    <category term="Littérature algérienne" />
    <summary type="html"><![CDATA[<p><strong>Mohamed Dib revient avec Laëzza,son livre posthume publié en France.</strong><br />
Laëzza, le dernier ouvrage que Mohammed Dib a finalisé quelques jours avant son décès, a été publié au cours de ce mois en France, par les éditions Albin Michel. Ce livre, conçu sous la forme d'un recueil de textes, déroule le film des souvenirs d'enfance et de jeunesse de l'auteur à Tlemcen, sa ville natale, et sa double culture, algérienne et française. Cette oeuvre du génie de la littérature, que fut Mohamed Dib, est une sorte d'autobiographie qui se compose de quatre textes et dans laquelle l'auteur dresse son propre portrait en revenant sur ses origines.</p>
    ]]></summary>
    <content type="html"><![CDATA[<p><strong>Mohamed Dib revient avec Laëzza,son livre posthume publié en France.</strong><br />
Laëzza, le dernier ouvrage que Mohammed Dib a finalisé quelques jours avant son décès, a été publié au cours de ce mois en France, par les éditions Albin Michel. Ce livre, conçu sous la forme d'un recueil de textes, déroule le film des souvenirs d'enfance et de jeunesse de l'auteur à Tlemcen, sa ville natale, et sa double culture, algérienne et française. Cette oeuvre du génie de la littérature, que fut Mohamed Dib, est une sorte d'autobiographie qui se compose de quatre textes et dans laquelle l'auteur dresse son propre portrait en revenant sur ses origines.</p>
<p>«Dans son dernier ouvrage, Laëzza, il [Mohammed Dib] évoque aussi bien despassions qui ne peuvent s'inscrire dans le réel, qu'en émouvant contrepoint, sa propre enfance à Tlemcen, cette présence intacte qu'il nous transmet de manière aussi simple que lumineuse», relève, dans sa présentation, l'éditeur de cet ouvrage qui ajoutera que «de l'Algérie à la France, la vie de Mohammed Dib, l'un des plus grands écrivains de lang ue française, fut plus qu'un simple exil : un parcours littéraire hors pair qui a marqué plusieurs générations de romanciers et de lecteurs autant par son exigence que par la haute liberté quitraverse son oeuvre. Poète, romancier et conteur, Mohammed Dib a constamment renouvelé son écriture, puisant toujours à la source de sa terre natale pour exprimer le difficile rapport à l'autre, à l'étranger, à la double culture, et l'énigme de notre présence au monde.»</p>
<p>Le critique littéraire Abdellah Taia estime pour sa part qu'il ne faudrait pas figer ce grand écrivain qui est Mohammed Dib et le ramener systématiquement à son premier pays, l'Algérie, qui est, selon lui, très présente dans ce livre. «Même après sa mort, Mohamed Dib continue de nous surprendre. "J'ai fait mon lit dans la langue française, ce n'est précisément pas un lit de roses", nous parle de certaines rencontres marquantes et nous livre ses réflexions sur le monde, d'hier comme celui d'aujourd'hui. Au-delà de cette q uestion de genre, ce qu'il faudrait peut-être retenir de ce livre hybride c'est, comme l'écrit l'éditrice dans sa postface, le renouvellement constant, la grâce, l'inventivité, la recherche perpétuelle, forme, syntaxe et contenu de l'oeuvre de Dib», affirme-t-il. La maison d'édition Albin Michel a déjà publié en 2003 Simorgh, un des derniers ouvrages de Mohammed Dib dans lequel l'auteur «utilise» la nouvelle, le conte et l'essai pour aborder la problématique de la langue, l'étranger, le rêve et l'imaginaire.</p>
<p><strong>Publié le 24 Mai 2006 par Farida Belkhiri<br />
copyright 2006. La tribune, Alger</strong></p>
    ]]></content>
  </entry>
  <entry>
    <title>&quot;Musulman&quot; Roman de Zahia Rahmani</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.arabesques-editions.com/parutions/articles/20066.html" />
    <id>http://www.arabesques-editions.com/parutions/articles/20066.html</id>
    <published>2006-05-22T10:00:45-06:00</published>
    <updated>2007-12-04T11:42:35-07:00</updated>
    <author>
      <name>la redaction</name>
    </author>
    <category term="Edition française" />
    <category term="Littérature algérienne" />
