Revue Littéraire et Culturelle Internationale

Monsif Ouadai Saleh, Le serment foetal

in Poésie

Quel berceau de sens te donne cet éclat
Qui n’a ni horizons ni racines?
De quelle matière tu es né
Toi qui berces le temps de tes incantations sublimes,
Toi qui épuises l’élévation au cœur même
De mon souffle infime?
Dans mes questions je t’adore,
Dans mon adoration je te chante
Mon adoration papillonnante.
Dans ton sourire je berce
L’éternité lancinante de mon silence
Et la sarabande voilée de mes prières
Y devient astre écarlate.

Les rêves sempiternels
De mon infimité
Ebranlent le temps,
Contrepoint bacchanal de la folie,
Anathème de la sérénité;
Forts du serment fœtal,
Ils ne craignent pas que tu pares
De blasphèmes tes idoles,
Que tu arraches le follicule de l’ombilic
Par tes parjures cyniques
Et tes ailes qui baptisent de doute,
Et d’angoisse convulsive, de méfiance
Les ondes, les harmoniques de la matrice.

Tes voiles lourdes d’interrogations
Tracent dans l’oculus de l’horizon
Des sillons d’amertume.
Tes vents scandent les requiems,
Les dépouilles opimes.
Tes nuages nourrissent l’oppidum
De ton ironie de cendres,
De mort homonyme.
Tes feux embrasent d’orgueil les cimes
De tes obélisques, vigiles de la vanité,
Offense sordide du vacuum,
Sentence du serment natal
Qui enferme dans ton pyramidion de cyclope
Le mystère du serment fœtal.
Et les rêves viennent de l’écart entre
La terre et le défi du phallus,
Viennent serment fœtal et
Non lapsus.

LE NOMADE

Quand l’esprit voyage
Le corps se repose
Le nomade repose l’esprit
Et la matière, à la dérive, se descelle.
Elle traverse l’esprit déplissé
Et glisse sur le temps nonchalant,
Averse délétère du repos.
Le nomade fait de la matière,
Qui se meut dans le repos,
Une armure de la dérive,
Où la mémoire dalmatique des légendes
Allume le feu autour des traces sobres de la déplétion.

Le nomade démythifie le voyage
Qui ne s’embarque pas
Dans la peau du souci.
Un souci qui dépiste le voyage
Et allume son feu,
Un souci qui devance le voyage
Et plante la déhiscence mortelle de l’ennui
Dans les chroniques du mythe
Qui racontent l’adoption de l’homme
Par la divinité bucolique de l’angoisse.

Le voyage de l’esprit déterre l’abîme
Que le nomade, assis sur le piédestal du repos,
Regarde avec effarement.
Et fasciné par l’insondable…
Il invente la dilatation du repos
Dans la matière qui force
Les trépidations de l’horizon.
Il vient des franges de l’azur
Sans légendes que la cécité intrépide
D’un voyage qui est toujours bouture.
Du bout de son repos,
Il revient, métèque docile de l’horizon,
Et raconte, enveloppé de silence minutieux,
L’aventure d’un feu sans abîme,
L’aventure d’un feu sans mythe.

LE MALAKOUT

Quand l’horizon du miracle prend fin
Et le silence devient la limite de l’Archange;
Quand la transcendance s’effondre
Dans le vacuum du passé,
Et le temps devient sans mémoire;
Quand l’instant sublime l’infini
Et sublime l’infini de la fin,
Retrouve le commencement
Sublime du commencement,
L’infini sublime de la fin
Dans le début infini du sublime
L’Amour devient la seule vérité.
Le voyage était lumière lustrale,
Et à la fin de l’élévation,
Aux confins de l’arbre suspendu
Dans l’absolu, sans généalogie
Cosmique, sans généalogie verbale,
La malakout s’ouvre à l’unité,
L’unicité pure s’ouvre à l’unicité
Incarnée, à la transe immortelle,
Et le prophète devient le sceau de l’éternité
Qui tenait l’Amour dans le sublime de l’unicité.
Le prophète devient l’Un de l’amour
Qui définit l’Un du sublime,
Lit le malakout sans traducteur
Car l’amour sublime de l’unicité
Donne fin à la traduction.

Monsif Ouadai Saleh

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