Le cœur de la ville est un jardin, par Françoise Urban-Menninger

in Poésie

A ma ville natale Mulhouse, à sa cité ouvrière

Vous l’ai-je assez dit
Que le cœur de la ville
Est un jardin ?

Un jardin en patchwork de rues
Aux noms de fleurs et d’oiseaux
Un jardin tendu au cordeau
Par des ruelles étroites
Où les enfants s’inventent
Des secrets rue du Passage Bleu

Un jardin musical
Rue du Chant des oiseaux
Où les Merles, les Hirondelles,
Les Mésanges, les Chardonnerets
Et les Etourneaux
Orchestrent leur symphonie
Passage des Rossignols
Passage des Alouettes
Ou Sentier du Colibri

Un jardin sucré
Où coule le miel
Rue des Abeilles
Un jardin d’aventure
Rue de la Verdure

Un jardin fleuri
Où les jardiniers
Vous offrent leur cœur
Dans la rue
Qui porte leur nom

Un jardin de senteurs
Rue des Fleurs
Où se serrent par bouquets
Les rues des Roses
Du Muguet, des Anémones,
Du Lys, de la Pervenche,
Des Oeillets, des Acacias,
De l’Aubépine, des Lilas,
Des Primevères ou des Violettes…

Un jardin arboricole
Rue de l’Arbre
Avec ses arbres qui caracolent
De la rue des Vergers
A la rue du Pommier
En passant par les rues
Du Cèdre, du Tilleul,
De l’Orme, du Hêtre,
Des Marronniers, des Pins,
Des Platanes, des Peupliers,
Du Saule ou des Châtaigniers

Un jardin forestier
Avec ses sentiers
Rue de la Hardt
Ou Chemin des Bûcherons
Ses amours clandestines
Rue du Petit-Bois

Je vous l’avais dit
Le cœur de la ville
Est un jardin

Une véritable pépinière
Qui déborde de la Place du Printemps
Pour envahir de ses herbes folles
Les rues des Prés,
Du Labour et de l’Horticulture
Pour venir recouvrir
Jusqu’aux remparts
De la rue Vauban

Je vous l’avais dit
Le cœur de la ville
Est un jardin

Un jardin qui se cultive
Avec du rêve
Rue de la Comète
Ou rue du Soleil
Un jardin qui se regarde
Avec les yeux de l’âme
Passage du Beau Regard

Un jardin qui se cueille
Du bout du cœur
Rue de la Branche
Où mon poème
Un peu bohème
Lézarde sur un mur
De verdure