    <category term="Romans" />
    <summary type="html"><![CDATA[<p>Sans jamais l’aborder de plein front, Zahia Rahmani se sert d’une actualité brûlante pour raconter la quête identitaire d’une déracinée.</p>
<p>"Je sais qu’on se soucie de nous. Mais du sentiment que, nous, nous avons de nous qui s’en soucie ?" "Nous", sous la plume de Zahia Rahmani, ce sont les musulmans. Certains, ceux qui se vouent au martyr, "sont morts comme vivants" et puis, il y a les autres, tous les autres, les vivants avant d’être morts, arabes, bien sûr, mais aussi perses, kurdes ou encore berbères. Une vraie diversité que quelques-uns continuent d’ignorer, préférant le principe de guerres de civilisations.</p>
    ]]></summary>
    <content type="html"><![CDATA[<p><STRONG class="spip">Sans jamais l’aborder de plein<br />
front, Zahia Rahmani se sert d’une actualité brûlante pour raconter la quête<br />
identitaire d’une déracinée.</STRONG></p>
<p>&quot;Je sais qu’on se soucie de nous. Mais<br />
du sentiment que, nous, nous avons de nous qui s’en soucie&nbsp;?&quot; &quot;Nous&quot;, sous<br />
la plume de Zahia Rahmani, ce sont les musulmans. Certains, ceux qui se vouent<br />
au martyr, &quot;sont morts comme vivants&quot; et puis, il y a les<br />
autres, tous les autres, les vivants avant d’être morts, arabes, bien sûr, mais<br />
aussi perses, kurdes ou encore berbères. Une vraie diversité que quelques-uns<br />
continuent d’ignorer, préférant le principe de guerres de civilisations. Pas<br />
tous, heureusement, d’où, sans doute, ce &quot;je sais qu’on se soucie<br />
de nous&quot;. Principe insuffisant, néanmoins, quand on assimile, même avec la<br />
meilleure des volontés qui soit, des communautés hétéroclites à une seule et<br />
simple religion, sans se préoccuper du fait que, à l’intérieur de cette dernière<br />
entité, chaque individu porte en lui sa propre langue, son histoire, ses<br />
parents, ses deuils. Comment renouer, dans ces conditions, avec son identité&nbsp;?<br />
Comment ne pas se sentir délaissé&nbsp;? Comment ne pas éprouver le devoir de se<br />
confronter à ceux qui pratiquent l’assimilation systématique&nbsp;? Toutes ces<br />
questions pour arriver à la plus traumatisante d’entre elles&nbsp;: peut-on encore se<br />
permettre d’élever des enfants dans un monde qui ignore vos origines&nbsp;?La<br />
narratrice du roman de Zahia Rahmani est parquée dans un camp avec des individus<br />
qui ne parlent pas la même langue mais que l’on désigne sous le terme générique<br />
d’ennemis parce que, dit-on, ils vénèrent un Dieu commun et, on le devine,<br />
criminel. L’occasion pour elle de se remémorer cette nuit où, à cinq ans, tout<br />
juste débarquée d’Algérie, elle a perdu sa langue (le berbère), une langue<br />
orale, une langue &quot;de récits d’ogres et de légendes&quot;, au<br />
profit de la &quot;langue d’Europe&quot; (le français), une langue<br />
écrite. Cette nuit où elle rêva qu’elle se trouvait à l’intérieur d’éléphants<br />
transparents. Cette nuit où, contrairement, aux Mekkois le soir de la naissance<br />
de Mahomet, elle ne prit pas la fuite&nbsp;[<A class="spip_note" title="[1] &amp;quo" href="#nb1" name="nh1">1</A>]. Comme si elle ne croyait plus aux miracles parce<br />
qu’une force irraisonnée lui imposait d’entrer de plein pied dans un corps<br />
étranger. Il fallait s’intégrer.Plus les pages de &quot;Musulman&quot;<br />
Roman défilent, plus, à regret parfois, la prose devient revendicative,<br />
colérique, pour s’achever sous la forme d’un dialogue absurde au sens théâtral<br />
du terme. Zahia Rahmani mélange les genres narratifs, sans jamais renoncer au<br />
domaine où elle atteint l’excellence, la poésie. En quelques mots, quelques<br />
phrases courtes, elle éclaire ses lecteurs sur ce que signifie la difficulté<br />
d’être soi.</p>
<ul>
                <A class="auteur">Georges<br />
Ghika</A>
            </ul>
<p>                Zahia Rahmani, &quot;Musulman&quot; roman, éd. Sabine Wespiesser, 2005, 145 pages, 16<br />
€<br />
