Le président des états unis d'amérique amateur des écrits d'Albert Camus

M. Bush pourrait peut-être se retrouver dans les mots qu'écrivait Camus en 1955, dans la préface de l'édition américaine de cette oeuvre majeure sur l'absurde: Le narrateur "Meursault, contrairement aux apparences, ne veut pas simplifier la vie. Il dit ce qu'il est, il refuse de masquer ses sentiments et aussitôt la société se sent menacée (...) Loin d'être privé de toute sensibilité, une passion profonde, parce que tenace, l'anime, la passion de l'absolu et de la vérité (...) On ne se tromperait donc pas beaucoup en lisant dans l'Etranger l'histoire d'un homme qui, sans aucune attitude héroïque, accepte de mourir pour la vérité". Le président américain avait cité Camus lors d'un discours prononcé à Bruxelles en février 2005 en appelant l'Europe à forger "une nouvelle ère transatlantique" et s'engager avec les Etats-Unis pour "faire avancer la liberté dans le monde" et la paix au Proche-Orient.

"Nous savons qu'il y a beaucoup d'obstacles et nous savons que la route est longue. Albert Camus disait: "la liberté est une course de fond". Nous sommes dans cette course pour la durée", avait dit M. Bush, amateur inattendu de l'écrivain révolté qui revendiquait son athéisme et fut toujours proche du mouvement anarchiste. Quant aux raisons de cet engouement, certains médias américains pensent en avoir trouvé la raison: Georges Bush s'identifierait au héros "tueur d’Arabe" du livre. La célèbre chroniqueuse du New York Times, Maureen Dowd écrivait mercredi que Meursault "prend beaucoup de mauvaises décisions et tue préventivement un Arabe dans le sable. Il évolue dans un monde opaque, obscur et violent qui est indifférent à ses croyances et à ses désirs. S’il devait y avoir une confirmation du sens qu’avait Camus de l’absurdité de la vie, c’est que le Président le lise."