                [<A class="spip_note" href="#nh1" name="nb1">1</A>] &quot;La nuit de l’éléphant c’est, pour les musulmans, la naissance de<br />
l’enfant Mahomet. [...] La légende raconte que c’est montés<br />
sur des éléphants amenés on ne sait d’où que [des] étranges<br />
bataillons militaires entreprirent de détruire la ville [(La Mecque)]. A la vue de ces animaux, les Mékkois prirent peur. Ils s’enfuirent<br />
vers les montagnes. Mais c’était oublier la puissance divine, qui envoya des<br />
milliers et des milliers d’oiseaux tenant en leurs ailes des cailloux qui<br />
terrassèrent les éléphants. [...] Cette nuit-là, en ce lieu,<br />
le premier des musulmans était né.&quot;</p>
<p>            &nbsp;<br />
            a<br />
            voir-alire.com</p>
    ]]></content>
  </entry>
  <entry>
    <title>Histoire de la guerre d’Algérie (1954-1962), de Benjamin Stora</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.arabesques-editions.com/parutions/articles/20065.html" />
    <id>http://www.arabesques-editions.com/parutions/articles/20065.html</id>
    <published>2006-05-21T06:04:53-06:00</published>
    <updated>2006-07-26T05:45:29-06:00</updated>
    <author>
      <name>la redaction</name>
    </author>
    <category term="Histoire" />
    <category term="Littérature algérienne" />
    <summary type="html"><![CDATA[<p>Parmi les multiples ouvrages qui paraissent, ou reparaissent, presque chaque jour, sur la guerre d’Algérie, à signaler la nouvelle édition de Histoire de la guerre d’Algérie (1954-1962), de Benjamin Stora. Professeur d’histoire du Maghreb à l’INALCO (Institut national des langues orientales), l’auteur note lui-même, dans un avant-propos inédit, que " plus de quarante ans après, la guerre d’Algérie commence à devenir un objet d’études, d’histoire ". Son livre, en tout cas, ouvre de multiples pistes de réflexions, voire de controverses, à partir d’une approche chronologique minutieuse. (éditions La Découverte, collection " Repères ", 128 pages, 8 euros).</p>
    ]]></summary>
    <content type="html"><![CDATA[<p>Parmi les multiples ouvrages qui paraissent, ou reparaissent, presque chaque jour, sur la guerre d’Algérie, à signaler la nouvelle édition de Histoire de la guerre d’Algérie (1954-1962), de Benjamin Stora. Professeur d’histoire du Maghreb à l’INALCO (Institut national des langues orientales), l’auteur note lui-même, dans un avant-propos inédit, que " plus de quarante ans après, la guerre d’Algérie commence à devenir un objet d’études, d’histoire ". Son livre, en tout cas, ouvre de multiples pistes de réflexions, voire de controverses, à partir d’une approche chronologique minutieuse. (éditions La Découverte, collection " Repères ", 128 pages, 8 euros).</p>
<p>MONDE. La revue l’Écologiste, édition française de " The Ecologist ", publie un numéro spécial sur le thème : " Défaire le développement, refaire le monde ". Une première partie entreprend la critique de la notion de " développement " et passe au crible ses " mirages " et ses " ruines " ; une seconde est consacrée aux " alternatives " possibles ; enfin, sont publiés - de Marcel Mauss à Gandhi, de Karl Polanyi à Aimé Césaire...des textes " classiques " des pionniers de la critique du " développement ". (Hiver 2000, nø 4, 82 pages, 6 euros).</p>
<p>Orient. Victor Hugo n’est jamais allé en Orient. Et pourtant, il ne peut être question d’écrire une histoire de l’orientalisme romantique sans réserver une place majeure à l’auteur des Orientales, demeurées longtemps une référence, voire un " modèle " pour la littérature, la peinture, la musique, etc. Au-delà, l’ouvre entière de Hugo est hantée par " la question d’Orient ", occasion d’une réflexion sur le dialogue des peuples et des cultures, sur l’Europe face à son " Autre " . Tel est l’un des thèmes que l’on retrouve dans l’Orient dans le Rhin, où Gabrièle Chamarat décèle la question, lancinante pour Hugo, de la civilisation et de la barbarie. (Maisonneuve et Laroche, 54 pages, 3,25 euros).</p>
    ]]></content>
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